
Il y a exactement vingt ans, je quittais la France pour m’installer comme résident permanent à Montréal, en compagnie d’une fille et d’un chat.
Le chat est mort de vieillesse, je ne suis plus avec la fille, mais je vis toujours au Québec. En ces temps d’incertitudes, il est bon d’avoir quelques éléments immuables auxquels se raccrocher.
Parmi les autres constantes rassurantes de ma vie, je citerais la quantité de cheveux sur ma tête, ma neurodivergence non diagnostiquée et mauditfrancais.com rare blogue d’expatrié de l’ère pré-Facebook toujours en ligne aujourd’hui.
Comme s’en souviennent peut-être les lecteurs ayant dépassé la longévité du chat évoqué plus haut, j’ai créé ce site au début du siècle pour raconter mes aventures trépidantes d’étudiant en programme d’échange à l’Université de Montréal, avant de le reprendre quelques années plus tard pour narrer mes non moins trépidantes aventures d’immigré.
Durant plusieurs années, j’ai écrit des billets sur des sujets aussi divers que les affres de l’autocueillette de pommes, les stratégies pour rater son immigration, les étranges techniques de rétention des firmes de services-conseils, ou le terrorisme fromager. J’ai dialogué avec des dizaines de personnes dans la section commentaires aujourd’hui défunte, rencontré une foule de gens intéressants, plus un ou deux psychopathes, et même obtenu une mini-notoriété qui m’a valu l’honneur de voir mes propos déformés par une poignée de journalistes.
Et soudain, plus rien.
Anxiété, panne d’inspiration, flemme ou toutes ces raisons, je me suis vu dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit de nouveau dans ce blogue. À chacune de mes tentatives, je me sentais aussi peu incisif et pertinent que Matthieu Bock-Côté, le fascisme en moins, Dieu merci. Après de multiples séances d’autotorture pour essayer de m’y remettre, j’ai décidé que ça n’allait nulle part. Que la meilleure approche était de me lâcher la grappe, et de laisser le goût de l’écriture revenir de lui-même.
Quelques symptômes me laissent pressentir que ce goût revient tranquillement. On s’en reparle dans quelques jours ou dans quelques années.