Un des but inavoués de ce journal est d'essayer d'acquérir deux qualités dont je suis totalement dépourvu : la constance et la rigueur. Difficile en effet de compter le nombre de nouvelles, pièces chansons, romans que j'ai eu l'idée d'écrire et que je n'ai jamais terminés. En m'imposant un rythme régulier d'écriture, même sur ce genre de texte qui ne restera pas dans les annales de la littérature française, j'espère prendre une bonne habitude afin de pondre ensuite des choses correctes. (Pour l'instant, j'ai la désagréable impression de ressembler à un personnage de Lauzier). Et si je laisse un trou de plus d'une semaine dans ce texte, il ne me restera plus qu'à jeter une fois pour toute mes ambitions artistiques aux orties et me préparer une carrière tranquille de programmeur ou d'administrateur NT. Point à la ligne.
Je regrette cependant d'avoir parlé de ce journal à autant de personnes autour de moi. Je sens bien que celà me pousse à m'autocensurer (plus dans mes idées que dans mes actes, pour l'instant). J'aimerais beaucoup avoir le cran de raconter mes aventures avec autant de franchise que Joe Matt, auteur de bandes dessinées Canadien que j'ai découvert il y a un peu plus d'un an et qui a été une grande révélation pour moi. Ce mec se fiche d'écrire des choses qui risquent de faire mal à ses proches ou qui l'amènerait à se faire juger négativement de son entourage. Cela-dit, cette franchise à un prix. Il s'est fait plaquer par sa copine . Et je me demande quelle fille sensée accepterait de sortir avec lui après avoir lu un de ses bouquins.
J'ai un cousin aussi, qui sans entrer dans les excès d'un Joe Matt, arrive à donner beaucoup de lui dans ses dessins avec assez de finesse pour ne pas mettre le lecteur mal à l'aise. Les bandes dessinées autobiographiques me touchent énormément, et je suis un fervent admirateur de JC Menu, Dupuy et Berberian et David B.