Quarantaine
Soumis par Ian le mer, 14/05/2008 - 10:45.Trop souvent à mon goût, je suis obligé de supprimer sur ce blog des commentaires qui ne sont pas compatibles avec ma conception d'une discussion civilisée. J'apprécie d'autant moins ce caviardage qu'il permet aux trolleurs de se faire passer pour des martyrs en criant à la censure tout en leur évitant de se ridiculiser par leurs propres propos. Je pense avoir trouvé un début de solution à ce problème en créant une page "quarantaine". Cette dernière servira à isoler tous les commentaires ne faisant pas honneur à leur auteur afin qu'ils ne contaminent pas le fil de discussion dans lequel ils ont été postés. Les lecteurs me soupçonnant de censure abusive ou souhaitant simplement explorer les bas-fonds de l'âme humaine auront tout le loisir de les consulter et de découvrir la raison de leur confinement.
Pour le moment, je compte remplir la page quarantaine avec les types de commentaire suivants :
- Messages insultants : injure, attaque sur le physique, etc.
- Point Godwin (assimilation d'un interlocuteur au nazisme ou au stalinisme)
- Plug honteux : message uniquement destiné à faire de la publicité pour un autre site (genre "kikou, super ton blog, viens voir le mien sur xxx.skyrock.com")
- Copié-collé d'un autre site.
- Règlements de comptes hors-sujet entre personnes ou sites web
- Personnes répondant à ses propres commentaires afin de donner l'illusion qu'on la soutient
- Réponse à une provocation mise en quarantaine
Prenant parfois un malin plaisir à démonter le discours de mes adversaires plutôt qu'à les censurer, il est possible que je laisse un commentaire appartenant aux catégories ci-dessus à sa place initiale et que je me contente d'y répondre sur un ton sarcastique.
Pour des raisons évidentes, les commentaires des genres suivants seront systématiquement retirés du site sans être placés en quarantaine :
- Spams
- Messages illégaux
- Commentaires dont l'auteur a demandé le retrait
- Attaques dont la cible m'a demandé le retrait pour une raison valide (atteinte à la vie privée, insulte, etc.)
Je rappelle enfin qu'à part les spams et une personne que j'ai bannie à jamais de ce blog, aucune modération n'est réalisée a priori. Je tiens donc à m'excuser par avance si des commentaires m'échappent.
Licence II
Soumis par Ian le lun, 05/05/2008 - 14:44.Suite aux pressions d'un dangereux activiste, je viens de passer le contenu de ce blog sous une nouvelle licence Creative commons, poétiquement nommée "Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France". Celle-ci offre les mêmes droits que la non moins lyrique licence "Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France" sous laquelle mes textes étaient distribués jusqu'ici. Ces derniers restent par conséquent librement redistribuables sous réserve de citer les auteurs (Ian pour les textes, ou Io et Ian pour les comics) et le nom du site (mauditfrancais.com), et de publier les éventuelles oeuvres dérivées sous les mêmes conditions.
La nouveauté est que vous êtes désormais autorisés à distribuer les divagations de ce blog dans un but commercial. Vous pouvez par exemple imprimer mes pensées profondes sur des t-shirts fabriqués par des petits Chinois et les vendre à 30 $ sur le web (les t-shirts) sans que je vous colle un procès. J'espère juste que vous vous souviendrez de moi quand je vous aurai rendus millionnaires. Il va de soi que cette licence ne concerne que les billets et commentaires que j'ai écrits, les autres restant la propriété de leurs auteurs respectifs.
Pour plus de détails, consultez le contrat.
Les accommodements raisonnables de la STM
Soumis par Ian le mar, 22/04/2008 - 20:33.Décidément, la STM ne recule devant aucun sacrifice pour que les Parisiens exilés au Québec puissent conserver les coutumes de leur contrée d'origine. Moins d'un mois après avoir appris que cette société prévoit d'infliger aux voyageurs un signal de fermeture des portes dans toutes ses stations de métro, je découvre qu'elle compte également vérifier les titres de transport à l'intérieur de ces dernières.
Contrairement à Paris où il faut impérativement reprendre son ticket après avoir passé le portique sous peine d'avoir des ennuis avec les contrôleurs, les machines montréalaises l'avalaient jusqu'ici impitoyablement, ce qui impliquait qu'il n'était jamais demandé ensuite. Bientôt, les habitants de la métropole québécoise pourront à leur tour goûter à la joie pittoresque de rater leur métro parce qu'ils ont été bloqués par une gang de déguisés les exhortant à montrer leur ticket. Une différence notable est que les rames sont ici deux fois moins fréquentes.
Je ne peux que m'émouvoir devant cet hommage du Québec à mon pays natal. Il ne manque plus que les pickpockets et les joueurs d'accordéon, et je me sentirai vraiment chez moi.
Anglischisme
Soumis par Ian le dim, 20/04/2008 - 18:25.Afin de soutenir le combat des chantres québécois de l'immaculée expression traquant l'abus des anglicismes chez les Français jusque sur mon blog, je suis parti en quête d'une étude objective qui prouverait chiffres à l'appui que ces derniers utilisent plus de mots anglais que leurs cousins d'Amérique. Pour le moment, mes recherches se sont avérées infructueuses, mais je ne désespère pas de trouver un tel document. L'inexistence de ce dernier alimenterait la thèse selon laquelle les croisés de la langue française se basent uniquement sur l'émotion ou la mauvaise foi, ce qui représenterait pour moi une cuisante déception.
Mes explorations n'ont néanmoins pas été tout à fait vaines puisque j'ai trouvé sur le site du projet Gutenberg Canada un texte fabuleux qui m'a permis d'observer ce débat sous un angle nouveau. Dans ce long article publié en 1879 et intitulé "L'anglicisme, voilà l'ennemi", l'auteur Jules-Paul Tardivel nous apprend que les francophones d'Amérique du Nord maîtrisent très mal leur propre langue, et que cela représente un "grand danger pour l'avenir de la race canadienne-française". Le postulat de base est que la langue française se voit progressivement contaminée par l'anglais au risque de devenir un jargon totalement inutilisable, ce qui entraînerait la disparition de la nation tout entière.
Dans son introduction, Tardivel se montre étonnamment beaucoup plus tolérant envers les anglicismes que le puriste québécois contemporain qui fustige les Français qui font du "shopping" tout en s'accommodant de demander un "lift" pour rentrer chez lui. L'auteur estime notamment qu'il n'y a aucun inconvénient à utiliser des mots anglais clairement identifiables tels que "fair-play", "leader" ou "bill", surtout lorsqu'il n'existe pas d'équivalent en français. Il admet en outre que les anglais ont aussi adopté des mots français ("ennui", "sang-froid" ...), ce que de nombreux militants anglophobes contemporains occultent avec une candeur troublante.
Selon Tardivel, le véritable anglicisme ne consiste effectivement pas à utiliser des mots anglais dans un discours français, mais à utiliser des mots français avec un sens anglais. Il prend comme premier exemple l'expression "Faire application pour une place" qui est un emprunt manifeste à la langue de l'ennemi. Selon lui, le terme "application" a en effet pour seule signification en français le fait d'appliquer une chose a une autre, l'autre sens (proposer sa candidature) provenant de l'anglais "To make application for a place". Ce genre d'expression Canada Dry (ça a seulement la couleur et le goût du français) ne m'avait pas échappé et j'y ai même consacré un billet.
Pour enrichir son exposé, l'auteur procède ensuite à une longue énumération d'exemples de crimes contre la langue perpétrés par des députés, des journalistes et des avocats. Ces actes sont pour lui d'autant plus graves qu'ils sont commis par des personnes censées mieux s'exprimer que le commun des mortels (pour une raison qui m'échappe). En constatant à quel point la lecture de cette liste est laborieuse, on ne peut qu'admirer l'abnégation dont a fait preuve l'homme qui a dû l'écrire. Quelques traits d'humour allègent heureusement le texte et semblent avoir évité l'implosion de l'auteur, visiblement très énervé.
L'impact principal de cet exposé sur moi a cependant été de détruire à tout jamais la foi que j'avais jusqu'ici dans l'Office québécois de la langue française, qui constituait à mes yeux le plus solide des remparts contre le fléau de la défrancophonisation. Dans son texte, Tardivel avait pour moi été on ne peut plus clair en expliquant que "«Mesure,» dans le sens de «projet de loi,» n'est pas français du tout.", que "«Statistiques,» au pluriel, est presque toujours incorrect", qu'"il en est de même du mot «ordre du jour».", que "«Promouvoir» veut dire simplement: Avancer d'un grade à un autre et non favoriser.", et qu'il faut bannir les termes "homme d'affaire" ou "police montée". C'est donc avec un grand désarroi que j'ai constaté que tous ces usages contre-nature étaient acceptés, voire encouragés par le site grandictionnaire.com, la référence de l'OQLF pour les gens qui veulent savoir comment qu'il faut causer.
Avec un tel laxisme de la part des plus prestigieuses institutions, il ne faut pas s'étonner que, conformément aux prévisions de Tardivel, la langue française soit aujourd'hui moribonde avec à peine 200 millions de locuteurs réels, et que sa disparition totale du globe ne soit plus qu'une question de semaines.
Les p'tits bips
Soumis par Ian le mer, 26/03/2008 - 11:29.Une des choses que j'apprécie dans le métro montréalais par rapport à son homologue parisien est l'absence de sirène pour avertir les passagers de la fermeture des portes avant le départ du train. Outre sa nature particulièrement crispante, ce signal totalement inutile a pour effet pervers de stresser les usagers qui se précipitent vers les wagons en bousculant tout le monde sur leur passage.
Ma béatitude risque malheureusement de toucher à sa fin. Les têtes bien pleines de la STM se sont en effet lancées dans des tests de cette odieuse agression auditive dans plusieurs de ses rames, et semble résolues à les installer partout. Loin de se soucier de la pertinence d'un tel gadget, la compagnie se limite à interroger le public sur "la durée, le volume et la qualité du timbre" de cette invention stupide.
J'invite par conséquent les apôtres du Front extrêmement uni incriminant les lubies excessivement sonores à faire part de leur opposition sur la page de la STM dédiée à cette initiative.




