politique
Création du parti des Français du Québec
Posté par Ian le jeu, 01/04/2010 - 10:09
J'ai l'immense honneur de vous annoncer la naissance du Parti des Français du Québec, dont les statuts ont été déposés hier. Créée par un groupe d'immigrés français auquel je me suis joint il y a quelques mois, cette structure est une réponse à l'inaction du gouvernement face aux problèmes d'intégration des Français dans la Belle Province, en dépit des articles régulièrement publiés dans les médias sur le sujet. Notre mission consistera à améliorer la situation et défendre les intérêts de nos compatriotes, ainsi qu'à les représenter auprès des pouvoirs publics. Dans un premier temps, nous prévoyons de constituer des listes pour les prochaines élections municipales. Il est probable que nous élargissions ensuite notre mouvement puisque certaines de nos revendications nécessitent des décisions courageuses au palier provincial, voire fédéral. En voici quelques exemples :
- Octroi d'une prime d'installation de 1000 $ à tout Français qui vient s'installer au Québec. Mise en place de plans d'hypothèque préférentiels pour les encourager à rester.
- Généralisation des entretiens d'embauche par clavardage afin d'éviter la discrimination des candidats selon leur accent.
- Création d'une carte "Français +" qui permettra aux ressortissants de l'Hexagone d'obtenir une réduction sur les produits français importés de première nécessité tels que le fromage et le vin. Cette mesure pourra être financée par une taxe universelle sur les produits locaux.
- Création d'un nouvel ordre professionnel des "métiers de France" uniquement composé de citoyens de ce pays, qui contrôlera au Québec l'accès à certaines professions typiquement françaises telles que boulanger, fromager, viticulteur, gendarme, etc.
- Reconnaissance du Plateau Mont Royal comme quartier français officiel. Des tours Eiffel miniatures seront placées de part et d'autre de la rue Saint-Denis pour en marquer l'entrée. Les français auront un accès privilégié aux logements de ce secteur selon des modalités restant à définir.
- Création d'un label "Conformité Française" permettant de distinguer les produits respectant les exigences des citoyens de l'Hexagone (laveuse à chargement frontal, voiture avec boîte de vitesses manuelle, appartements avec grande salle de bain, etc.)
- Mise en place d'accommodements raisonnables pour préserver les habitudes qui font partie de la culture française : prime pour les femmes françaises au foyer, dédiabolisation de la fessée pour les enfants, allocation d'aide au déneigement, autorisation de couper les files d'attente, achat de motocrottes...
- Paiement immédiat des sommes dues par la municipalité de Québec à Clotaire Rapaille
- Définition d'un nouveau crime de "racisme anti-Français" punissant spécifiquement tout propos désobligeant à l'égard de cette minorité, signant la fin de l'impunité pour Éric Salvail et Yvon Deschamps
- Instauration d'un quota minimum de Français dans toutes les productions culturelles québécoises (films, téléromans, comédies musicales, etc.)
- Organisation d'un défilé annuel de la sainte Carla durant lequel les Français pourront afficher leur fierté et leur identité
- Meilleure représentativité des Français à l'office québécois de la langue française afin d'améliorer la qualité des recommandations
- Transfert progressif de la sélection des immigrés francophones du Provincial vers un comité de Français déjà établis
- Inscription obligatoire des élèves québécois à un cours sur la culture française afin qu'ils puissent s'adapter à cette dernière
Ne disposant pas encore de la citoyenneté canadienne, je ne peux malheureusement pas me présenter comme candidat. Cependant, cela ne m'empêchera pas de m'investir corps et âme dans l'avenir de ce parti. Nous avons déjà approché quelques personnalités françaises établies au Québec, telles que Maurice Dantec, qui semblent intéressées par notre initiative. Certains contacts nous laissent également penser que plusieurs de nos propositions pourront être financées dès maintenant grâce aux économies permises par le budget Bachand.
Le site web de notre organisation sera très bientôt en ligne, le temps qu'André Hadjez à qui nous en avons confié la réalisation finalise les fonds d'écran gratuits. En attendant, j'invite les Français vivant au Québec à me soumettre d'autres suggestions de mesures qui pourraient améliorer leur vie en postant un commentaire sur ce billet. Je ne manquerai pas de les faire suivre à notre comité de réflexion.
Merci !
Quand Libération tombe d'accord avec Sarkozy
Posté par Ian le dim, 14/02/2010 - 17:33
Il y a quelques jours, j'ai été intrigué par un billet de blog de Libération titré "Le Québec affiche son goût pour la diversité en France". La journaliste, Catherine Coroller, y raconte que le gouvernement de la Belle Province distribue devant la gare Montparnasse, à Paris, la brochure "Vous avez une place au Québec" dont le but est de recruter des immigrants francophones.
Manifestement subjuguée par le fait que deux des trois individus présents sur la photo de couverture semblent ne pas avoir d'origines gauloises, l'auteure se réjouit de cette "image souriante d'un pays accueillant", et souligne à quel point l'ouverture du Québec contraste avec la fermeture de la France qui "sépare deux jumelles marocaines, l'une ayant été expulsée ce matin, tandis que l'autre réussissait à échapper à l'arrestation".
J'ai sûrement un très mauvais esprit, mais lorsque je lis ce genre de comparaison, j'ai le réflexe d'en vérifier concrètement la pertinence. Je me suis donc amusé à remplir le formulaire d'"Évaluation préliminaire d'immigration" pour la jeune Marocaine qui a échappé à l'arrestation, au cas où elle voudrait s'installer au Québec. Pour ce faire, j'ai utilisé les informations livrées par les médias et inventé les éléments qui me manquaient en essayant de privilégier un peu la candidate.
Mauvaise nouvelle. Même avec une expression française avancée, un niveau d'anglais intermédiaire et en faisant sa demande de France, une femme de 18 ans qui n'a aucun diplôme et pas d'expérience professionnelle ne semble pas répondre aux critères de sélection du Québec. Si elle arrive à échapper à la police suffisamment longtemps pour finir son contrat d'apprentissage en restauration, la jeune Marocaine a en revanche ses chances, pour peu qu'elle réussisse à réunir les quelques milliers d'euros nécessaires pour les frais provinciaux et fédéraux, la visite médicale et le montant minimum d'installation. Un détail.
Bien sûr, il existe également un programme d'immigration pour les réfugiés, mais je doute que les résidants français puissent en bénéficier. Selon les accords Canada-Québec sur l'immigration, c'est d'ailleurs le fédéral et non le provincial qui détermine qui peut bénéficier de ce statut. Comme pour bon nombre de ses collègues français, cette nuance semble certes échapper à la journaliste, puisqu'elle confond les ministères de l'immigration canadien et québécois.
Bref, Catherine Coroller n'a visiblement pas compris que la campagne du Québec ne vise pas en priorité à accueillir les minorités opprimées en France, mais à recruter des personnes susceptibles de participer à l'économie de la Belle Province. Cette dernière ne fait finalement qu'appliquer la politique d'immigration choisie si chère à Nicolas Sarkozy et à laquelle, il me semble, la gauche dont se réclame Libération est farouchement opposée.
C'est le problème quand on récupère le moindre évènement pour servir une cause politique sans se documenter. On s'expose à soutenir le camp adverse sans s'en rendre compte.
Moral des prouts
Posté par Ian le jeu, 17/04/2008 - 20:04
"Il n'y a pas de guerre intestinale au sein du parti"
Mario Dumont dans le Journal Métropole
Votez con
Posté par Ian le mer, 09/05/2007 - 15:34
Selon les observateurs, le 6 mai dernier représente une effroyable déflagration politique qui nous plongera dans une dictature ignoble et sanguinaire, ou un extraordinaire renouveau démocratique qui redonnera à la France son statut de premier pays de l'univers qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Après avoir suivi assidûment la campagne pendant plusieurs semaines, je suis arrivé quant à moi au point ultime de saturation politique. L'accession au pouvoir d'un individu très porté sur la répression et le paternalisme me plonge certes dans un relatif désarroi, mais ce n'est rien comparé à la lassitude que je ressens après avoir observé le comportement de nombreux sympathisants et militants quel que soit leur bord.
Me battant pour préserver mon individualité depuis que j'ai quitté mon statut de gamètes, je ne parviens pas à comprendre que l'on renie son identité au point de se noyer dans une idolâtrie dans laquelle je n'oserais tremper l'ongle pour mon chanteur préféré. Les fanatiques arborant un T-shirt "I love Ségo" ou hurlant "Sarko président" à tue-tête jusqu'à briser leurs propres tympans en sont les symptômes les plus spectaculaires, mais pas forcément les plus déprimants.
Les plus choquants, ce sont ces gens de droite ou de gauche persuadés que leur argumentation provient de leurs fines observations et de leur incomparable sens de l'analyse alors qu'ils ne font que réciter comme des pantins les leçons répandues par le parti qu'ils ont choisi. Voir ces marionnettes justifier les attaques les plus abjectes lancées par leur camp alors qu'ils n'avaient pas de mots assez durs pour les dénoncer lorsqu'elles provenaient de celui d'en face me consterne. Les entendre crier à la calomnie quand on répand des rumeurs sur leur poulain alors qu'ils colportent eux-mêmes les pires ragots sur leur adversaire sans faire aucune vérification m'horripile. Je suis épuisé d'être catalogué selon l'orientation de mes interlocuteurs comme un salaud de droite ou un naïf de gauche à chaque fois que je pointe un raisonnement boiteux ou une information erronée.
Les gauchistes qui affirment redouter des émeutes alors qu'ils les souhaitent secrètement pour justifier leur position m'exaspèrent. Les droitistes qui pensent qu'il suffit d'alléger les taxes patronales pour éradiquer la misère me révulsent. D'où vient cette manie de réagir systématiquement en fonction d'une idéologie et non de son sens critique ? Est-il si compliqué de partager les idées d'un parti sans être dupe de ses excès démagogiques ? Faut-il avoir une intelligence hors du commun pour comprendre que comparer Nicolas Sarkozy à Hitler est abusif, ou que Ségolène Royal n'est pas vraiment une cruche ? A-t-on le droit de ne pas choisir son camp sans se faire mépriser ?
Je laisserai d'autres personnes répondre à ces questions car j'ai décidé de ne plus parler d'élections dans les mois ou années qui viennent. Ça me fait trop désespérer de l'être humain.
Heureusement que j'ai trouvé ce truc pour me détendre (Merci Micmac).
Volaille
Posté par Ian le sam, 05/05/2007 - 11:22
Je reviens avec Io du collège Stanislas où nous avons voté pour le deuxième tour des élections présidentielles. Pour une raison que je me refuse à deviner, les bulletins que j'ai pris dans les deux piles désignaient le même candidat. Il a donc fallu que je retourne prendre deux nouveaux papiers en m'assurant qu'ils soient bien différents (en prendre un seul aurait nui à la discrétion du scrutin). Après avoir rempli mon devoir de citoyen, j'ai heureusement trouvé une utilité aux trois bulletins superflus :
Cela me semble symboliser assez fidèlement ce qui risque d'attendre les Français dans les mois qui viennent. Cot ! Cot ! Cot !
Réflexions sur un premier tour
Posté par Ian le dim, 22/04/2007 - 14:51
Après une tentative balbutiante de live blogging, voici une petite synthèse du brunch présidentiel et des élections qui l'ont motivé. Nous étions une quinzaine de blogueurs au café Méliès, parmi lesquels Laurent, Philippe, Christophe, Isabelle, Christian et Véro. En raison de problèmes techniques, nous ne pouvions profiter de la télévision de l'establishment établissement. Laurent et Philippe ont heureusement installé un ordinateur portable relié à un grand écran afin que nous puissions suivre la soirée des résultats en streaming sur le site de France 24.
Alors que les Français sont très peu nombreux à suivre les élections québécoises ou canadiennes, j'ai été surpris que plusieurs clients locaux du café viennent nous demander si nous avions des résultats. Cet intérêt se retrouvait également dans les médias de la Belle Province. Le fait qu'une femme ait pour la première fois la possibilité de remporter une élection présidentielle française et que la personnalité de son adversaire soit très controversée ne semble pas étranger à ce phénomène.
Les résultats des élections proprement dites ne m'ont en revanche pas surpris. Bien que l'idée que Jean-Marie Le Pen puisse accéder au second tour me terrorisait, j'ai finalement estimé que cette hypothèse était peu probable pour trois raisons. La première est que beaucoup de personnes qui habituellement ne votent pas ou votent pour de petits partis allaient probablement se rabattre sur les grands candidats dans l'angoisse de revivre la catastrophe de 2002. La deuxième est que les électeurs de Le Pen ont compris qu'il aurait très peu de chances d'être élu même s'il se qualifie pour le second tour, et qu'ils préfèreraient donner leur voix à Sarkozy qui a plus de chances de gagner. La troisième est que de nombreuses personnes qui votaient pour Le Pen par lassitude de l'alternance droite/gauche mais ne partageaient pas ses idées allaient opter pour Bayrou.
Le score de Bayrou n'est pas non plus très étonnant. Si celui-ci a bénéficié des voix des sympatisants de droite jugeant Nicolas Sarkozy trop extrémiste et de socialistes n'arrivant pas à voir Ségolène Royal comme une femme de gauche, la crainte d'un deuxième tour soit avec Le Pen, soit avec deux candidats de droite a là aussi contraint certains dissidents à entrer dans le rang.
L'issue du second tour dépendra pour une bonne part du report des voix des deux principaux candidats éliminés. J'ai cependant du mal à imaginer l'un ou l'autre appeler explicitement à voter pour un candidat. Bayrou prendrait en effet un gros risque pour son avenir en choisissant un camp alors que toute sa stratégie consiste à clamer qu'il n'appartient à aucun d'eux (ou aux deux. Je ne sais pas, je ne sais plus). Je vois par ailleurs mal Le Pen appeler à voter pour Nicolas Sarkozy, qui a contribué à sa chute en venant chasser sur son territoire de l'immigration, de la sécurité et du nationalisme (à moins bien sûr d'avoir obtenu quelque chose en échange). Les partisans de ces deux ex-candidats seront-ils contraints de penser par eux-mêmes pour savoir pour qui voter ?
Du côté des éliminés, j'imagine que les partis de gauche vont appeler à faire barrage contre Nicolas Sarkozy, à l'exception bien sûr d'Arlette Laguiller, comme d'habitude. Reste à savoir si la consigne sera suivie ou si la tentation de l'abstention sera la plus forte. Je doute en revanche que les chefs de l'association des bénévoles du Puy du Fou et de l'amicale des flingueurs de lapins appellent à voter pour qui que ce soit.
Le second tour s'annonce aussi palpitant qu'angoissant.
Mise à jour :
Sacré Arlette, elle m'étonnera toujours.
Envoyé spécial
Posté par Ian le dim, 22/04/2007 - 04:59
Comme prévu, je suis au café Méliès avec une quinzaine de blogueurs pour discuter du résultat des élections présidentielles françaises. Souffrant d'une honnêteté maladive, il me paraît indispensable d'avertir les visiteurs qui font exploser mes statistiques que je ne publierai ici aucune estimation avant 20h, heure française. Les chiffres sont de toute façon tellement contradictoires que ça ne vaut pas le coup de les transmettre.
Les 0,1 % des lecteurs qui s'intéressent à ma prose et non aux résultats peuvent régulièrement recharger ce billet dans lequel je compte poster mes réactions au fil de l'après-midi.
14h heure de Montréal. 20h heure de Paris. Résultats.
Première réaction : je suis content de ne pas avoir voté "utile".
Deuxième réaction : comme je le pensais sans trop l'espérer, Le Pen a souffert de la concurrence de Sarkozy et Bayrou, et se prend une bonne gamelle.
Sarkozy parle. Je suis épaté que l'on puisse dire aussi peu de choses concrètes en autant de mots. Révélation : Sarkozy a un coeur.
Le Pen est pas content. Faut dire qu'il nous prévoyait un nouveau 2002. Va-t-il se retirer de la vie politique ? "Nous avons gagné le combat des idées". Ce n'est pas Sarkozy qui dira le contraire.
Quand Bayrou a commencé son discours par "J'ai une bonne nouvelle", j'ai cru qu'on lui avait donné des résultats erronés. Comme il le rappelle judicieusement, de nombreux sondages le donnaient quatrième, derrière Le Pen. Cela n'empêchera pas de nombreuses personnes de croire aux prédictions de ces derniers pour le deuxième tour.
Ségolène Royal a vraiment du mal à s'exprimer en public. On devrait inventer un jeu dans lequel chacun boit une gorgée de bière lorsqu'elle dit "ordre juste" ou "conquérante".
Votez rétro
Posté par Ian le sam, 21/04/2007 - 02:21
Alors ça, c'est une idée géniale.
Votez mutant
Posté par Ian le mer, 18/04/2007 - 11:30
Enfin un outil pratique pour nous aider à voter. Merci, Kek.
Votez Muffin
Posté par Ian le mar, 17/04/2007 - 12:20
Je serai dimanche 22 avril à midi au Café Méliès pour participer au brunch-blog-politique initié par Philippe Martin et Zelaurent. Histoire de me sentir appartenir à l'élite, je pourrais profiter de ce billet pour jurer avec des trémolos dans la voix que je ne publierai pas les résultats des élections en avance. C'est cependant inutile puisqu'à l'heure dite, toutes les personnes intéressées par ce pseudo-scoop seront en train de lire le blog de cet apprenti journaliste dont le nom m'échappe. C'est d'ailleurs le but recherché.

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