loi

Sweepstake et maths

En traînant sur Internet au lieu de méditer sur les moyens de garantir la paix dans le monde et de faire fructifier mon argent, je suis tombé sur un billet de Boing Boing mettant en exergue une spécialité canadienne pour le moins troublante. Tout en restant silencieux sur le désarroi l'ayant conduit à de si vaines lectures, son auteur y explique que le règlement d'une loterie proposée par les cafés Starbucks à leurs clients oblige les vainqueurs résidant au Canada à répondre à une question mathématique pour obtenir leur prix.

Grâce à l'armée de recherchistes stagiaires qui donnent une caution journalistique à ce blog pour un coût modique, j'ai pu facilement obtenir les motifs de cette clause déconcertante. Celle-ci a en fait été créée afin de contourner le code criminel du Canada qui limite sévèrement les jeux de hasard nécessitant une contribution financière de leurs participants. Dans ce pays, quiconque se risque à faire miroiter la chance de gagner quelle que faveur que ce soit en échange d'une somme d'argent sans avoir obtenu la permission de l'État est coupable d'un acte criminel, et s'expose à des sanctions pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement. Le fait que ledit montant ait originellement servi à s'offrir une boisson abusivement nommée "café" ne fait pas exception.

Le gouvernement canadien étant curieusement plus enclin à s'associer avec les propriétaires de casinos et de machines à sous qu'avec les vendeurs de cappuccinos, les entreprises non spécialisées dans le dépouillement des joueurs pathologiques ont dû trouver une ruse pour pouvoir organiser légalement ces populaires sweepstakes qui attirent les consommateurs aussi sûrement que les présidents de la République attirent les mannequins aphones. Après de nombreuses séances de méditation et d'inhalations de plantes médicinales de Colombie, les experts en marketing ont finalement découvert que pour échapper aux foudres de la justice, il suffisait que leurs jeux ne dépendent pas à 100 % du hasard.

C'est la raison pour laquelle la plupart des compagnies canadiennes qui organisent des concours ajoutent systématiquement à leur tirage au sort cette fameuse question mathématique. Bien entendu, celle-ci s'avère soigneusement étudiée pour être la plus simple possible, dans le but que même un diplômé de l'ENSAM soit capable d'y répondre.

Le dernier point à élucider est de savoir pourquoi les cafés Starbucks excluent de leur concours tous les habitants de la province de Québec. Il faudra que j'en parle à mes stagiaires quand ils auront fini de dégager la neige de mon allée.

Brève III

Les Canadiens auront-ils eux aussi leur loi DADVSI ?

Copyright law changes could leave consumers vulnerable.

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