idées reçues

En français dans le text

Quand on réussit à faire abstraction du côté lourd de la chose, il est toujours amusant de voir un puriste québécois reprocher aux Français d'utiliser trop d'anglicismes. Systématiquement, ces valeureux défenseurs de la langue de Molière illustrent leur propos en expliquant que les Québécois "magasinent" et ne font pas de "shopping", exemple relativement mal choisi puisque, selon le contexte, les termes les plus utilisés en France sont "faire ses courses" ou "faire les boutiques". Bref, disais-je, il est comique de voir certains Québécois défendre ainsi la pureté de la langue française alors qu'ils utilisent eux-mêmes de nombreuses tournures anglaises sans s'en rendre compte. Je ne parle pas ici des expressions transcrites telles quelles du vocabulaire de la perfide Albion, comme "avoir du fun", "checker", ou "fucker son char", mais de formules Canada Dry qui ont la couleur du français, le goût du français, mais sont d'origine anglaise. J'en soumets quelques exemples à votre sagacité. Je m'excuse par avance des erreurs d'interprétation que j'ai pu faire, mais IANAL (I am not a linguist).

Au Québec En anglais En France
C'est correct ? Is it OK ? C'est bon ?
Prendre une marche Having a walk Faire un tour
Prendre une chance Taking a chance Prendre le risque
Eric Lapointe à son meilleur Elton John at his best Le meilleur de Jean-Jacques Goldman
Ca goûte le vinaigre It tastes like vinegar Ca a le goût de vinaigre
Ca paraît que tu es fatigué it seems you're tired Tu as l'air fatigué
J'habite toujours la même place I still live at the same place J'habite toujours au même endroit.
- Merci
- Bienvenue
- Thank you
- You're welcome
- Merci
- De rien
Appliquer pour un emploi Applying for a job Postuler pour un emploi
Ca suce It sucks Ca craint
Une coup' de minutes A couple of minutes Quelques minutes

et mon préféré :

Mercredi le 31 janvier Wednesday, the 31st of january Le mercredi 31 janvier

Avant de me faire agresser, je tiens à préciser que je ne pense pas qu'un de ces deux peuples parle mieux le français que l'autre. Ces querelles stériles me rappellent juste un vieux proverbe impliquant une paille, un oeil, une poutre et un voisin.

Appel à témoignages

Une journaliste m'a contacté afin d'obtenir des témoignages de visiteurs de ce site pour un article qu'elle est en train d'écrire.

Voici son message :

Bonjour à tous,

Je suis journaliste indépendante et tente d'écrire un article qui se voudrait étonnné et amusant sur la méconnaissance qu'ont les Français du Québec. Avant d'y venir évidemment. Le rêve québécois, oui, mais quel rêve québécois ? Un décalage qui, je l'avoue, me surprend toujours quand je vais en France, étant à moitié française moi-même. Je cherche à publier ce texte dans divers journaux européens.

Est-ce que certains d'entre vous accepteraient de me raconter avec honnêteté ce qu'ils savaient réellement du Québec avant de songer à y déménager ? Et même une fois arrivés à destination ?

En histoire ? En géographie ? En termes de langue québécoise ? Saviez-vous que Montréal n'était pas la capitale du Canada ? Que l'été était torride ? D'autres exemples ? Des anecdotes rigolotes ? Des surprises totales, aussi énormes furent-elles ? Aujourd'hui, êtes-vous à votre tour surpris de l'ignorance de vos familles et amis restés au pays ? Vous posent-ils des questions qui vous décrochent un sourire en coin ?

Soit vous apportez de l'eau au moulin, soit vous vous inscrivez en faux, bien entendu.

J'apprécierais beaucoup votre collaboration, sans laquelle l'article devient difficile à élaborer.

Salutations distinguées,

Emmanuelle Tassé

Vous pouvez témoigner en postant un commentaire sur ce billet, ou en envoyant directement un message à emmanuelle, suivi de @ et de bellnet.ca.

Comme l'a signalé seb, je pense que la méconnaissance de la France de la part des Québécois pourrait également être un excellent sujet à aborder dans cet article, ou un autre.

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