culture
Escapade au carnaval
Soumis par Ian le mer, 07/02/2007 - 18:02.Samedi dernier, Io et moi sommes allés au Carnaval de Québec avec Stéphane (que je connais de mon premier séjour à Montréal) et sa femme Fanny (une bonne amie de Florence). Nous nous sommes promenés toute la journée dans la vieille ville, notre parcours étant ponctué d'une dégustation de tire d'érable sur la neige, de glissades sur bouée et de découvertes de statues de neiges et de glace. Nous avons conclu notre balade en assistant au fameux défilé. Cette escapade nous a fait beaucoup de bien, car c'est la première fois que nous quittions Montréal depuis notre arrivée au Québec.
Vous pouvez découvrir la galerie complète (merci à Supergab et Mat pour leurs conseils avisés :-) ).
En français dans le text
Soumis par Ian le mer, 31/01/2007 - 17:29.Quand on réussit à faire abstraction du côté lourd de la chose, il est toujours amusant de voir un puriste québécois reprocher aux Français d'utiliser trop d'anglicismes. Systématiquement, ces valeureux défenseurs de la langue de Molière illustrent leur propos en expliquant que les Québécois "magasinent" et ne font pas de "shopping", exemple relativement mal choisi puisque, selon le contexte, les termes les plus utilisés en France sont "faire ses courses" ou "faire les boutiques". Bref, disais-je, il est comique de voir certains Québécois défendre ainsi la pureté de la langue française alors qu'ils utilisent eux-mêmes de nombreuses tournures anglaises sans s'en rendre compte. Je ne parle pas ici des expressions transcrites telles quelles du vocabulaire de la perfide Albion, comme "avoir du fun", "checker", ou "fucker son char", mais de formules Canada Dry qui ont la couleur du français, le goût du français, mais sont d'origine anglaise. J'en soumets quelques exemples à votre sagacité. Je m'excuse par avance des erreurs d'interprétation que j'ai pu faire, mais IANAL (I am not a linguist).
| Au Québec | En anglais | En France |
|---|---|---|
| C'est correct ? | Is it OK ? | C'est bon ? |
| Prendre une marche | Having a walk | Faire un tour |
| Prendre une chance | Taking a chance | Prendre le risque |
| Eric Lapointe à son meilleur | Elton John at his best | Le meilleur de Jean-Jacques Goldman |
| Ca goûte le vinaigre | It tastes like vinegar | Ca a le goût de vinaigre |
| Ca paraît que tu es fatigué | it seems you're tired | Tu as l'air fatigué |
| J'habite toujours la même place | I still live at the same place | J'habite toujours au même endroit. |
| - Merci - Bienvenue |
- Thank you - You're welcome |
- Merci - De rien |
| Appliquer pour un emploi | Applying for a job | Postuler pour un emploi |
| Ca suce | It sucks | Ca craint |
| Une coup' de minutes | A couple of minutes | Quelques minutes |
et mon préféré :
| Mercredi le 31 janvier | Wednesday, the 31st of january | Le mercredi 31 janvier |
Avant de me faire agresser, je tiens à préciser que je ne pense pas qu'un de ces deux peuples parle mieux le français que l'autre. Ces querelles stériles me rappellent juste un vieux proverbe impliquant une paille, un oeil, une poutre et un voisin.
Fin d’us
Soumis par Ian le jeu, 26/10/2006 - 05:46.Notre session "Us et coutumes" s'est terminée mercredi vers 13h. Selon moi, tout immigrant au Québec qui n'a jamais vécu de choc culturel a tout intérêt à assister à cette rencontre.
Lorsque l'on débarque dans une société sensiblement différente de la nôtre, on court constamment le risque de passer pour impoli ou de blesser des gens sur un simple quiproquo. Une Française m'avait ainsi raconté qu'elle avait subi la honte de sa vie à Montréal en montant dans un bus à la parisienne, sans ce soucier des autres usagers qui faisaient la queue. Sentant que tous les gens présents dans le véhicule la regardaient d'un oeil noir, elle a demandé à son voisin de siège si elle avait fait quelque chose de mal. Il lui a simplement rétorqué qu'elle était passée devant tout le monde. Ce fut un grand moment de solitude.
La formation que nous avons suivie nous a enseigné de nombreuses particularités de la société québécoise dont la connaissance nous évitera sans aucun doute quelques situations gênantes de ce style, notamment dans le monde professionnel. Même après avoir vécu un an au Québec, de nombreuses subtilités m'étaient encore inconnues. Ayant passé une bonne partie de mon temps à l'université, je ne pouvais par exemple pas savoir que ne pas se rendre dans les 5 à 7 en entreprise était souvent mal vu, ou qu'il valait mieux éviter d'ouvrir le tiroir d'un collègue de bureau sans y avoir été expressément autorisé, même si c'est juste pour lui emprunter son agrafeuse.
Après nous avoir présenté durant deux matinées des notions théoriques pour appréhender une culture, l'animatrice a consacré la dernière demi-journée à un rapide cours d'histoire de la Belle Province, dans l'optique de nous éclairer sur les origines de la manière de penser des Québécois. Nous avons passé le reste de la séance à travailler en groupe sur des études de cas tirées de témoignages reçus par le Ministère de l'Immigration. Chacun d'eux présentait un exemple de conflit ou de malentendu entre immigrants et Québécois dans le monde du travail, et nous devions les commenter. Le but n'était surtout pas de désigner un coupable, mais de déceler les raisons qui avaient amené chaque protagoniste à agir ainsi à l'aide des méthodes et des concepts qui nous avaient été transmis.
Dans notre groupe, nous devions par exemple analyser l'histoire d'un immigrant d'Europe de l'Est nommé Victor, employé très apprécié qui se voit promu superviseur de ses anciens coéquipiers. Contre toute attente, ces derniers se plaignent rapidement au grand patron de leur nouveau supérieur, accusé de ne plus les respecter et de donner des ordres en restant les bras croisés. Plutôt que de condamner les subalternes forcément jaloux ou le superviseur forcément méprisant, nous devions essayer de déceler l'origine du désaccord. En l'occurrence, le superviseur provenait d'un pays où le rôle de superviseur consiste essentiellement à prendre des décisions et à donner des directives, tandis que dans la société québécoise, les employés s'attendent à ce que ce dernier les consulte avant de faire des choix et mette la main à la pâte. Je résume mais l'idée est là.
Je trouve cette approche très saine et pragmatique. Selon moi, les conflits entre cultures proviennent très souvent d'une méconnaissance réciproque, chacune attribuant erronément à l'autre une intention de nuire. On peut certes tomber sur des personnes faisant preuve d'une mauvaise volonté monstrueuse, mais ce n'est pas le cas le plus fréquent. Prendre de la distance et essayer d'analyser une situation permet en outre de s'en détacher et de moins en souffrir. J'ai également aimé la conclusion de l'animatrice selon laquelle, même si on peut dresser le portrait générique d'une société, ce sont toujours des individus à qui l'on a affaire, et qu'il faut aussi tenir compte de leur identité.
Pour quitter en beauté cette session, j'ai infligé un revers à l'ours qui sommeille en moi en réussissant à réclamer les coordonnées des personnes avec qui j'avais sympathisé durant la formation.

