niaiseux
L'art de (ne pas) retenir un employé en sept étapes
Posté le mer, 03/03/2010 - 11:47 par Ian
Photo:Amit Gupta
J'ai décroché ma première job à Montréal en janvier 2007, quelques semaines après avoir posté mon CV sur monster.ca. Mon rôle était de développer de nouvelles fonctionnalités pour le site web d'une grosse entreprise québécoise. Je n'étais pas directement employé par cette dernière mais par une agence de placement, prestataire à laquelle de nombreuses sociétés délèguent la sélection et le recrutement de leurs salariés en échange d'une commission. Cette approche est gagnante pour tout le monde puisqu'elle soulage à la fois la compagnie d'une tâche fastidieuse et le travailleur de 10 à 30 % de son salaire annuel, qu'il aurait certainement dépensés dans des cochonneries.
Bien que ce premier emploi m'ait été précieux pour disposer d'une première expérience professionnelle au Canada, le travail était loin de me passionner. Au bout d'un an, j'ai donc envoyé ma lettre de démission à l'agence de placement pour aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Dès qu'il a reçu ma missive, le responsable de mon dossier (que j'appellerai Edmond en guise de représailles) m'a proposé d'aller dîner à la foire alimentaire jouxtant mon lieu de travail afin de discuter plus en détails des raisons de mon départ.
Ayant l'habitude des employeurs qui ne daignent s'intéresser à mes problèmes qu'au moment où je décide de les quitter, je me doutais bien qu'Edmond aller faire quelques tentatives pour m'encourager à rester. En revanche, je ne m'attendais pas à ce qu'il use d'une telle diversité de techniques de manipulation plus ou moins éthiques pour conserver un salarié. À savoir :
- Le lavage de cerveau : "Tu n'es pas content du poste que tu occupes ? Je ne comprends pas. C'est une entreprise très réputée, le travail est passionnant et il y a une excellente ambiance."
- La flagornerie : "Franchement, c'est dommage que tu partes, on est vraiment très satisfaits de ton travail. Tu fais partie de nos meilleurs éléments."
- Les promesses : "On ne peut pas te changer de client tout de suite, mais si tu patientes encore six mois, on peut te trouver un site qui te conviendra mieux et même te proposer une augmentation de salaire."
- La démoralisation : "Tu es sûr de trouver un autre emploi ? Le marché est très difficile en ce moment. Tu risques de te retrouver au chômage."
- La culpabilisation : "Tu ne peux pas quitter la compagnie maintenant. Ils ont besoin de toi pour le projet. Tu vas vraiment les mettre dans la merde."
- La menace : "Tu sais, si tu pars maintenant et qu'un employeur nous appelle pour nous demander ce qu'on pense de toi, on sera obligés de lui dire que tu nous a laissés tomber au mauvais moment."
- Le faux-fuyant : "Ce n'est pas une décision à prendre à la légère. Je te propose de bien y réfléchir et on en rediscutera plus tard."
Trop ingrat pour m'extasier devant l'affabilité de mon interlocuteur, je me suis empressé de demander un entretien avec la responsable du site où je travaillais pour négocier dans le dos de mon ami Edmond les conditions de mon départ. J'ai finalement accepté de partir deux mois plus tard, dont un à mi-temps, ce qui m'a permis une transition en douceur vers le nouvel emploi que j'occupe aujourd'hui. Ayant été pris de vitesse, Edmond s'est trouvé devant le fait accompli et n'a pu que prendre acte de notre entente. Ce dernier devait cependant être moins rancunier qu'il voulait me le faire croire puisque depuis mon départ, je reçois régulièrement par courriel de nouvelles offres de son agence.
(Malheureusement) entendu à Montréal
Posté le lun, 26/05/2008 - 17:04 par Ian
Dans un bus de la ligne 161, une fille qui a tout compris de la vie dit à sa copine : "De toute façon, les Français sont racistes. Quand on pense que la déclaration des droits de l'Homme a été écrite aux États-Unis, et après en France. Pis qu'on les voit maintenant. Regardez ! Vous avez fait des ghettos !"
Quarantaine
Posté le mer, 14/05/2008 - 10:45 par Ian
Trop souvent à mon goût, je suis obligé de supprimer sur ce blog des commentaires qui ne sont pas compatibles avec ma conception d'une discussion civilisée. J'apprécie d'autant moins ce caviardage qu'il permet aux trolleurs de se faire passer pour des martyrs en criant à la censure tout en leur évitant de se ridiculiser par leurs propres propos. Je pense avoir trouvé un début de solution à ce problème en créant une page "quarantaine". Cette dernière servira à isoler tous les commentaires ne faisant pas honneur à leur auteur afin qu'ils ne contaminent pas le fil de discussion dans lequel ils ont été postés. Les lecteurs me soupçonnant de censure abusive ou souhaitant simplement explorer les bas-fonds de l'âme humaine auront tout le loisir de les consulter et de découvrir la raison de leur confinement.
Pour le moment, je compte remplir la page quarantaine avec les types de commentaire suivants :
- Messages insultants : injure, attaque sur le physique, etc.
- Point Godwin (assimilation d'un interlocuteur au nazisme ou au stalinisme)
- Plug honteux : message uniquement destiné à faire de la publicité pour un autre site (genre "kikou, super ton blog, viens voir le mien sur xxx.skyrock.com")
- Copié-collé d'un autre site.
- Règlements de comptes hors-sujet entre personnes ou sites web
- Personnes répondant à ses propres commentaires afin de donner l'illusion qu'on la soutient
- Réponse à une provocation mise en quarantaine
Prenant parfois un malin plaisir à démonter le discours de mes adversaires plutôt qu'à les censurer, il est possible que je laisse un commentaire appartenant aux catégories ci-dessus à sa place initiale et que je me contente d'y répondre sur un ton sarcastique.
Pour des raisons évidentes, les commentaires des genres suivants seront systématiquement retirés du site sans être placés en quarantaine :
- Spams
- Messages illégaux
- Commentaires dont l'auteur a demandé le retrait
- Attaques dont la cible m'a demandé le retrait pour une raison valide (atteinte à la vie privée, insulte, etc.)
Je rappelle enfin qu'à part les spams et une personne que j'ai bannie à jamais de ce blog, aucune modération n'est réalisée a priori. Je tiens donc à m'excuser par avance si des commentaires m'échappent.
Vanité
Posté le mer, 26/09/2007 - 16:28 par Ian
Un samedi à 23h.
Io et moi rentrons d'une soirée chez des amis dans un bus de la ligne 129. A l'arrêt situé peu après l'intersection de Jeanne Mance et René Lévesque, le véhicule accueille deux jeunes filles qui s'assoient juste derrière nous. D'après ce que je comprends, elles sont étudiantes en musique ou en musicologie à l'université du Québec à Montréal. La première parle rapidement sans jamais s'interrompre et présente l'horripilant tic de langage consistant à placer un ou deux "C'est comme" dans chacune de ses phrases. Elle explique à son amie combien elle trouve géniales les mélodies de Bartók, Bach ou Beethoven, poussant suffisamment sa voix pour qu'on l'entende à l'autre extrémité du bus. La seconde, plus effacée, tente laborieusement d'égaler la prestation scénique de son amie en acquiesçant à chacune des vérités qu'elle assène, glissant de temps à autre un terme technique afin de montrer qu'elle est à son niveau.
Comme toutes les grandes artistes, elles ne vivent que pour leur passion et sont forcément excessives dans toutes leurs paroles et attitudes. Elles ne peuvent endurer l'idée qu'une seule personne présente puisse ignorer qu'elles adorent la musique classique, ne vivent que pour elle. Visiblement soucieuses que ce culte ne nuise pas à leur statut de jeune, elles s'appliquent également à qualifier de "cools" ou "tripantes" des mélodies qui ont parfois plusieurs siècles. Un peu plus tard, elles expriment une sincère compassion pour un camarade de cours qui ne connaît pas cette sonate écrite par un sombre inconnu qu'aucun mélomane ne devrait ignorer, et se pâment en évoquant le concerto de trucmuche à la perfection si parfaite qui leur a procuré cette extase si extatique. Les artistes constituant une grande famille, elles évoquent également la pièce montée par leurs frères du département de théâtre qu'elles ont vu le mois dernier. L'une frémit à la pensée de cet ami comédien qui joue trop trop bien, tandis que l'autre disserte sur une comédienne, que c'est pas qu'elle joue mal, mais je sais pas.
Elles sont si jeunes mais sont déjà vieilles. Elles n'ont pas encore commencé leur carrière comme critique musical pour 24 heures ou chasseuse de pirate pour Vivendi, mais elles se comportent déjà comme des stars has been qui font des pieds et des mains dans les dîners mondains dans l'espoir qu'on les fasse signer comme professeurs pour la prochaine star académie. Le show arrive à son apogée lorsqu'elles se mettent toutes les deux à fredonner de leurs voix de cantatrices enrouées un air de violoncelle qu'elles vénèrent, tandis que ma blonde et moi souffrons silencieusement en maudissant chaque feu rouge.
Bonne nuit la Pythie
Posté le mer, 27/06/2007 - 15:38 par Ian
Malgré les nombreux courriels et commentaires postés par mes groupies se demandant si je suis sorti indemne du Parc des Maringouins, je me vois contraint de retarder la publication du bilan de mon camping. A mon retour, j'ai en effet vécu une révélation tellement fracassante sur mon karma, une analyse tellement fine de mes méandres cérébelleux que je me sens incapable d'écrire le moindre billet sans en avoir auparavant rendu grâce à son initiateur.
En consultant les statistiques de mon blog lundi soir après trois jours de jeûne informatique, j'ai découvert qu'une personne était arrivée sur celui-ci grâce à un lien publié sur le site bienvenue-au-quebec.com. L'ego tout frétillant, je me suis rendu à l'adresse en question pour savoir ce qu'on disait de moi, et je suis tombé sur la présentation suivante :
Site de maudit francais.com
Site d’un petit Français fraîchement débarqué de la Belle Province, aimant bien manier la prose. Cependant, l’émerveillement de départ laisse progressivement la place à une triste réalité concernant le pauvre avenir qui l’attend au Québec. Pronostic de départ du Québec : au plus tard fin 2009.
Les erreurs factuelles qui parsèment ce résumé malgré sa brièveté auraient pu me rebuter. Je mesure par exemple 178 centimètres, ce qui, au regard de la moyenne nationale de 175, fait de moi un grand Français et non un petit (je refuse de penser que cet adjectif ait été employé pour marquer de la condescendance). L'auteur semble en outre ignorer que j'ai vécu un an au Québec entre 2000 et 2001 avant d'y immigrer, ce qui ne fait pas de moi un fraîchement débarqué. J'ai néanmoins pardonné ces oublis. La vie serait bien compliquée si on devait se renseigner sur les gens avant de parler d'eux. J'ai moi-même craché pendant des années sur les toiles de Laurent Jalabert avant d'apprendre qu'il ne peignait pas.
Ce qu'il faut saluer avant tout, c'est la perspicacité de l'auteur qui lui a permis de deviner non seulement que j'aimais manier la prose, ce qui était facile, mais aussi de déceler dans mes billets un émerveillement laissant place à une triste réalité sur mon pauvre avenir sans que je m'en sois aperçu moi-même, ce qui est nettement plus balèze. Il y a à peine quelques jours, je pensais que le ton de mes billets variait au gré de mes humeurs sans verser dans un pessimisme ou un optimisme excessif. Ils illustraient selon moi les dictons aussi stupides que "Il y a des jours avec et il y a des jours sans" ou "Après la pluie le beau temps". À présent que j'ai lu cette brillante synthèse de mon site, il est incontestable que je glisse inexorablement sur une pente qui me mènera à l'alcoolisme, au suicide, à la prostitution ou au militantisme UMP. J'en viendrais presque à désespérer si l'auteur de bienvenue-au-quebec.com n'indiquait généreusement la date de mon départ sans m'avoir jamais rencontré, alors que je ne sais même pas ce que je vais manger demain midi.
Merci et bravo !
Sincèrement.
Votez con
Posté le mer, 09/05/2007 - 15:34 par Ian
Selon les observateurs, le 6 mai dernier représente une effroyable déflagration politique qui nous plongera dans une dictature ignoble et sanguinaire, ou un extraordinaire renouveau démocratique qui redonnera à la France son statut de premier pays de l'univers qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Après avoir suivi assidûment la campagne pendant plusieurs semaines, je suis arrivé quant à moi au point ultime de saturation politique. L'accession au pouvoir d'un individu très porté sur la répression et le paternalisme me plonge certes dans un relatif désarroi, mais ce n'est rien comparé à la lassitude que je ressens après avoir observé le comportement de nombreux sympathisants et militants quel que soit leur bord.
Me battant pour préserver mon individualité depuis que j'ai quitté mon statut de gamètes, je ne parviens pas à comprendre que l'on renie son identité au point de se noyer dans une idolâtrie dans laquelle je n'oserais tremper l'ongle pour mon chanteur préféré. Les fanatiques arborant un T-shirt "I love Ségo" ou hurlant "Sarko président" à tue-tête jusqu'à briser leurs propres tympans en sont les symptômes les plus spectaculaires, mais pas forcément les plus déprimants.
Les plus choquants, ce sont ces gens de droite ou de gauche persuadés que leur argumentation provient de leurs fines observations et de leur incomparable sens de l'analyse alors qu'ils ne font que réciter comme des pantins les leçons répandues par le parti qu'ils ont choisi. Voir ces marionnettes justifier les attaques les plus abjectes lancées par leur camp alors qu'ils n'avaient pas de mots assez durs pour les dénoncer lorsqu'elles provenaient de celui d'en face me consterne. Les entendre crier à la calomnie quand on répand des rumeurs sur leur poulain alors qu'ils colportent eux-mêmes les pires ragots sur leur adversaire sans faire aucune vérification m'horripile. Je suis épuisé d'être catalogué selon l'orientation de mes interlocuteurs comme un salaud de droite ou un naïf de gauche à chaque fois que je pointe un raisonnement boiteux ou une information erronée.
Les gauchistes qui affirment redouter des émeutes alors qu'ils les souhaitent secrètement pour justifier leur position m'exaspèrent. Les droitistes qui pensent qu'il suffit d'alléger les taxes patronales pour éradiquer la misère me révulsent. D'où vient cette manie de réagir systématiquement en fonction d'une idéologie et non de son sens critique ? Est-il si compliqué de partager les idées d'un parti sans être dupe de ses excès démagogiques ? Faut-il avoir une intelligence hors du commun pour comprendre que comparer Nicolas Sarkozy à Hitler est abusif, ou que Ségolène Royal n'est pas vraiment une cruche ? A-t-on le droit de ne pas choisir son camp sans se faire mépriser ?
Je laisserai d'autres personnes répondre à ces questions car j'ai décidé de ne plus parler d'élections dans les mois ou années qui viennent. Ça me fait trop désespérer de l'être humain.
Heureusement que j'ai trouvé ce truc pour me détendre (Merci Micmac).
La loi de la jungle
Posté le dim, 01/04/2007 - 17:05 par Ian
La tendance agaçante de certains Français à la généralisation abusive ne me fait pas oublier que ce mal existe absolument chez toutes les nationalités, y compris chez les Québécois. J'ai pu valider cette théorie avec Io à l'aéroport d'Orly, quelques heures avant que nous nous envolions pour notre pays d'adoption. Alors que nous faisions la queue devant le comptoir d'enregistrement des bagages, j'ai entendu derrière moi deux personnes qui discutaient avec un accent tout à fait identifiable. En me retournant discrètement, j'ai aperçu un couple de Québécois qui rentraient sans doute chez eux après quelques jours de vacances à Paris. Cette escapade ne semblait pas avoir détendu le jeune homme, car il s'agitait comme un pantin en regardant de toutes les directions avec un agacement visible, tandis que sa blonde tentait de le calmer. J'ai rapidement compris l'origine de cette fébrilité.
Quatre files de voyageurs avançaient en parallèle, chacune étant jalonnée de deux comptoirs successifs. Le premier était tenu par un agent de sécurité qui vérifiait les passeports et posait quelques questions de routine, tandis que le second permettait d'enregistrer effectivement ses bagages et de les poser sur le tapis roulant qui les achemineraient aux soutes. Le flot de passagers n'était pas régulier. Il arrivait donc qu'un voyageur passe le premier comptoir alors que la personne qui le précédait n'avait pas encore fini ses démarches au second. Constatant parfois que le second comptoir de la file d'à côté était libre, de nombreux voyageurs se précipitaient dessus afin de gagner un peu de temps. Ce comportement étant présent dans toutes les files, on pouvait raisonnablement supposer qu'il avait globalement pour effet d'accélérer la vitesse des enregistrements. C'était cependant sous-estimer l'attachement de notre Québécois au respect des files d'attentes. Celui-ci trépignait à chaque changement de file et prenait à témoin sa compagne avec un air offusqué.
- Ils changent de file. C'est pas normal. Je vais le signaler !
- Laisse, lui répond sa compagne, ici, c'est comme ça que ça se passe, c'est des Français. C'est la loi de la jungle.
J'ai failli réagir à cette saillie à la portée anthropologique insoupçonnée en lui expliquant que l'on pouvait être Français et civilisé, mais je suis resté sans voix. Au summum de l'exaspération, le jeune Québécois est quant à lui parti voir un agent de sécurité pour lui dire qu'il y avait des gens qui faisaient rien qu'à doubler. Il est revenu de ce bref échange totalement atterré :
- Il m'a dit que ça ne posait pas de problème et qu'on pouvait faire pareil !
Sa compagne paraissait tout aussi profondément choquée par cet exemple insoutenable de la sauvagerie française.
C'est à ce moment qu'Io et moi avons pu passer au premier comptoir. Les démarches se sont passées en deux minutes, et nous devions attendre que le second comptoir encore occupé se libère. Sachant que nous étions largement en avance pour l'avion, nous n'avons pas jugé utile de changer de file pour prendre d'assaut le comptoir qui venait de se libérer à notre gauche. L'autre couple s'y est en revanche jeté immédiatement après avoir passé le premier comptoir.
C'est ainsi que deux Français forcément barbares qui ne voulaient pas trop se stresser ont enregistré leurs bagages cinq minutes après deux Québécois civilisés qui étaient à l'origine derrière eux.
La loi de la jungle, ça s'apprend vite.
Petite note en passant
Posté le mar, 27/03/2007 - 11:16 par Ian
Je censure immédiatement les messages insultants et haineux, quelle que soit la personne ou la communauté visée. Cette précision évitera peut-être à certains importuns de perdre leur temps et le mien.
Quant à toi qui te reconnaîtras, sache que l'homosexualité n'est pas une tare, mais qu'un QI de 3 en est une.
Zoologie
Posté le lun, 12/03/2007 - 16:18 par Ian
J'ai régulièrement l'occasion d'évoquer sur ce blog les nombreux détails qui distinguent le Canada de la France. On ne peut toutefois nier que ces deux pays partagent de nombreuses caractéristiques, et pas toujours pour le meilleur. J'ai par exemple pu constater aujourd'hui qu'une espèce néfaste s'adaptait parfaitement à ces deux pays malgré leurs climats fort différents : l'administratus boulex.
Bien que rien ne différencie physiquement l'administratus boulex de l'homo sapiens sapiens, il se distingue de ce dernier par des capacités intellectuelles nettement inférieures. Ce handicap ne l'empêche néanmoins nullement de se faire embaucher dans le service informatique des entreprises du monde entier. Il optera de préférence pour des sociétés employant de nombreux salariés, dans le but de dissimuler son incompétence derrière une masse de travail incommensurable.
Théoriquement, la mission de l'administratus boulex consiste à s'assurer que les employés disposent d'un ordinateur fonctionnel et de tous les logiciels dont ils ont besoin. L'objet de notre exposé partage malheureusement avec le bradypus infuscatus une profonde aversion pour l'effort. En dépit d'une déficience chronique de connexions neuronales, il a en outre compris depuis longtemps qu'il disposait d'un pouvoir de nuisance suffisant pour être dérangé le moins possible par les requêtes inopportunes de ses collègues, tout en passant pour un dieu de la technologie auprès de ses supérieurs.
L'administratus boulex ne doit en aucun cas être confondu avec son cousin éloigné l'administratus sympathicus, que la plupart des scientifiques s'accordent à classer dans les hominidés, en dépit de son goût immodéré pour la pizza et la mauvaise bière. Lorsqu'un employé change de bureau et qu'il manque une prise réseau pour brancher son deuxième ordinateur ((Notons au passage que l'employé en question a besoin de disposer de deux ordinateurs uniquement parce que l'administratus boulex a perdu les CD qui permettraient d'installer tous les logiciels dont il a besoin sur une seule machine.)), l'administratus sympathicus s'empresse de quérir un concentrateur afin d'effectuer l'indispensable connexion. L'administrateur boulex se contente d'affirmer avec fatalisme que ce n'est pas possible et qu'il faudra se contenter d'une seule machine.
Lorsqu'en raison de l'inaptitude de Microsoft à gérer correctement le passage à l'heure d'été, un employé voit tous les rendez-vous de son Agenda Outlook des trois prochaines semaines décalés d'une heure, l'administratus sympathicus s'excuse platement de l'incident et promet de chercher un moyen de régler simplement le problème. L'administratus boulex répond quant à lui dans un haussement d'épaules qu'il a envoyé le vendredi après-midi un courriel demandant à tous les employés de laisser leur ordinateur allumé le week-end afin qu'il puisse faire automatiquement la mise à jour d'Outlook. Si l'employé a le malheur d'affirmer qu'il n'a jamais reçu le courriel en question et que ce n'est pas la première fois qu'un message se perd ainsi, l'administratus boulex répliquera qu'il n'a qu'à mieux lire ses mails.
L’administratus boulex est responsable à lui seul de la mauvaise réputation dont souffrent tous les professionnels de l'informatique. C’est à cause de lui que les développeurs honteux n'osent révéler leur véritable métier dans les cocktails mondains et préfèrent prétendre qu'ils sont huissiers, inspecteurs du fisc ou thanatopracteurs.
Ça se dispute
Posté le mar, 20/02/2007 - 16:27 par Ian
Parfois, je regrette de ne plus être en France, juste pour avoir le plaisir de discuter de certains événements devant la machine à café (source AFP).
Trois plaintes pour violences et insultes ont été déposées par des personnels navigants d'Air France contre l'animateur Jean-Luc Delarue à la suite d'"incidents" sur un vol Paris-Johannesburg le 13 février, a-t-on appris de sources concordantes, confirmant des informations parues dans la presse people.
(...)
L'animateur de France 2 aurait notamment insulté, mordu et donné une claque à un steward, selon Pierre Destuguès délégué syndical (Alliance PNC) qui a été en contact avec les personnels navigants du vol.
(...)
D'après la même source, l'animateur qui buvait du vin rouge, lançait des raisins en l'air sans réussir à les rattraper en vol avec sa bouche. M. Delarue aurait alors tenté de faire manger un raisin à un personnel navigant. Celui-ci, ne parvenant pas à le convaincre d'arrêter de boire, l'a "neutralisé" sur son siège jusqu'à l'atterrissage.
Précisons à l'attention de nos amis Québécois que Jean-Luc Delarue est un animateur télé au look de premier de la classe dont la crédibilité journalistique repose entièrement sur le port d'une oreillette.









