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magasinage

Les aventuriers de la mayonnaise perdue

Histoire de ne pas usurper mon titre de maudit Français, j'ai commencé une liste des aliments impossibles à trouver dans les supermarchés montréalais. Certains s'avèrent disponibles dans des épiceries spécialisées, mais d'autres demeurent littéralement introuvables :

  • Levure diététique en paillettes
  • Bouillon de légumes en cubes
  • Cornichons marinés sans aneth et sans sucre
  • Sirop de grenadine (ou autre)
  • Couscous en boîte (anyway)
  • Choucroute garnie en boîte
  • Bonbons Haribo
  • Mayonnaise avec goût de mayonnaise
  • Fromage blanc

J'invite mes camarades immigrants à compléter cette liste. Par souci d'équité, je tiens toutefois à mentionner quelques articles que les Québécois sont sûrement très frustrés de ne pas trouver dans les supermarchés en France :

  • Purée de maïs en boîte pour le pâté chinois
  • Bouteille de caramel
  • Bagels
  • Lait en sachets
  • Sauce Miracle whip
  • Babybel au cheddar
  • Tout ce qui ressemble de près ou de loin à des médicaments
  • Muffins
  • Paquet de corn flakes de 750 g

Sans oublier que nos pharmacies ne vendent même pas de chips.

Là aussi, j'attends avec impatience que les exilés de la Belle Province enrichissent cet inventaire.

Malédiction informatique

Depuis deux jours, je suis entré dans le genre de période que je redoute durant laquelle les ordinateurs semblent me détester. Tout à commencé dimanche soir lorsque j'ai malencontreusement laissé tomber mon iBook par terre. Bien que celui-ci semble avoir bien résisté à la chute, on ne peut pas en dire autant de la prise de l'adaptateur qui est complètement tordue.

Adaptateur d'iBook tordu

Je suis donc allé lundi après-midi avec Io dans le centre-ville à la recherche d'une nouvelle alimentation pour ma machine. Nous avons commencé notre périple au Future Shop de Sainte-Catherine Ouest.

Future Shop

Bien que je n'aie pas trouvé de quoi ressusciter mon iBook, j'ai au moins pu me procurer un routeur wifi à 40 $ dont j'avais besoin pour relier celui-ci et mon portable Dell à Internet.

Nous nous sommes ensuite rendus chez Bmac, une petite boutique du Plateau Mont Royal spécialisée dans le matériel Apple.

Extérieur de la boutique Bmac

Quand nous sommes entrés, j'ai été immédiatement subjugué par une vieille borne d'arcade "Mrs. Pac Man" complètement fonctionnelle posée contre un mur de la salle, ainsi que par un grand écran diffusant le clip "Manu Chao" des Wampas. Les vendeurs ont du me prendre pour un illuminé lorsque je leur ai demandé si je pouvais prendre une photo. Elle est malheureusement un peu ratée.

Intérieur de la boutique Bmac

La jeune femme qui s'est occupée de moi m'a expliqué qu'elle pouvait me proposer un adaptateur pour un iBook G3 ou G4, à un prix inférieur à ceux d'Apple. Je suis donc reparti tout content avec le premier, qui correspond à mon ordinateur. Evidemment, je me suis rendu compte en rentrant à la maison que le connecteur n'était pas de la bonne taille. Il semble en effet que le modèle de iBook G3 que je possède a la particularité d'utiliser le même adaptateur que les G4. Il va donc falloir que je retourne au magasin mardi pour procéder à l'échange. Deux cas peuvent alors se présenter. Si je suis sorti de ma période de malchance informatique, je pourrai à nouveau rédiger mes billets sur mon iBook en oubliant cette mauvaise passe. Si la poisse est toujours sur moi, il est en revanche possible que mon portable m'explose à la figure dès que j'aurai branché la nouvelle alimentation.

J'espère être là demain pour dire quel scénario s'est finalement produit.

Cherche Ikea désespérément

Histoire de peupler notre appartement désespérément vide et de tailler dans nos économies d'immigration, nous sommes partis jeudi dernier pour Ikea dans le but d'acheter quelques meubles. Le seul magasin de Montréal se trouve dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à l'ouest de l'île. Bien que l'arpentage intensif de la ville depuis trois semaines ait sensiblement musclé nos cuisses et nos mollets, nous rendre sur les lieux à pied était assez peu réaliste. Nous avons donc pris le métro orange jusqu'à la station Du Collège, puis embarqué dans le bus 214 en direction de Dawson. Nos efforts pour écarquiller nos yeux au mépris des risques de conjonctivite se sont malheureusement avérés vains, puisque nous avons aperçu trop tard le bâtiment bleu et jaune que nous recherchions. Nous sommes donc descendus à l'arrêt suivant, perdu au coeur d'une zone industrielle jouxtant l'autoroute de la Cote-de-Liesse.

Perdus dans la zone

La solution la plus sage semblait de faire à pied le trajet du bus en sens inverse jusqu'à la zone où nous avions aperçu le magasin convoité. Nous devions dans ce but marcher sur un trottoir assez large pour ne pas nous faire écraser par les véhicules arrivant à toute allure en sens inverse, mais pas suffisamment pour conjurer ma phobie des grosses machines qui font vroum vroum. A mon grand soulagement, nous avons pris ensuite une rue beaucoup plus calme pour nous rapprocher de notre objectif. Celle-ci débouchait cependant par malheur sur la très passagère route transcanadienne. Quelques mètres plus loin, nous trouvions un indice que nous étions sur la bonne voie.

Une lueur d'espoir

Cinq minutes plus tard, nous étions arrivés en un seul morceau à notre destination, une heure après avoir été déposés par le bus.

Ikea, Enfin !

Nous avons enfin pu acheter le lit, la table, les chaises et les accessoires dont nous avions besoin pour nous installer enfin dans notre nouveau domicile. L'intérieur de tous les Ikea étant quasiment identique, nous ne nous sommes pas sentis plus dépaysés que si nous nous étions trouvés à Evry ou Velizy. C'en était presque angoissant.

Soulignons toutefois un service que je n'avais pas remarqué en France : la mise à disposition à la cafétéria d'un espace spécialement prévu pour étrangler les enfants qui font la course dans le magasin avec les chariots.

Espace d'étranglement

Notre visite nous a malheureusement prouvé que peu de parents tiraient profit de cette louable initiative.