logement

Épilogue

Lettre reçue aujourd'hui, accompagnée d'une enveloppe prétimbrée pour la réponse.

Augmentation de trois dollars

Par sécurité, je vais quand même barrer le , 00 ajouté par erreur à la fin du montant. Décidément...

Epopée locative

Le mois dernier, notre concierge Marion a cogné à notre huis afin de nous remettre une missive renfermant la proposition de reconduction de notre obole locative mensuelle, plus communément appelée loyer. Après avoir décacheté le pli sus-dit, notre sang n'a fait qu'un tour. Le document nous informait en effet que le loyer de notre demeure migrait de sept-cent dix à sept-cent soixante dix dollars, soit une augmentation de plus de huit pour cent. "Palsambleu, avons-nous songé, il semble que le maître de céans n'ait point le sens de la mesure. Il conviendrait de fournir une réponse appropriée et énergique à cette manifeste dérive pécuniaire". Nonobstant cette saine résolution, le tourbillon de la vie nous a très vite repris dans ses griffes, et nous ne nous sommes plus souciés de cette intrigue durant plusieurs semaines.
A l'occasion d'une bombance chez messire Yannick, nous avons toutefois narré la mésaventure à notre hôte qui nous a vivement exhorté à prendre les mesures drastiques qui s'imposent en pareille occasion. A cette effet, il nous a confié une publication spécialisée sur le sujet que nous avons pu compulser à notre guise dans les jours qui ont suivi. Quelques télécommunications émises à l'attention de la régie du logement du Québec nous ont de surcroît donné l'opportunité de lever le voile sur certaines réglementations dont nous n'avions point connaissance.
Plusieurs conclusions ont naturellement découlé de cette exégèse. La première était que le montant dont nous devions soulager notre bourse était effectivement disproportionné à l'égard des pratiques en vigueur à Montréal. La pénultième était que nous disposions de l'option de ratifier le principe d'une reconduction du bail tout en nous opposant à la hausse non avenue de nos frais locatifs. L'ultime était que nos bailleurs se rendaient coupables d'une évaluation erronément basse de nos capacités de raisonnement. Nous nous sommes par conséquent fendus d'une épître en recommandé à notre créancier afin de témoigner de notre désapprobation.
La réponse ne s'est nullement faite désirer. Quelques nuits plus tard, nous recevions effectivement sur notre système de réponse téléphonique automatisé une annonce de Marion nous enseignant que la somme qui nous avait été communiquée était incorrecte. La véritable augmentation était de sept dollars, et aucunement de soixante. La faute incombait, affirmait-elle, à un subordonné distrait, coutumier de ce genre de bévue.
Bien que nous puissions légitimement douter qu'une erreur aussi grossière puisse échapper à des yeux aguerris, nous préférons accorder le bénéfice du doute à nos bailleurs plutôt que leur prêter des idées indignes. Il n'en reste pas moins que nous dégustons avec félicité notre victoire sur le joug de l'oppresseur locatif.
Bordel.

Jackass

Faute d'un emploi du temps plus souple, Io et moi avons dû nous rendre mercredi soir à Ikea pour acheter les derniers meubles qui nous manquent.

Le point positif, c'est que le soir de la Saint-Valentin, l'Ikea de Montréal est totalement désert.

Ikea désert

Le point négatif fait son apparition lorsque l'on sort du magasin à 21 h en pleine tempête de neige.

Ikea la nuit dans la neige

J'ai perdu une tringle à rideau dans la poudreuse en marchant vers l'arrêt de bus, mais par les temps qui courent, on ne va pas se plaindre d'avoir un peu d'hiver.

Horaires de bus dans la neige

Grincements dedans

A peine deux semaines après avoir emménagé dans notre nouvelle demeure de la Côte-des-Neiges, Io et moi avons dû subir plusieurs fois par jour des séances de grincements inopportuns provenant de l'appartement du dessus. Ces bruits désagréables se propageaient sur la totalité du plafond, n'épargnant aucune pièce où l'on pourrait y échapper. Certaines fois, cela ne durait que cinq minutes, mais d'autres, la nuisance sonore ne s'arrêtait qu'au bout d'une demi-heure.

Au départ, ces craquements ont surtout éveillé notre curiosité. A quelle activité mystérieuse pouvaient bien s'adonner nos voisins pour générer un tel son ? Plusieurs de nos amis à l'esprit impur ont émis quelques hypothèses salaces, mais nous les avons prestement écartées. L'intervalle entre chaque craquement était si régulier, le rythme tellement précis qu'il ne semblait aucunement le fruit d'activités fortement condamnées par le pape en dehors des liens sacrés du mariage. Quand bien même ce serait le cas, l'ennui généré par une telle monotonie aurait fatalement conduit les protagonistes à se lasser, et finalement abandonner ces pratiques. Or, plus le temps passait, plus ces intermèdes bruyants revenaient fréquemment, commençant parfois à trois heures du matin.

Bien vite, nos interrogations ont laissé place à l'agacement, puis à une horripilation extrême. Pour nous, il ne faisait désormais aucun doute que nous étions victimes d'une espèce de stakhanoviste des abdominaux qui s'adonnait dans répit à de longues séances de rameur d'appartement. Cette personne devait vraiment avoir du mal à accepter son corps pour se livrer à cette activité avec tant d'opiniâtreté, à toute heure du jour et de la nuit. La compassion que nous ressentions à l'égard d'une personne à ce point esclave des apparences n'arrivait néanmoins nullement à contrebalancer l'exaspération qu'elle avait provoquée en troublant notre sommeil pendant plusieurs semaines.

J'ai fini par craquer un soir de décembre vers 23h, lorsque les couinements du plafond tant redoutés se sont manifestés une fois de trop. Abandonnant le clavier de mon MacBook, j'ai fermement gravi les marches qui mènent à l'étage supérieur, avant d'aller sonner chez notre voisin du dessus. J'essayais toutefois de respirer lentement afin de garder mon calme, d'une part parce que la personne n'avait pas forcément conscience du bruit qu'elle faisait, et d'autre part parce que sa ténacité laissait supposer qu'elle possédait des abdominaux en kevlar et les biceps à l'avenant. Deux bonnes raisons de ne pas se montrer agressif.

Alors que j'imaginais que j'allais tomber sur une réplique de Chuck Norris, c'est une femme d'une quarantaine d'années au regard étonné qui m'a ouvert sa porte. Sans avoir les mensurations de Pavarotti, elle ne collait pas vraiment à l'idée que l'on se fait d'une personne se livrant à des exercices de musculation intensive, pas plus que sont mari qui me regardait avec un air ébahi. Sachant qu'il ne faut pas se fier aux apparences, j'ai quand même essayé de tirer les choses au clair :

- Bonsoir, excusez-moi de vous déranger. J'habite dans l'appartement du dessous, et je me demandais si le bruit que nous entendons vient de chez vous

- Quel bruit ?

- Des grincements, comme si quelqu'un faisait du rameur.

Le couple semblait sincèrement ne pas savoir de quoi je parlais, et j'ai pensé que je m'étais trompé d'appartement. Cependant, mon interlocutrice a soudain eu l'illumination :

- C'est mon mari qui berce le bébé !

Si j'étais nouveau à Montréal, je me serais sûrement demandé si elle me prenait pour un idiot, mais je sais combien l'isolation phonique des logements peut être catastrophique. Heureux d'avoir enfin localisé l'origine de ce bruit irritant, j'ai donc gentiment suggéré a mes voisins de mettre un tapis sous le lit de leur progéniture, ce qu'ils ont accepté, puis j'ai pris congé en m'excusant une nouvelle fois de les avoir dérangés.

Heureusement que je ne me suis pas énervé après eux dès qu'ils m'ont ouvert.

J'aurais eu l'air malin.

L’infâme déménage

Les déménageurs sont enfin passés mercredi dernier pour nous livrer les affaires que nous avions envoyées de la France. Pour accomplir cette mission, nous avions opté pour une société visiblement très prisée des expatriés français au Canada, et dont le site web accueille les visiteurs par une annonce vocale ressemblant à un message de répondeur téléphonique. Je ne me doutais pas que ce choix allait nous conduire à vivre une folle aventure, dont je ne résiste pas à la tentation de raconter tous les rebondissements.

Cartons

Mon premier contact avec la société de déménagement, que nous appellerons G par commodité, remonte au dimanche 9 juillet 2006. Après avoir récupéré sur Internet les coordonnées de plusieurs loueurs de bras musclés à l'aide de mon ami Google, je demande par l'intermédiaire de leurs sites web respectifs un devis pour envoyer deux mètres cube de cartons de l'autre côté de l'Atlantique. Le 10 juillet, je reçois un mail de la société G m'informant des tarifs et des conditions qu'elle est à même de me proposer. Devant l'absence de nouvelles de la concurrence, et à la vue des prix relativement alléchants qui me sont proposés, j'envoie un message le mercredi 12 pour les informer que j'approuve le devis et que l'enlèvement doit avoir lieu avant le 30 août, qui est la date à laquelle nous devons rendre notre appartement parisien.

Mon contact dans la société, que nous appellerons JM afin de préserver son anonymat mais pas trop, m'envoie le lendemain un nouveau message m'indiquant qu'il a bien noté mon accord et qu'il reviendra bientôt vers moi pour me proposer une date. En l'absence de nouvelles, je me décide finalement à l'appeler le 17. JM ne pouvant pas encore me donner de date exacte, nous nous mettons au moins d'accord pour que celle-ci soit comprise entre le 15 et le 29 août. Mon interlocuteur me demande de confirmer tout ceci par mail, ce que je m'empresse de faire.

Il s'ensuit un silence radio total de plusieurs semaines durant lesquelles j'attends angoissé que l'on me recontacte pour me fournir le jour précis de l'enlèvement. La désinvolture dont à fait preuve mon correspondant à chaque coup de téléphone me pousse même à redouter que mon dossier ait été oublié sous une pile d'autres demandes. N'y tenant plus, je téléphone finalement à la société le 10 août. JM pense se souvenir de moi : "Ah oui, vous c'est pour un déménagement Montréal-Paris, c'est ça ?". Après avoir pris une bonne bouffée d'air pour ne pas m'évanouir, je lui dit que c'est le contraire, et il finit par retrouver ses notes. Nous convenons que les déménageurs viennent le 24 août, mais il ne peut pas encore me dire à quel moment de la journée. Sachant pertinemment qu'il ne m'appellera pas pour clarifier les choses, je lui passe ce que je pense être un ultime coup de fil le 23 août pour qu'il me dise à quelle heure arriveront ses collègues le lendemain. Il me répond qu'ils se présenteront dans la matinée.

Io et moi étant particulièrement en retard dans nos préparatifs, nous nous lançons alors dans une course éperdue pour préparer les derniers cartons, qui s'achève à 4h du matin. Epuisés, nous nous effondrons sur notre lit chéri pour profiter d'une bonne nuit de trois heures de sommeil. Ne sachant pas quand les déménageurs viendront exactement, nous nous levons à 7h30 pour avoir le temps de nous préparer et être frais et dispos pour les accueillir à 8h. Le terme "frais et dispos" devrait peut-être se voir remplacé par "cliniquement vivants", car la fatigue des dernières semaines ajoutée à notre quasi-nuit blanche fait de nous des candidats idéaux pour le casting de "La revanche des zombies insomniaques".

Une, deux, puis trois heures passent sans que personne ne daigne titiller notre interphone. J'appelle donc à nouveau notre ami JM qui m'annonce que ses camarades ont été retardés et qu'ils arriveront en fin de matinée. Etant donné qu'il est déjà presque 11h, je me dis qu'il ne faut pas attendre nos déménageurs avant 14h. C'est sans doute faire preuve d'un optimisme un peu démesuré, puisqu'il n'y a toujours personne chez nous après cette échéance. Les heures qui suivent se déroulent alors selon le cycle suivant :

  1. j'appelle JM pour l'informer que les déménageurs ne sont toujours pas là
  2. il me répond qu'il me rappelle dans x minutes pour me dire où en est la situation
  3. Au bout de x minutes écoulées, je n'ai aucune nouvelle
  4. revenir au point 1

Petit à petit, l'angoisse et la tension montent. Je m'imagine déjà être obligé de repousser la restitution de l'appartement, et même notre départ pour le Québec, tout ça parce que j'ai fait un peu trop confiance à une bande de déménageurs désordonnés. Quand, au bout de plusieurs appels, je me plains à mon interlocuteur que tout ceci n'est pas très sérieux, il s'emporte en m'expliquant que ce n'est pas de sa faute si des clients qui nous précèdent dans le parcours de ses collègues ne savent pas mesurer le volume de leurs affaires. C'est sans doute de la mienne.

Plus tard, il tente de se débarrasser de moi en me disant que les déménageurs sont en train de l'appeler sur une autre ligne et qu'il me recontactera dans dix minutes dès qu'il leur aura parlé. Quand je rappelle trente minutes plus tard (car il ne m'a bien sûr toujours pas donné signe de vie), il me dit qu'il est en train d'essayer de les joindre. "C'est curieux, lui réponds-je. Vous m'aviez dit qu'ils étaient en train de vous appeler". Conscient que j'ai saisi la feinte, JM n'essaye nullement de se justifier et se contente d'un vague grommellement m'indiquant qu'il me téléphonera plus tard.

C'est la panique. Je commence à regarder sur le net si une autre entreprise n'est pas à même de nous dépanner dans le délai très restreint qui nous est accordé. Je réfléchis à une solution de stockage alternative qui nous permettrait de vider les lieux et d'organiser un départ plus tard. Aucune de ces hypothèses ne semble toutefois applicable. La tension est à son comble autour de 17h quand JM me demande si ça me dérange si les déménageurs passent plutôt le lendemain. Je lui réponds que ça ne me pose pas de problème, à condition qu'il ne me rejoue pas le même scénario qu'aujourd'hui, ce qui l'offusque. Finalement, il m'annonce vers 18h que ses collègues viendront prendre nos affaires à 19h.

Malgré notre scepticisme, on sonne enfin chez nous à l'heure prévue. Deux déménageurs, l'un me rappelant le dessinateur Fournier en plus jeune et plus trapu, et l'autre semblant connecté directement aux extra-terrestres, se présentent enfin à notre porte. L'enlèvement proprement dit dure à peine une demi-heure. Une fois cette opération terminée, je suis obligé de calculer moi-même le montant du chèque que je dois leur faire à partir des informations génériques qu'on m'a transmises auparavant, car il n'en ont aucune idée. Trop gentil ou pas assez rancunier, je m'abstiens de faire malencontreusement une erreur en ma faveur. Alors qu'ils s'apprêtent à quitter les lieux, je leur donne à chacun un billet de 20 euros en guise pourboire. Juste avant de sortir, le médiateur interstellaire fait allusion à un camarade resté en bas de l'immeuble pour garder le camion, ce qui ressemble à une tentative de m'extorquer un troisième billet. Je me contente de lui ouvrir la porte avec le sourire niais du gars qui n'a pas compris, et prie très fort intérieurement pour que nos affaires arrivent intactes à destination.

Curieusement, les choses se sont beaucoup mieux passées pour la livraison au Québec. j'ai obtenu un rendez-vous pour seulement deux jours après mon appel, et les déménageurs étaient là une heure plus tôt que prévu. J'en conclus que la personne qui gère les dossiers de ce côté ci de l'Atlantique est un peu plus sérieuse et moins désorganisée que son homologue en France. Cela ne rattrape toutefois pas complètement les sueurs froides que nous avons eues pour la première partie du déménagement. Je ne pense pas que je recommanderai cette société à mes amis, à moins qu'ils aient 35 ans d'expérience en méditation zen ou de conséquentes réserves de tranquillisants.

Jeu des 342 erreurs

Je suis en train d'écrire le récit palpitant du déménagement de nos affaires de la France vers le Québec, mais ça me prend plus de temps que prévu. Pour patienter, voici deux photos représentant respectivement ce que nous apercevions de la fenêtre de notre salon à Paris, et de la même pièce à Montréal.

Avant Après

Peintu-rage

Certains peintres en bâtiment de Montréal semblent atteints d'un mal curieux qui altère leur mémoire, leur perception et la coordination de leurs mouvements.

J'ai découvert un premier indice de ce fléau dans la cuisine de l'appartement que nous avons loué le mois de notre arrivée dans la tour Trylon. Malgré tous nos efforts, la porte du placard au dessus de l'évier refusait ostensiblement de rester fermée plus de deux secondes. Dès qu'on la lâchait, Elle s'entrebâillait subrepticement, au risque de fendre le crâne de la personne se levant un peu trop brutalement après avoir jeté un emballage à la poubelle.

Après une étude minutieuse du meuble fautif, j'ai constaté que le crochet placé à l'intérieur de celui-ci et censé maintenir la porte fermée était recouvert d'une épaisse couche de peinture, ce qui l'empêchait de remplir son office. Quel virus était assez puissant pour brouiller l'esprit d'un ouvrier spécialisé, l'amenant à oublier qu'il faut retirer la quincaillerie d'un meuble avant de le repeindre ?

A ma grande frayeur, j'ai découvert quelques semaines plus tard en voulant tester notre abonnement chez Bell Canada dans notre nouveau logement que l'épidémie s'était répandue jusqu'à la Côte-des-Neiges. La vue sans doute brouillée par une crise aiguë de cette sournoise maladie, les travailleurs qui avaient rénové l'appartement avaient partiellement bouché toutes les prises de téléphone avec de la peinture, au point qu'il fallait forcer sur la fiche pour la brancher.

C'était de toute façon inutile puisque je n'avais aucune tonalité. J'ai donc appelé Bell pour les informer du souci, lesquels nous ont envoyé un technicien le lendemain. Pour régler le problème, il a suffi à celui-ci de dévisser un petit boîtier fixé à la plinthe d'un mur de l'entrée et de brancher dans ce dernier un câble qui pendait juste au dessus, exhibant fièrement trois fiches dénudées. Les badigeonneurs avaient semble-t-il retiré ce dernier pour peinturer derrière, mais avaient oublié de le replacer.

Bien qu'extrêmement troublé par cette accumulation de preuves irréfutables, j'ai réussi pour un temps à me convaincre qu'aucune maladie ne sévissait dans le coin et que je tirais des conclusions hâtives de quelques coïncidences. Cette certitude s'est malheureusement effondrée ce soir, quand j'ai découvert que le bouton de la sonnette de l'entrée était soudé à son socle par de la peinture séchée, la rendant inutilisable.

Depuis, je ressasse régulièrement ces interrogations angoissantes : d'où peut bien venir ce mal inquiétant qui semble diminuer les facultés psychiques de plusieurs peintres à Montréal ? Pourquoi ne toucherait-il que les peintres ? Est-il contagieux ? Dois-je me barricader avec ma table Ikea et poser un masque sur mon visage lorsqu'une personne viendra frapper à notre porte en disant qu'elle doit repeinturer le plafond ?

Cherche Ikea désespérément

Histoire de peupler notre appartement désespérément vide et de tailler dans nos économies d'immigration, nous sommes partis jeudi dernier pour Ikea dans le but d'acheter quelques meubles. Le seul magasin de Montréal se trouve dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à l'ouest de l'île. Bien que l'arpentage intensif de la ville depuis trois semaines ait sensiblement musclé nos cuisses et nos mollets, nous rendre sur les lieux à pied était assez peu réaliste. Nous avons donc pris le métro orange jusqu'à la station Du Collège, puis embarqué dans le bus 214 en direction de Dawson. Nos efforts pour écarquiller nos yeux au mépris des risques de conjonctivite se sont malheureusement avérés vains, puisque nous avons aperçu trop tard le bâtiment bleu et jaune que nous recherchions. Nous sommes donc descendus à l'arrêt suivant, perdu au coeur d'une zone industrielle jouxtant l'autoroute de la Cote-de-Liesse.

Perdus dans la zone

La solution la plus sage semblait de faire à pied le trajet du bus en sens inverse jusqu'à la zone où nous avions aperçu le magasin convoité. Nous devions dans ce but marcher sur un trottoir assez large pour ne pas nous faire écraser par les véhicules arrivant à toute allure en sens inverse, mais pas suffisamment pour conjurer ma phobie des grosses machines qui font vroum vroum. A mon grand soulagement, nous avons pris ensuite une rue beaucoup plus calme pour nous rapprocher de notre objectif. Celle-ci débouchait cependant par malheur sur la très passagère route transcanadienne. Quelques mètres plus loin, nous trouvions un indice que nous étions sur la bonne voie.

Une lueur d'espoir

Cinq minutes plus tard, nous étions arrivés en un seul morceau à notre destination, une heure après avoir été déposés par le bus.

Ikea, Enfin !

Nous avons enfin pu acheter le lit, la table, les chaises et les accessoires dont nous avions besoin pour nous installer enfin dans notre nouveau domicile. L'intérieur de tous les Ikea étant quasiment identique, nous ne nous sommes pas sentis plus dépaysés que si nous nous étions trouvés à Evry ou Velizy. C'en était presque angoissant.

Soulignons toutefois un service que je n'avais pas remarqué en France : la mise à disposition à la cafétéria d'un espace spécialement prévu pour étrangler les enfants qui font la course dans le magasin avec les chariots.

Espace d'étranglement

Notre visite nous a malheureusement prouvé que peu de parents tiraient profit de cette louable initiative.

Ma baraque au Québec

La demande de bail que nous avons effectuée pour le logement du quartier Côtes-Des-Neiges a été acceptée. Depuis vendredi soir, nous sommes officiellement locataires d'un grand 3 1/2 rue Linton. J'ai profité de la signature des papiers et de la remise des clefs pour faire quelques photos.

L'entrée de l'immeuble :

L'entrée de l'immeuble

L'entrée de l'appartement :

L'entrée de l'appartement

La pièce principale :

La pièce principale

La cuisine :

La cuisine

La (petite) salle de bain :

La (petite) salle de bain

Je réalise avec stupéfaction que j'ai oublié de prendre une photo de la chambre. Nous attribuerons cette omission à une manifestation de mon subconscient pour préserver mon intimité sérieusement éraflée par l'exhibition de ma vie privée sur ce blog.

Un détail que ne peut fidèlement reproduire mon appareil photo dénué d'objectif grand angle est la taille immense des pièces dont n'oserait rêver le parisien moyen, même sous ecstasy. Le loyer est de 710 $ par mois, eau chaude et chauffage compris. Sans être une excellente affaire, c'est un prix tout à fait correct vu le bon état de l'appartement. A titre de comparaison, mon dernier logement à Paris, un peu plus petit, nous coûtait 1160 € par mois la dernière année.

Bien que je trouve l'aménagement actuel des pièces très zen, il va maintenant falloir que nous les remplissions de quelques meubles. Il nous faudra dans ce but beaucoup magasiner car nous nous sommes débarrassés de tous ceux que nous avions en France avant de partir. Notre patrimoine mobilier étant essentiellement composé de produits bas de gamme Ikea et Conforama, le coût pour les envoyer ici aurait été bien supérieur à leur valeur.

NB : Le titre de ce billet a pour unique but d'éviter d'utiliser le classique "Ma cabane au Canada", poncif que servent lamentablement tous les blogueurs expatriés dans ce pays (y compris moi). Si vous arrivez à le prononcer 10 fois sans bafouiller, vous êtes un dieu de l'articulation.

De Jean Talon à Côtes-Des-Neiges

Notre première semaine à Montréal nous a permis de nous habituer à notre nouvel environnement et d'effectuer diverses démarches administratives. Depuis lundi, nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure en commençant à chercher un appartement. Afin de nous faciliter la tâche, nous nous sommes abonnés pour un mois au site alouer.voir.ca qui nous donne accès aux nouvelles annonces de locations soumises chaque jour au journal gratuit Voir. Ces dernières n'étant publiées que le jeudi, les trente dollars que nous avons déboursés nous donnent une avance non négligeable sur les personnes que la fracture numérique condamne à se contenter de la version papier.

talon1.jpg talon2.jpg talon3.jpg

Mardi, nous avions déjà obtenu deux rendez-vous. A 14h00, nous devions visiter un 4 1/2 et un 3 1/2 situés dans le même immeuble, rue Lajeunesse, près du métro Jean Talon. Pour les lecteurs n'ayant pas suivi les épisodes précédents, je rappelle que les Québécois comptent la cuisine comme une pièce et la salle de bain comme une demie. Un 4 1/2 correspond donc à un F3 (je vous laisse faire la conversion pour un 3 1/2 en guise d'exercice). Nous sommes arrivés un peu en avance, mais l'accueillante propriétaire de l'immeuble a bien voulu nous faire visiter les logements tout de suite.

Le 4 1/2 faisait facilement 60 mètres carrés et était proposé pour un loyer de 750 $ par mois (chauffage inclus). A Paris, une telle somme permet aujourd'hui de s'offrir un magnifique cagibi au sixième étage d'un bâtiment sans ascenseur. Le 3 1/2 devait avoir une surface d'environ 50 mètres carrés mais était proposé à 600 dollars seulement. Un aspect nettement moins attrayant de ces habitations était incarné par leurs salles de bain respectives. Si l'on pouvait s'accommoder de leur taille modeste, chose assez courante au Québec, il était plus difficile de faire abstraction de leur état de saleté. Une épaisse couche de tartre recouvrait une bonne partie du lavabo et de la baignoire, attestant qu'ils n'avaient pas dû être nettoyés depuis la démission de Lucien Bouchard. Pire, j'ai dû tirer la chasse d'eau des toilettes dans le 4 1/2 afin d'en faire disparaître un mégot en état de décomposition avancé.

Après avoir quitté la maîtresse des lieux, Io et moi étions toutefois d'accord pour prendre l'un des deux appartements, tout en sachant que le remettre dans un état de salubrité tolérable nous demanderait une expertise au moins équivalente à celle de Danièle et Béatrice. Nous avions en effet prévu de privilégier ce quartier où nous avons quelques amis, la proximité du marché Jean Talon étant également un élément important. Pour avoir un point de comparaison, nous avons néanmoins maintenu notre second rendez-vous prévu à 16h00.

cdn1.jpg cdn2.jpg cdn3.jpg

La deuxième adresse que nous devions visiter était un grand 3 /12 situé dans le quartier Côte-des-Neiges. Le trajet entre le métro homonyme et le logement nous a paru un peu trop long pour être supportable en hiver. Nous nous étions en outre sensiblement éloignés des nombreux commerces que l'on peut trouver aux alentours de la station. La concierge, une chaleureuse jeune femme coiffée de dreadlocks, nous a montré l'appartement qui s'est avéré beaucoup plus agréable que ceux que nous avions vu quelques heures plus tôt. Les pièces étaient immenses et la cuisine disposait d'un large plan de travail courant sur trois murs. Le tout paraissait de plus parfaitement propre et relativement neuf. Io était complètement sous le charme. J'étais en revanche un peu inquiet par l'absence de métro à proximité qui peu conduire à l'isolement. De retour à la tour Trylon, nous avons heureusement découvert sur le site de la STM une ligne de bus passant à deux pas de l'immeuble et desservant les stations Outremont et Rosemont en vingt minutes. Nous avons donc déposé aujourd'hui une demande de location pour laquelle nous devrions avoir une réponse en fin de semaine.

Syndiquer le contenu