démarches
Emersion provisoire
Soumis par Ian le jeu, 05/10/2006 - 18:22.Je profite d'un inespéré retour à la vie de la connexion Internet de la tour Trylon pour poster une synthèse de mon début de semaine.
Lundi
Io et moi nous sommes rendus à la Caisse Desjardins dans le but d'ouvrir un compte bancaire et prendre une assurance habitation pour notre nouvel appartement. La jeune femme de l'accueil était très moyennement agréable. Afin de pouvoir bénéficier de l'immense privilège de déposer notre argent dans la société, elle nous a tendu une feuille de papier mal photocopiée où l'on nous demandait une flopée d'informations. En plus de notre NAS, d'une copie de nos pièces d'identité et du nom de notre employeur, ce qui est habituel au Québec en pareille occasion, nous devions carrément fournir les coordonnées de notre banque en France ainsi que nos numéros de carte bleue, ce qui l'est moins. Nous avons ensuite appris qu'il s'agissait simplement d'une demande préliminaire. Un conseiller devait nous appeler dans le courant de la semaine pour prendre rendez-vous, voire la semaine suivante. Personne n'étant disponible pour nous vendre une assurance, l'employée peu avenante nous a laissé la carte de la responsable pour appeler plus tard. En sortant de l'établissement, j'ai réalisé que la qualité de l'accueil avait sérieusement entamé mon moral.
Nous nous sommes alors installés dans un café Van Houtte qui propose gratuitement une connexion Internet sans fil. En buvant mon cappuccino, j'ai pu sans encombre ouvrir un compte d'électricité sur le site d'Hydro Québec. La demande d'une ligne téléphonique sur le site de Bell Canada a été plus complexe. J'ai dû en effet contourner un bug de l'interface qui m'empêchait de sélectionner la province de mon domicile à l'aide de l'extension webdeveloper de Firefox.
Mardi
Le matin, nous avons reçu un message de Bell et d'Hydro Québec nous indiquant que nos abonnements étaient activés. L'après-midi, j'ai téléphoné à l'agente de la caisse Desjardins pour obtenir notre assurance. Quand je lui ai donné mon nom, cette dernière m'a informé que je devais près de 70 dollars de facture impayée pour la police à laquelle j'avais souscrit lors de mon précédent séjour en tant qu'étudiant. Une fois ma stupeur passée et après avoir un peu discuté avec l'employée, j'ai compris que l'assurance était reconduite tacitement, bien que je n'aie rien décelé de tel dans le contrat. La caisse m'a ainsi envoyé une lettre en octobre 2001 pour m'avertir du renouvellement alors que j'étais rentré en France trois mois auparavant. Ne recevant aucun paiement, elle a fini par annuler mon contrat en décembre. Cette mésaventure prouve qu'il faut toujours vérifier deux fois que tous les abonnements ont été fermés avant de quitter un pays. Par bonheur, l'agente a été très conciliante.Convaincue de ma bonne foi, elle m'a proposé de faire un geste commercial pour la facture impayée. Elle a toutefois requis que je signe un papier l'autorisant à fouiller dans mon passé financier, afin de s'assurer que je n'avais aucune dette, crédit ou passé de blanchisseur d'argent de la drogue qui pourrait nuire à mon dossier. Une proposition que je ne pouvais pas refuser.
Mercredi
Je suis passé avec Io signer mon papier à la caisse Desjardins en fin de matinée. Nous n'avions en revanche toujours aucune nouvelle du rendez-vous que nous attendions pour ouvrir un compte bancaire. Ce dernier s'avérait pourtant de plus en plus indispensable. Nous souhaitons en effet pouvoir rapidement payer notre loyer par chèque plutôt qu'en petites coupures, ainsi qu'être en mesure de régler nos factures de téléphone et d'électricité par prélèvement automatique. Finalement, nous avons décidé d'ouvrir nos comptes à la Banque de Montréal chez qui j'étais déjà client lors de mon séjour étudiant. Nous avons obtenu un rendez-vous le jour même. L'employé qui s'est occupé de nous était très courtois et souhaitait visiblement que nous comprenions toutes les subtilités du contrat qu'il nous proposait. Ca change de notre expérience des banques françaises.
Le jeudi, nous sommes allés à Ikea. Avec un peu de chance, j'aurai de l'Internet demain pour raconter cette épopée d'une intensité dramatique encore plus grande que ce que vous venez de lire.
Pris dans la NAS
Soumis par Ian le dim, 01/10/2006 - 17:30.Parmi les multiples démarches qui lui incombent, l'immigrant fraîchement débarqué au Québec a tout intérêt a obtenir en priorité un numéro d'assurance social (NAS) et à s'inscrire à la régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).
Le code NAS est un nombre magique de 9 chiffres ayant pour fonction d'identifier chaque résident canadien dans le monde du travail. En théorie, son propriétaire doit le transmettre uniquement à son employeur ou aux services gouvernementaux, par exemple, pour demander une allocation chômage. Le communiquer à d'autres personnes ou organismes est formellement déconseillé. L'intérêt de disposer d'un identifiant unique pour traquer les mauvais payeurs n'a toutefois pas échappé à tout le monde. Dans la pratique, ce numéro est en effet fréquemment demandé par les propriétaires avant la signature d'un bail de location, ou par diverses entreprises telles que la compagnie d'électricité Hydro-Québec ou l'opérateur de câble Vidéotron. Bien sûr, chacun est libre de refuser de révéler cette information, mais je crains que cette attitude engendre la suspicion.
Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'Io et moi nous soyons rendus dans les bureaux du ministère des ressources humaines et du développement social (RHDSC) dès le lundi suivant notre arrivée, dans le but de nous procurer le précieux NAS. A l'issue d'une éprouvante marche sur le boulevard Maisonneuve Ouest dont nous avions sous-estimé la longueur, nous avons trouvé sans peine les locaux de l'administration convoitée. Nous sommes entrés dans une grande salle munie de nombreux sièges où patientaient quelques dizaines de personnes. Au comptoir de l'accueil, une employée a vérifié nos passeports et nos certificats de résidence permanente. Elle a ensuite désigné une rangée de chaises qui trônait à sa droite : "Asseyez-vous, on va vous appeler par votre nom". Au moment où nous allions suivre son conseil, elle a cependant ajouté "Il y a deux heures ou deux heures et demi d'attente environ. Désolée."
Après 127 longues minutes durant lesquelles j'ai eu tout le loisir d'observer les autres personnes attendre leur tour avec une patience surnaturelle, me reprocher d'avoir oublier d'emmener un livre, et regretter de ne pas avoir encore pu m'acheter une Nintendo DS, une employée du RHDSC nous a finalement demandé de la suivre. La suite des opérations s'est heureusement déroulée avec une efficacité remarquable. Dix minutes plus tard, nous quittions les lieux, chacun avec un joli numéro d'assurance sociale imprimé sur une feuille de papier. Un peu plus d'une semaine plus tard, nous recevions notre carte définitive dans la boîte au lettre. Les Canadiens n'ont toutefois pas l'habitude de jeter négligemment celle-ci dans leur portefeuille entre leur CAM et leur carte de fidélité de chez Paré. La plupart du temps, ils apprennent leur NAS par coeur et laissent leur carte chez eux, à moins d'avoir besoin de fournir une preuve de leur numéro.
Nos démarches d'inscription à la RAMQ méritent un billet à elles-seules. J'aborderai donc le sujet une prochaine fois.
Le parcours de l’immigrant
Soumis par Ian le sam, 23/09/2006 - 19:11.Comme je l'ai précédemment évoqué, Io et moi avons atterri à Montréal le 15 septembre dernier à 15h20 (heure de Montréal). Après avoir passé plus de sept heures dans l'avion sans pouvoir allonger mes jambes ni me gratter l'oreille de peur de donner un coup de coude dans l'oeil de ma voisine de droite, mon voeux le plus cher était d'arriver rapidement à notre hôtel afin de dormir dans un vrai lit. En tant que nouveaux résidents permanents, il nous fallait cependant passer quelques ultimes épreuves avant de quitter l'aéroport.
La première étape consistait bien sûr à passer le poste frontière. Celle-ci s'est avérée très rapide puisque l'officier s'est contenté de vérifier le visa de notre passeport.
Alors que la plupart des passagers se dirigeaient vers le carrousel pour récupérer leurs bagages, nous devions ensuite nous présenter dans le bureau de l'immigration canadienne. Là, un sympathique employé nous a fait remplir notre certificat d'acceptation et nous a remis un guide intitulé "Bienvenue au Canada, ce que vous devriez savoir". Ce dernier contient de nombreuses informations intéressantes sur le fonctionnement de notre pays d'accueil (système de santé, formalités administratives, etc). Notre interlocuteur a également noté notre adresse afin de nous envoyer notre carte de résident permanent. Celle-ci nous permettra éventuellement de voyager à l'étranger et de revenir au Canada tout en conservant notre statut.
Nous nous sommes ensuite rendus dans les locaux de l'immigration québécoise où un employé nous a donné une seconde brochure baptisée "Apprendre le Québec, guide pour réussir mon intégration". Ce document fournit des informations pratiques et administratives sur la province et se montre moins spartiate que la version canadienne. Il se présente comme un carnet de bord que l'immigrant est encouragé à remplir durant les premiers mois qui suivent son arrivée. Il dispose ainsi d'une liste de démarches à effectuer avec des cases à cocher au fil de sa progression, ou des espaces laissés en blanc pour noter les différents emplois qu'il aura obtenus au Québec. L'employé de l'immigration nous a expliqué que ce guide est très récent et a été créé pour aider les immigrants qui perdent parfois pied dans leur nouveau milieu. En raison d'une rupture de stocks, nous n'avons malheureusement pu en avoir qu'un seul pour deux. Le fonctionnaire nous a expliqué que nous pourrions en demander un autre lors de la réunion d'information organisée par le MICC. Il a néanmoins souligné qu'y assister n'était pas indispensable puisque j'avais déjà passé un an au Québec. J'ai eu un peu de mal à le convaincre que cette rencontre pouvait quand même nous être utile. J'en suis arrivé à me demander s'il ne voulait pas nous dissuader d'y participer en raison d'un manque de places. Nous avons néanmoins pu obtenir un rendez-vous pour une de ces réunions, l'employé nous rappelant bien que nous pouvions annuler plus tard en cas d'empêchement.
Après un rapide passage pour récupérer nos bagages et le chat prostré dans sa boîte, il nous restait à franchir l'ultime étape de la douane. Celle-ci était pour moi la plus angoissante, car je ne savais pas ce que nous devions inclure exactement dans notre déclaration, ni sous quelle forme présenter cette dernière. En plus des bagages que nous emmenions avec nous, il nous fallait en effet mentionner les affaires qui nous rejoindront par bateau dans quelques semaines. Fournir la liste générique que j'avais déjà donnée au déménageur ainsi qu'un inventaire des objets de valeur que nous emmenions avec nous (ordinateur, appareil photo numérique, iPod, ...) s'est heureusement avéré suffisant. Après avoir payé trente dollars de racket frais de contrôle des vaccins pour le chat, nous avons donc enfin pu prendre un taxi en direction du centre-ville, moins de deux heures après notre atterrissage.
Finalement, ce parcours s'est déroulé bien mieux que je ne l'imaginais. J'ai déjà vécu des moments plus terribles avec des agents de sécurité américains considérant les guitares comme des armes de destruction massive.



