Archive - juin 2007
Bonne nuit la Pythie
Soumis par Ian le mer, 27/06/2007 - 15:38.Malgré les nombreux courriels et commentaires postés par mes groupies se demandant si je suis sorti indemne du Parc des Maringouins, je me vois contraint de retarder la publication du bilan de mon camping. A mon retour, j'ai en effet vécu une révélation tellement fracassante sur mon karma, une analyse tellement fine de mes méandres cérébelleux que je me sens incapable d'écrire le moindre billet sans en avoir auparavant rendu grâce à son initiateur.
En consultant les statistiques de mon blog lundi soir après trois jours de jeûne informatique, j'ai découvert qu'une personne était arrivée sur celui-ci grâce à un lien publié sur le site bienvenue-au-quebec.com. L'ego tout frétillant, je me suis rendu à l'adresse en question pour savoir ce qu'on disait de moi, et je suis tombé sur la présentation suivante :
Site de maudit francais.com
Site d’un petit Français fraîchement débarqué de la Belle Province, aimant bien manier la prose. Cependant, l’émerveillement de départ laisse progressivement la place à une triste réalité concernant le pauvre avenir qui l’attend au Québec. Pronostic de départ du Québec : au plus tard fin 2009.
Les erreurs factuelles qui parsèment ce résumé malgré sa brièveté auraient pu me rebuter. Je mesure par exemple 178 centimètres, ce qui, au regard de la moyenne nationale de 175, fait de moi un grand Français et non un petit (je refuse de penser que cet adjectif ait été employé pour marquer de la condescendance). L'auteur semble en outre ignorer que j'ai vécu un an au Québec entre 2000 et 2001 avant d'y immigrer, ce qui ne fait pas de moi un fraîchement débarqué. J'ai néanmoins pardonné ces oublis. La vie serait bien compliquée si on devait se renseigner sur les gens avant de parler d'eux. J'ai moi-même craché pendant des années sur les toiles de Laurent Jalabert avant d'apprendre qu'il ne peignait pas.
Ce qu'il faut saluer avant tout, c'est la perspicacité de l'auteur qui lui a permis de deviner non seulement que j'aimais manier la prose, ce qui était facile, mais aussi de déceler dans mes billets un émerveillement laissant place à une triste réalité sur mon pauvre avenir sans que je m'en sois aperçu moi-même, ce qui est nettement plus balèze. Il y a à peine quelques jours, je pensais que le ton de mes billets variait au gré de mes humeurs sans verser dans un pessimisme ou un optimisme excessif. Ils illustraient selon moi les dictons aussi stupides que "Il y a des jours avec et il y a des jours sans" ou "Après la pluie le beau temps". À présent que j'ai lu cette brillante synthèse de mon site, il est incontestable que je glisse inexorablement sur une pente qui me mènera à l'alcoolisme, au suicide, à la prostitution ou au militantisme UMP. J'en viendrais presque à désespérer si l'auteur de bienvenue-au-quebec.com n'indiquait généreusement la date de mon départ sans m'avoir jamais rencontré, alors que je ne sais même pas ce que je vais manger demain midi.
Merci et bravo !
Sincèrement.
Sus aux maringouins
Soumis par Ian le ven, 22/06/2007 - 16:37.Samedi matin, Io et moi partons en camping dans la jungle de la Mauricie avec une douzaine de camarades de lutte. J'aimerais pouvoir promettre que je reviendrai intact de cette expédition insensée mais rien n'est moins sûr. Plus que les ours bruns dont j'arrive à calmer l'agressivité d'un simple regard foudroyant, ce sont mes retrouvailles avec les maringouins que je redoute le plus. Lors de mon dernier passage en ces lieux, ceux-ci avaient été tellement séduits par ma peau suave et délicate qu'ils l'avaient attaquée sans relâche pendant soixante-douze heures. A la fin de mon séjour, mes bras et mes jambes étaient si rouges et boursouflés qu'on aurait pu les confondre avec le visage d'un fan d'Amel Bent.
Il est pourtant hors de question que je rate un week-end de camping avec mes amis à cause d'une bande de créatures vrombissantes prouvant à elles seules l'inexistence d'un dieu miséricordieux. J'ai donc pris quelques mesures drastiques pour me préserver de leurs attaques :
1 : Porter des vêtements clairs
Les moustiques sont attirés par les couleurs sombres. Troquer mes éternels T-shirts noirs pour des tons plus vifs devrait réduire mon sex appeal auprès de ces bestioles.
Inconvénient : Je risque de passer pour un fan de skate.
2 : Me laver avec un savon et un shampoing à la citronnelle.
Il est de notoriété publique que l'odeur de la citronnelle écoeure les moustiques. M'en recouvrir de la tête aux pieds est un bon moyen de les faire fuir.
Inconvénient : L'odeur de la citronnelle fait aussi fuir ma blonde.
3 : M'enduire régulièrement d'aloe vera
Cette plante a le même effet répulsif pour les moustiques que la citronnelle.
Inconvénient : Inconnu pour le moment
4 : M'asperger de DEET
Ce produit désoriente totalement les maringouins et les mouches noires tout en inhibant leur instinct piqueur.
Inconvénient : Fait fondre le plastique, potentiellement cancérogène. A n'utiliser qu'en dernier recours.
5 : Appliquer de l'After Bite sur mes piqûres
J'aimerais ne pas avoir à me servir de ce dernier accessoire car cela signifierait que toutes les précautions évoquées ci-dessus se sont avérées inefficaces.
Inconvénient : Odeur d'ammoniaque encore plus répulsive que la citronnelle pour tout être humain pourvu d'un odorat fonctionnel.
Je ne manquerai pas de vous faire un bilan de l'efficacité de ces diverses méthodes si je survis.
Conte presque d’été
Soumis par Ian le lun, 18/06/2007 - 16:12.Jeannot Lapin habitait un terrier cossu situé à deux pattes du village des Schtroumpfs. Outre le nom on ne peut plus banal pour un léporidé dont l'avaient affublé ses parents, il se caractérisait par une pratique opiniâtre de la peinture artistique. Pas un jour ne s'écoulait sans qu'il ne fixe sur la toile l'oeil farouche d'un sanglier sur le point de charger un promeneur ou un flamboyant coucher de soleil sur les maïs génétiquement modifiés du champ d'à côté. Cette activité ne lui apportait néanmoins pas le moindre rond de carotte. Il dut donc se résoudre un jour à chercher un emploi afin de payer sa ration quotidienne de trèfles et son abonnement au câble Vidéotron.
Après quelques démarches infructueuses auprès de Walt Disney et de Pâques Industries, Jeannot trouva finalement un poste de concepteur de motifs de papier peint pour une filiale de Trois Petit Cochons Ltée. Le travail s'avéra assez ingrat. Alors qu'il avait l'habitude de choisir avec soin la toile sur laquelle il immortaliserait la scène émouvante d'un chasseur se tirant une balle dans le pied, il devait désormais se contenter d'un support rustre et irrégulier qui dénaturait et enlaidissait systématiquement toutes ses tentatives artistiques.
Le calvaire le plus dur à subir était toutefois sa collègue Ginette la Fouine. Celle-ci prenait très au sérieux son métier qui consistait à sonder les habitants de la forêt afin de définir le thème des papiers peints qui inonderaient prochainement tous les gîtes, terriers, nids et tanières de la contrée. Malgré un premier contact positif, Jeannot ne tarda pas à découvrir que sa collègue avait la sensibilité artistique d'un protozoaire, et qu'elle maîtrisait autant les techniques graphiques qu'il dansait bien le Charleston. Pire, elle était persuadée d'être une experte dans le domaine et se permettait de lui donner des leçons sur son propre métier alors qu'elle n'y comprenait rien. Si les ornements quétaines qu'elle avait imaginés pour une tapisserie étaient immondes après l'impression, c'était parce que Jeannot n'avait pas utilisé le bon crayon. Si ce dernier lui expliquait qu'il était impossible de simuler plusieurs couleurs avec seulement du noir, elle lui répliquait étonnée que c'était très facile et qu'il suffisait qu'il utilise correctement l'encre. Toute protestation était systématiquement interprétée comme de la mauvaise volonté.
Une telle association ne pouvait que provoquer de méchantes étincelles. Au bout de quelques mois, Jeannot ne pouvait plus imaginer la tête de Ginette la fouine autrement qu'en guise de trophée accroché au mur. Il ne supportait plus de dessiner des motifs d'hippopotames roses avec des ailes de chauve-souris volant sur un fond jaune fluo, ni de passer ses nuits à griffonner des milliers de fourmis différentes sur un gabarit parce que Ginette voulait que le papier peint ne se répète que tous les trente kilomètres. L'irritation de Jeannot atteignit son apogée lorsqu'il apprit que la plupart des habitants de la forêt trouvaient les papiers peints hideux mais qu'ils s'en contentaient parce que Ginette leur disait qu'il ne savait pas dessiner autre chose.
Au bord de la dépression et de la fouinicide, Jeannot finit par annoncer à sa chef Colette la Chouette qu'il ne supportait plus Ginette et qu'il souhaitait quitter la compagnie. Triste qu'il en arrive à cette extrémité et anxieuse de ne pouvoir trouver rapidement un nouveau dessinateur, elle lui demanda de rester en lui promettant d'arranger les choses. "Il y a forcément moyen de trouver un terrain d'entente, dit-elle. Nous ne sommes pas des humains". Jeannot accepta donc de faire pour le lendemain une liste des choses qu'il fallait faire pour améliorer l'atmosphère de travail, tandis que Ginette s'engagea à faire la même chose de son côté. Il avait toutefois l'impression que le point de non-retour était atteint, et qu'il était parfois plus sage d'achever le hérisson agonisant après s'être fait bousculer par une voiture que de s'acharner à lui faire du bouche à bouche.
Qu'auriez-vous fait à la place du lapin ?
Argent trop cher
Soumis par Ian le dim, 17/06/2007 - 15:26.Bien que cela puisse surprendre, les Français qui viennent s'installer au Québec ne sont pas uniquement motivés par la chasse aux caribous montréalais, la découverte d'une langue pittoresque ou les émissions hilarantes d'Éric Salvail. Beaucoup d'entre eux sont surtout frustrés du montant figurant au bas de leur fiche de salaire et sont persuadés que le pragmatisme qui prévaut en Amérique du Nord leur permettra de jouir enfin d'une rémunération à la hauteur de leur talent. Ce calcul n'est pas très pertinent à court terme, car entre les frais de dossier d'immigration, le billet d'avion et l'achat ou l'acheminement de meubles, le nouveau résident a nettement plus de chances de perdre de l'argent que d'en gagner. A long terme, l'obtention d'un emploi bien payé dépend de nombreux critères (reconnaissance des diplômes, profession exercée, acceptation par les ordres professionnels, etc.) L'immigrant qui ne se soucie pas de ces éléments et imagine qu'il peut compter sur le seul dynamisme de l'économie canadienne pour doubler son salaire présente un terrain favorable pour le SPE.
Bénéficiant quant à moi de revenus qui, sans être époustouflants, me permettent de bénéficier au moins du superflu, la seule chose que je demande à mon salaire est de suivre l'inflation. J'ai compris que lorsqu'on a pris soin d'éviter les pièges dispendieux et inutiles que sont le tabac, l'automobile, les enfants et la surconsommation, on peut vivre confortablement avec un salaire moyen, tout en mettant de l'argent de côté pour pallier les imprévus. Bien plus que d'argent, c'est de temps que je suis avide. Je ne supporte pas que l'on me le fasse perdre inutilement. Par exemple, je ne décolère pas d'avoir dû passer tout mon samedi et une partie de mon dimanche sur mon lieu de travail pour terminer un projet en retard. Si cette situation avait été entièrement de ma responsabilité, j'aurais sans doute pris sur moi, mais j'ai la désagréable sensation qu'elle ne se serait pas produite si certaines personnes avaient fait correctement leur travail. La méthode chaotique adoptée pour préparer les futurs projets annonçant un avenir encore plus sombre pour ma vie sociale et les mises à jours de ce blog, il est sans doute temps de quitter le navire.
Réservé aux bédéphiles
Soumis par Ian le mer, 13/06/2007 - 17:14.Il y a quelques années, je parlais sur ce blog du dessinateur américain (et non canadien comme je le croyais à l'époque) Joe Matt. Ce dernier a raconté dans sa bande dessinée autobiographique "The poor bastard" qu'il était très attiré par une amie de sa blonde, ce qui lui a finalement valu de se faire jeter par cette dernière. J'ai eu un choc ce soir en trouvant une interview (en anglais) de l'amie en question, qui n'a appris que quelques années plus tard qu'elle était représentée dans une BD. Elle n'est pas très tendre avec mon auteur fétiche.
L’appât de Lachine
Soumis par Ian le dim, 10/06/2007 - 11:57.Samedi dernier, Io et moi sommes allés nous promener dans le parc des Rapides, qui doit son nom aux Rapides de Lachine qui le longent. Nous avions initialement prévu de faire une balade du côté de l'Île Sainte-Hélène, mais la proximité de l'Île Notre-Dame où se déroulait le Grand Prix de Formule 1 de Montréal laissait présager une affluence incompatible avec notre désir de tranquillité.
Ce parc est en fait une bande de verdure d'environ 5 km de long sur une largeur de deux ou trois-cent mètres. Ces dimensions un peu bizarres ne l'empêche pas de servir de refuge à de nombreux oiseaux migrateurs et pêcheurs sédentaires.
Nous avons particulièrement apprécié la petite presqu'île verdoyante qui permet d'arriver tout au bord des rapides.
Alors que nous nous reposions sur cette dernière de notre longue marche, nous avons aperçu un ignoble volatile qui essayait de faire la peau à un orvet. Je laisse le soin aux Québécois ornithophiles de donner le nom de ce fauve à plumes.
En nous approchant, nous avons remarqué qu'il ne s'agissait pas d'un orvet mais d'une magnifique couleuvre rayée. Celle-ci a heureusement échappé à son bourreau répugnant.
J'aurais bien pris plus de photos, mais je n'avais prévu que deux piles de rechange pour mon appareil alors que ce fumier en exige quatre. J'ai tout de même pu utiliser un cliché pour illustrer le nouvel habillage bucolique de ce blog. C'est loin d'être parfait mais j'étais tanné de voir l'image de Montréal dans la neige alors que l'hiver est fini depuis longtemps.
Création de la liste de diffusion
Soumis par Ian le sam, 02/06/2007 - 09:31.Mes fidèles disciples allergiques au RSS peuvent désormais être avertis par courriel des mises à jour de ce site en s'inscrivant à la liste de diffusion. Elle est pas belle, la vie ?



