Archive - mai 2007

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Exégèse

Comme d'autres génies contemporains, je m'aperçois régulièrement qu'une de mes visions à la rhétorique trop audacieuse a été mal appréhendée par le grand public. La densité conceptuelle de mon dernier billet consacré au syndrome post-échec a par exemple engendré quelques aberrations cognitives qui nécessitent d'urgentes rectifications. Avant de poursuivre, je tiens toutefois à préciser que ces malentendus ne sont en aucun cas dûs à une défaillance de mon lectorat, mais bien à mon incapacité à adapter la subtilité de mes écrits à l'intelligence moyenne de la population mondiale.

Une première erreur de jugement a été de croire que mon billet était destiné à régler mes comptes avec l'administrateur de je ne sais quel forum. C'est bien sûr totalement faux. Pour être honnête, je suis tellement subjugué par la pertinence de mes propres textes que je ne vois plus l'intérêt de lire ceux des autres. Les cadres de Bell m'ont récemment accordé une réduction de 15 % sur mon abonnement mensuel à Internet après avoir réalisé que je me connectais uniquement sur mauditfrancais.com. Malgré leurs indéniables qualités, les autres sites se sont donc progressivement dissipés de ma mémoire, à tel point qu'il m'est impossible de me souvenir du moindre rédacteur envers lequel je pourrais avoir une quelconque rancune ou animosité.

Une deuxième intention que l'on m'a prêté à tort est de présenter le Québec comme un lieu paradisiaque exempt de tout défaut. Il n'en est rien. Je suis bien conscient que, comme toutes les autres nations, celui-ci souffre de nombreux maux parmi lesquels on peut citer un système de santé public désastreux, des viaducs aussi solides qu'un ouvre-boîte de Dollarama, et, pire que tout, une cécité inimaginable de ses dirigeants qui fait qu'aucune institution publique n'a spontanément proposé de soutenir financièrement mon blog en dépit des bienfaits qu'il prodigue à l'humanité. La seule chose que j'ai souhaité démontrer est que le SPI et le SPE étaient deux facettes d'un même problème. Plus on idéalise le Québec en tant qu'immigrant aspirant avant le grand saut, plus on risque de le détester après quelques années de séjour.

Le troisième procès totalement infondé que l'on m'ait fait est de faire porter aux immigrés déçus tout le poids de leur échec. Calomnies ! Même si on peut difficilement nier qu'une personne à la psychologie fragile aura moins de chances de s'intégrer dans un pays étranger que, par exemple, moi, dont la combativité a inspiré plusieurs ouvrages sur le développement personnel, je ne pense pas que ce soit un critère déterminant. Le succès d'une immigration dépend beaucoup du hasard et des rencontres. Io et moi avons par exemple la chance inestimable d'avoir été acceptés à Montréal dans une bande d'amis tellement chaleureuse que j'en oublierais presque ma misanthropie. Par ailleurs, rentrer en France après avoir essayé de s'installer au Québec n'est un échec que si on le considère soi-même comme tel. Le seul fait d'avoir tenté l'aventure devrait suffire à se sentir grandi. Le plus important n'est pas de savoir si on pardonne ou non la société d'accueil pour ce rendez-vous manqué, mais de se pardonner à soi-même de n'avoir pu rester en se disant que l'on a fait de son mieux.

Je suis obligé de vous laisser car une meute de fans en délire est en train d'organiser une auto-immolation collective devant ma porte. J'espère sincèrement vous avoir transmis ne serait-ce qu'une parcelle de ma lumière intrinsèque par ce texte que je vous livre en toute humilité.

À la manière de …

Ami lecteur, ce billet a été fortement inspiré de celui d'un autre blogueur immigré. Sauras-tu le retrouver ?

Syndrome Post-Échec

Tous les immigrés français déçus du Québec sont plus ou moins gravement atteints d'une affection très commune : le Syndrome Post-Échec, ou SPE (PEF en anglais). Pour en avoir étudié les manifestations au fil des ans sur le web, c’est une maladie que je connais bien. Elle n’est pas douloureuse pour le malade, qui ignore son affection la plupart du temps, mais elle l’est pour ses proches et pour tous ceux qui n’en sont pas atteints. En voici les principaux symptômes :

Rejet du pays d'accueil

Dans l'attente d'un retour à la patrie qu'elle prévoit depuis longtemps pour bientôt, la victime du SPE développe très rapidement une véritable allergie au pays qui la faisait rêver jadis. Ici, tout est foutu, tout est pourri, rien ne pourra jamais y faire. Tous les efforts sont vains, le bateau coule, la seule et unique solution est la fuite. Tout ce qu’elle a pu trouver beau, agréable et intéressant dans le passé, elle le trouve maintenant laid, pénible et sans intérêt. La victime se demande même comment elle a fait pour vivre aussi longtemps dans un tel enfer.

Sublimation du pays d’origine

Dans le pays d’origine, par contre, tout était merveilleux. Contrairement à ses nouveaux compatriotes qui ne sont qu’une bande d’abrutis, les braves gens qui y vivent on su conserver les valeurs humaines essentielles. Contrairement au pays d’accueil, tout semble beau dans la contrée natale. Même la plus délabrée des universités, même le plus odieux des commerçants, tout brille de mille feux.

Mais le décor n’est pas le plus important. Ce sont surtout les amis et la famille que l'on a laissés qui comptent, leur merveilleux amour, leur soutien indéfectible, leur fidélité, leur sincérité, leur tolérance et tout un tas d’autres qualités ignorées par les nouveaux compatriotes du malade. La personne souffrant de SPE n’aura d’ailleurs de cesse que de se débarrasser de ses anciennes utopies pour, dans un magnifique élan patriotique, se réconcilier avec sa société d'origine.

Le malade se sent alors de plus en plus proche de son terroir. De retour de vacances dans ce paradis perdu qui est l’objet de tous ses regrets, l’immigré déçu ressentira la déchirure que seuls ressentent ceux qui s'exilent.

Rejet ou contournement de l'opinion des immigrants déjà installés

Le contact avec les immigrants ayant une meilleure expérience du pays d’accueil est troublant pour la victime de SPE. Elle ne peut pas intégrer que d’autres qui sont déjà passés par là ne ressentent pas la même déception qu’elle.

De là découlent deux types de comportement. D’abord, le rejet pur et simple. On ignore totalement ceux qui ne montrent pas une image du pays conforme à celle qu’on a perçue. On ne veut pas les voir, ce ne sont que des immigrés déçus en devenir, ils n’existent pas.

Mais très rapidement, vu le nombre de témoignages heurtant ses convictions, la victime de SPE ne peut plus les ignorer. Il faut cependant qu’elle s’en sorte quand même. Alors elle développe une stratégie dite "de contournement". Il y a bien une explication plausible à ces nombreux témoignages positifs sur le pays d’accueil : Si c'est surtout ceux-là qu'on entend, c'est parce que l'on censure ceux qui disent le contraire.

Alors le malade s'inscrit à un forum Internet spécialement dédié aux immigrés déçus. Il discute avec tous les autres immigrés déçus et se rassure. Lui et ses camarades avaient moins de chances que les autres de s’intégrer car ils avaient trop de qualités. Comme il a compris qu’une grande cause d’échec de l'immigration était la généralisation abusive, il se convainc que ce n’est pas pour cette raison qu’il retourne dans son pays, alors que c’est en complète contradiction avec le premier de ses symptômes. Mais la victime de SPE n’en est pas à une contradiction près : tout est bon pour qu'elle ne se sente pas ne serait-ce qu'un peu responsable de son échec.

Ayant compris que sa principale erreur est d'avoir trop idéalisé le pays d'accueil, ce qui l'a amené à accumuler les déceptions, elle essaye de se convaincre que personne ne peut échapper à cette tendance en raison du bourrage de crâne opéré par la Délégation générale du Québec à Paris et n'hésite pas à traiter ses membres d'escrocs.

Dans les cas les plus sérieux, le malade se croit investi d’une mission de formation et se met à donner des leçons aux futurs immigrants. Il leur explique qu'ils vont se planter quoiqu'il arrive et qu'il est préférable qu'ils restent chez eux.

Ignorance de l’affection

Le sujet souffrant de SPE ignore toujours qu’il en est atteint. Comme certains névrotiques, il pense que ce sont les autres qui sont malades.

Quand on y réfléchit bien, le SPE est très similaire à ce que peut ressentir un individu lorsqu’il vient de subir une rupture amoureuse. La personne aimée est soudain accusée de tous les maux et il ne veut rien entendre de bon à son sujet. Et si quelqu’un souligne une qualité chez l’objet de sa haine, il n’y croit pas et explique cela par l'incompréhension ou la naïveté.

Le SPE est aggravé par l’attente du retour. Il est exacerbé par les voyages dits "de préparation" qui ne sont en fait que du tourisme inversé. Ces voyages sont particulièrement néfastes au malade, car ils l’enfoncent dans de vains rêves de vie sans souci au quotidien libre de contingences matérielles.

Contrairement aux affections dont soit on meurt, soit on reste idiot, le SPE n’est pas mortel. Apprenez-donc à en reconnaître les symptômes et à les combattre.

Accepter que chaque individu est différent, que certains peuvent réussir là où l'on a échoué et que l'on a quand même retiré des choses de positives de l'aventure est la meilleure des thérapies pour combattre le SPE.

Solution du jeu : Syndrome Pré-Immigratoire

Guten tag

Comme peuvent le constater mes fidèles lecteurs (je les paye assez pour ça), je suis entré dans une période d'improductivité bloguesque. Heureusement, Stéphane m'a sorti de ma torpeur en me taguant pour une des multiples chaînes qui transitent sur le net. Alors que ce dernier a violé les règles du jeu en refusant de révéler la moindre information sur lui, je vous livre ici les détails les plus intime de ma vie :

  • Je suis le fruit de la fécondation d'un gamète femelle par un gamète mâle.
  • Mon corps contient entre 4 et 6 litres de sang.
  • Un de mes lointains ancêtres était couvert de poil et ne savait s'exprimer que par des cris inarticulés.
  • J'ai sur le ventre une cicatrice dû à l'ablation d'un cordon ombilical.
  • Je suis incapable de rester trois heures sans respirer.
  • Comme vous, je pleure, j'aime, je ris.
  • Un jour, je vais mourir.

Je passe le relais à

Férié, c’est pou !

Les travailleurs québécois ne sont pas gâtés côté vacances. La loi ne leur garantit qu'un minimum de deux semaines de congés payés par an, contre cinq pour les français. Pire, ces derniers bénéficient de 10 jours fériés dans l'année contre seulement 8 pour leurs cousins de la Belle Province. Avant de crier à l'injustice pour ce second point, il faut rappeler qu'au Québec, si un jour férié tombe un samedi ou un dimanche, les salariés le récupèrent en prenant un congé le vendredi précédent ou le lundi suivant. Ce n'est pas le cas en France où il est définitivement perdu. Pour savoir exactement qui des Québécois ou des Français ont le plus de jours fériés, il faudrait perdre beaucoup de temps à effectuer des calculs complexes, tout cela pour obtenir un résultat inutile et dérisoire. Nous allons donc nous y atteler sur le champ.Commençons par poser les éléments du problème. Par souci de simplification, je me tiendrai au régime général, en m'abstenant de citer les jours fériés supplémentaires auxquels ont droit les habitants de la Moselle ou les banquiers.

Comme évoqué plus haut, il y a huit jours fériés garantis au Québec :

  • 1er janvier (Nouvel an)
  • Vendredi Saint ou lundi de Pâques, au choix de l’employeur
  • Lundi qui précède le 25 mai ("Fête de Dollard", ou "fête de la Reine")
  • 24 juin (Fête nationale du Québec)
  • 1er juillet (Fête du Canada)
  • 1er lundi de septembre (Fête du travail)
  • 2e lundi d’octobre (Action de grâces)
  • 25 décembre (Fête de la surconsommation)

Les 10 jours fériés de la France sont les suivants :

  • 1er janvier (gueule de bois)
  • Lundi de Pâques
  • 1er mai (Fête du travail)
  • 8 mai (Victoire de 1945)
  • Jeudi de l'Ascension
  • 14 juillet (Fête nationale)
  • Assomption
  • 1er novembre (Toussaint)
  • 11 novembre (Armistice de 1918)
  • 25 décembre (Fête de la rediffusion du "Père Noël est une ordure")

Parmi ces jours fériés, seulement deux sont garantis : Le Jeudi de l'Ascension et le Lundi de Pâques. Il en existait un troisième (le Lundi de Pentecôte), mais il n'est plus chômé depuis 2005, suite à une incroyable pirouette politique que je ne commenterai pas ici. Tous les autres jours dépendent du hasard. Une année pouvant commencer par n'importe quel jour de la semaine et être bissextile ou non, il existe 14 combinaisons différentes. Grâce à mes extraordinaires talents de programmeur qui m'obligent à rejeter chaque jour plusieurs offres d'emploi de Google et Microsoft, j'ai écrit en quelques secondes un script permettant de compter pour chaque année le nombre de jours fériés intéressants, c'est à dire ne tombant pas un samedi ou un dimanche :

Année non bissextile :

  • commençant le Lundi : 8 jours
  • commençant le Mardi : 9 jours
  • commençant le Mercredi : 9 jours
  • commençant le Jeudi : 8 jours
  • commençant le Vendredi : 6 jours
  • commençant le Samedi : 6 jours
  • commençant le Dimanche : 8 jours

Année bissextile :

  • commençant le Lundi : 9 jours
  • commençant le Mardi : 9 jours
  • commençant le Mercredi : 8 jours
  • commençant le Jeudi : 6 jours
  • commençant le Vendredi : 7 jours
  • commençant le Samedi : 8 jours
  • commençant le Dimanche : 7 jours

On observe que les Français bénéficient au maximum d'un jour ferié de plus que les Québécois, et qu'ils peuvent en avoir jusqu'à deux de moins (maudite année 2005). Cela ne répond toutefois pas totalement à notre question, puisque chaque combinaison n'a pas la même probabilité d'apparaître que les autres. J'ai donc fait une moyenne des vrais jours fériés entre 2007 et 2036 (un bug de PHP m'empêchant d'aller plus loin), et je suis arrivé à un résultat de 7.72. On peut donc estimer que durant les 30 prochaines années, les Québécois auront en moyenne 0,28 jours fériés de plus que les Français.

Étonnant, non ?

À table !

J'ai découvert à Montréal un mode de restauration que je n'avais jamais vu auparavant : les foires alimentaires. Le concept consiste à placer en un point stratégique d'une galerie commerciale quelques dizaines de tables et de chaises, et d'entourer ces dernières de comptoirs vendant les mets les plus divers. Cela fonctionne comme un self-service. Les lécheurs de vitrines affamés après avoir passé la matinée à arpenter le Canadian Tire ou le Zellers peuvent se procurer leur pitance au Subway ou Kojax local et s'installer à une table libre pour se repaître en toute quiétude. Ils peuvent ainsi repartir le ventre plein à l'assaut des Simons, Omer de Serre et autres Renaud-Bray jusqu'à la tombée de la nuit. Les tables mises ainsi à la disposition du public sont bien entendu exclusivement réservées aux personnes avalant les victuailles vendues sur place. D'ailleurs, il n'est pas rare de voir dans ce genre d'endroit le pittoresque panneau "Merci de ne pas flâner." destiné à dissuader quiconque serait tenté de se reposer sans consommer. J'imagine que chaque restaurateur contribue financièrement à l'entretien du mobilier proposé aux clients. Le programmeur que je suis ne peut que s'extasier devant ce bel exemple de mutualisation des ressources.

Foire alimentaire

 

Québequéthylène

Pour ceux que ça intéresse, voici à quoi ressemble le Québec dessiné par une Abitibienne (Abitiboise ? Abitibaine ?) sous l'emprise de l'alcool. Je suis très reconnaissant à mon collègue d'avoir scanné et envoyé ce souvenir d'une sympathique soirée.

Québec éthylique

Votez con

Selon les observateurs, le 6 mai dernier représente une effroyable déflagration politique qui nous plongera dans une dictature ignoble et sanguinaire, ou un extraordinaire renouveau démocratique qui redonnera à la France son statut de premier pays de l'univers qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Après avoir suivi assidûment la campagne pendant plusieurs semaines, je suis arrivé quant à moi au point ultime de saturation politique. L'accession au pouvoir d'un individu très porté sur la répression et le paternalisme me plonge certes dans un relatif désarroi, mais ce n'est rien comparé à la lassitude que je ressens après avoir observé le comportement de nombreux sympathisants et militants quel que soit leur bord.

Me battant pour préserver mon individualité depuis que j'ai quitté mon statut de gamètes, je ne parviens pas à comprendre que l'on renie son identité au point de se noyer dans une idolâtrie dans laquelle je n'oserais tremper l'ongle pour mon chanteur préféré. Les fanatiques arborant un T-shirt "I love Ségo" ou hurlant "Sarko président" à tue-tête jusqu'à briser leurs propres tympans en sont les symptômes les plus spectaculaires, mais pas forcément les plus déprimants.

Les plus choquants, ce sont ces gens de droite ou de gauche persuadés que leur argumentation provient de leurs fines observations et de leur incomparable sens de l'analyse alors qu'ils ne font que réciter comme des pantins les leçons répandues par le parti qu'ils ont choisi. Voir ces marionnettes justifier les attaques les plus abjectes lancées par leur camp alors qu'ils n'avaient pas de mots assez durs pour les dénoncer lorsqu'elles provenaient de celui d'en face me consterne. Les entendre crier à la calomnie quand on répand des rumeurs sur leur poulain alors qu'ils colportent eux-mêmes les pires ragots sur leur adversaire sans faire aucune vérification m'horripile. Je suis épuisé d'être catalogué selon l'orientation de mes interlocuteurs comme un salaud de droite ou un naïf de gauche à chaque fois que je pointe un raisonnement boiteux ou une information erronée.

Les gauchistes qui affirment redouter des émeutes alors qu'ils les souhaitent secrètement pour justifier leur position m'exaspèrent. Les droitistes qui pensent qu'il suffit d'alléger les taxes patronales pour éradiquer la misère me révulsent. D'où vient cette manie de réagir systématiquement en fonction d'une idéologie et non de son sens critique ? Est-il si compliqué de partager les idées d'un parti sans être dupe de ses excès démagogiques ? Faut-il avoir une intelligence hors du commun pour comprendre que comparer Nicolas Sarkozy à Hitler est abusif, ou que Ségolène Royal n'est pas vraiment une cruche ? A-t-on le droit de ne pas choisir son camp sans se faire mépriser ?

Je laisserai d'autres personnes répondre à ces questions car j'ai décidé de ne plus parler d'élections dans les mois ou années qui viennent. Ça me fait trop désespérer de l'être humain.

Heureusement que j'ai trouvé ce truc pour me détendre (Merci Micmac).

Volaille

Je reviens avec Io du collège Stanislas où nous avons voté pour le deuxième tour des élections présidentielles. Pour une raison que je me refuse à deviner, les bulletins que j'ai pris dans les deux piles désignaient le même candidat. Il a donc fallu que je retourne prendre deux nouveaux papiers en m'assurant qu'ils soient bien différents (en prendre un seul aurait nui à la discrétion du scrutin). Après avoir rempli mon devoir de citoyen, j'ai heureusement trouvé une utilité aux trois bulletins superflus :

Sarkokottes

Cela me semble symboliser assez fidèlement ce qui risque d'attendre les Français dans les mois qui viennent. Cot ! Cot ! Cot !

Colloque

Après avoir hésité entre une soirée piscine avec des amis et une soirée bière entre collègues, choisir la seconde opportunité par pure paresse et désir de socialiser davantage avec ces derniers. Aller au Saint-Sulpice parce que la terrasse du Sainte-Elisabeth et bondée. Parler avec ses camarades de la différence entre le Français de France et du Québec, des Amérindiens, des lieux à visiter à Paris, d'architecture objet et de bars à danseuses. Ne pas insister lorsque le formateur français qui paye sa tournée ne donne pas de pourboire à la serveuse, croyant qu'on le charrie quand on lui dit que le service n'est pas inclus. Le soir venu, quitter la terrasse où il commence à cailler pour se réfugier à l'intérieur. S'installer à une table donnant sur le balcon autorisé aux fumeurs. S'amuser de ses collègues qui notent l'esthétique des serveuses et garder ses propres évaluations pour soi. Délirer avec une fille d'Abitibi hilare, chaleureuse et saoule qui s'invite à la table, et dessine trois fois de suite un plan du Québec en forme de poire sur un emballage de gommes déplié pour démontrer qu'elle habite loin de Chibougamau. Ecouter avec scepticisme la serveuse venue demander une clope expliquer comment un système de vente pyramidale qu'on lui a proposé lui apportera la richesse sans fatigue. Constater avec étonnement que l'on en est déjà à sa septième pinte de Boréale blonde alors que l'on a pas soupé. Aller six fois aux toilettes dans la soirée victime des effets diurétiques de ladite boisson. Quitter le bar vers une heure. Prendre la ligne orange et se souvenir soudain qu'elle ne passe pas par Côte-Des-Neiges. Descendre à Snowdon et continuer le voyage à pied, profitant du calme de Montréal la nuit. Donner au passage des tapes amicales aux parcmètres, aux arbustes et aux poubelles. Soulager sa vessie à mi-chemin derrière un bloc. Appeler trois fois sa blonde pour ne pas qu'elle s'inquiète et raccrocher deux fois par erreur en s'appuyant sur le bouton carré du téléphone public. Arriver finalement à la maison vers deux heures du matin. Manger un morceau et boire un litre d'eau pour prévenir les futurs maux de tête. Rédiger un billet pour son blog. Se relire le lendemain afin de s'assurer que l'on n'a pas écrit trop de conneries et les poster quand même.

Québec éthylique