Archive - sept. 2006

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Ma baraque au Québec

La demande de bail que nous avons effectuée pour le logement du quartier Côtes-Des-Neiges a été acceptée. Depuis vendredi soir, nous sommes officiellement locataires d'un grand 3 1/2 rue Linton. J'ai profité de la signature des papiers et de la remise des clefs pour faire quelques photos.

L'entrée de l'immeuble :

L'entrée de l'immeuble

L'entrée de l'appartement :

L'entrée de l'appartement

La pièce principale :

La pièce principale

La cuisine :

La cuisine

La (petite) salle de bain :

La (petite) salle de bain

Je réalise avec stupéfaction que j'ai oublié de prendre une photo de la chambre. Nous attribuerons cette omission à une manifestation de mon subconscient pour préserver mon intimité sérieusement éraflée par l'exhibition de ma vie privée sur ce blog.

Un détail que ne peut fidèlement reproduire mon appareil photo dénué d'objectif grand angle est la taille immense des pièces dont n'oserait rêver le parisien moyen, même sous ecstasy. Le loyer est de 710 $ par mois, eau chaude et chauffage compris. Sans être une excellente affaire, c'est un prix tout à fait correct vu le bon état de l'appartement. A titre de comparaison, mon dernier logement à Paris, un peu plus petit, nous coûtait 1160 € par mois la dernière année.

Bien que je trouve l'aménagement actuel des pièces très zen, il va maintenant falloir que nous les remplissions de quelques meubles. Il nous faudra dans ce but beaucoup magasiner car nous nous sommes débarrassés de tous ceux que nous avions en France avant de partir. Notre patrimoine mobilier étant essentiellement composé de produits bas de gamme Ikea et Conforama, le coût pour les envoyer ici aurait été bien supérieur à leur valeur.

NB : Le titre de ce billet a pour unique but d'éviter d'utiliser le classique "Ma cabane au Canada", poncif que servent lamentablement tous les blogueurs expatriés dans ce pays (y compris moi). Si vous arrivez à le prononcer 10 fois sans bafouiller, vous êtes un dieu de l'articulation.

De Jean Talon à Côtes-Des-Neiges

Notre première semaine à Montréal nous a permis de nous habituer à notre nouvel environnement et d'effectuer diverses démarches administratives. Depuis lundi, nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure en commençant à chercher un appartement. Afin de nous faciliter la tâche, nous nous sommes abonnés pour un mois au site alouer.voir.ca qui nous donne accès aux nouvelles annonces de locations soumises chaque jour au journal gratuit Voir. Ces dernières n'étant publiées que le jeudi, les trente dollars que nous avons déboursés nous donnent une avance non négligeable sur les personnes que la fracture numérique condamne à se contenter de la version papier.

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Mardi, nous avions déjà obtenu deux rendez-vous. A 14h00, nous devions visiter un 4 1/2 et un 3 1/2 situés dans le même immeuble, rue Lajeunesse, près du métro Jean Talon. Pour les lecteurs n'ayant pas suivi les épisodes précédents, je rappelle que les Québécois comptent la cuisine comme une pièce et la salle de bain comme une demie. Un 4 1/2 correspond donc à un F3 (je vous laisse faire la conversion pour un 3 1/2 en guise d'exercice). Nous sommes arrivés un peu en avance, mais l'accueillante propriétaire de l'immeuble a bien voulu nous faire visiter les logements tout de suite.

Le 4 1/2 faisait facilement 60 mètres carrés et était proposé pour un loyer de 750 $ par mois (chauffage inclus). A Paris, une telle somme permet aujourd'hui de s'offrir un magnifique cagibi au sixième étage d'un bâtiment sans ascenseur. Le 3 1/2 devait avoir une surface d'environ 50 mètres carrés mais était proposé à 600 dollars seulement. Un aspect nettement moins attrayant de ces habitations était incarné par leurs salles de bain respectives. Si l'on pouvait s'accommoder de leur taille modeste, chose assez courante au Québec, il était plus difficile de faire abstraction de leur état de saleté. Une épaisse couche de tartre recouvrait une bonne partie du lavabo et de la baignoire, attestant qu'ils n'avaient pas dû être nettoyés depuis la démission de Lucien Bouchard. Pire, j'ai dû tirer la chasse d'eau des toilettes dans le 4 1/2 afin d'en faire disparaître un mégot en état de décomposition avancé.

Après avoir quitté la maîtresse des lieux, Io et moi étions toutefois d'accord pour prendre l'un des deux appartements, tout en sachant que le remettre dans un état de salubrité tolérable nous demanderait une expertise au moins équivalente à celle de Danièle et Béatrice. Nous avions en effet prévu de privilégier ce quartier où nous avons quelques amis, la proximité du marché Jean Talon étant également un élément important. Pour avoir un point de comparaison, nous avons néanmoins maintenu notre second rendez-vous prévu à 16h00.

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La deuxième adresse que nous devions visiter était un grand 3 /12 situé dans le quartier Côte-des-Neiges. Le trajet entre le métro homonyme et le logement nous a paru un peu trop long pour être supportable en hiver. Nous nous étions en outre sensiblement éloignés des nombreux commerces que l'on peut trouver aux alentours de la station. La concierge, une chaleureuse jeune femme coiffée de dreadlocks, nous a montré l'appartement qui s'est avéré beaucoup plus agréable que ceux que nous avions vu quelques heures plus tôt. Les pièces étaient immenses et la cuisine disposait d'un large plan de travail courant sur trois murs. Le tout paraissait de plus parfaitement propre et relativement neuf. Io était complètement sous le charme. J'étais en revanche un peu inquiet par l'absence de métro à proximité qui peu conduire à l'isolement. De retour à la tour Trylon, nous avons heureusement découvert sur le site de la STM une ligne de bus passant à deux pas de l'immeuble et desservant les stations Outremont et Rosemont en vingt minutes. Nous avons donc déposé aujourd'hui une demande de location pour laquelle nous devrions avoir une réponse en fin de semaine.

3463 Sainte Famille

La recherche d'un point de chute à Montréal a été un des éléments les plus préoccupants de nos préparatifs d'immigration. Nos compétences divinatoires étant à peu près aussi fiables que celles de Paco Rabanne, il nous semblait très imprudent de signer de Paris un bail d'un an pour un appartement à Montréal que nous ne pouvions pas visiter. Nous devions par conséquent trouver un logement temporaire dont le loyer ne soit pas excessif et où les quadrupèdes miauleurs et pénibles soient acceptés.

Après des heures de recherches sur Internet, nous avons finalement choisi de louer pour un mois un 1 1/2 (une pièce + une salle de bain) dans la tour Trylon. Derrière ce nom aux consonances typiquement plutoniennes se cache un immeuble de plus de vingt étages, garni de multiples appartements meublés ou non que l'on peut louer pour des durées très diverses.

Le studio dans lequel nous logeons dispose d'un coin cuisine toute équipé, d'un bureau et d'une télévision câblée qui m'a permis de retrouver avec joie la version québécoise des Simpsons. La tour propose par ailleurs à ses résidents quelques équipements appréciables tels qu'une laverie, une piscine où même Passe-partout doit avoir pied, une petite salle de gymnastique et un sauna.

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L'édifice a enfin l'avantage d'être situé sur la rue Sainte Famille qui se trouve à deux pas du centre-ville et du boulevard Saint-Laurent, réputé pour ses innombrables restaurants, bars et commerces.

Au départ, nous craignions que cet environnement trop confortable ait pour effet pervers de nous dissuader de chercher un vrai logement. Une telle inertie nous serait très néfaste puisque le loyer est élevé (1350 $ par mois). Heureusement, les multiples avantages de notre domicile provisoire sont contre-balancés par une connexion Internet totalement erratique. Ce genre de détail est largement suffisant pour pousser un geek comme moi à déménager.

Le parcours de l’immigrant

Comme je l'ai précédemment évoqué, Io et moi avons atterri à Montréal le 15 septembre dernier à 15h20 (heure de Montréal). Après avoir passé plus de sept heures dans l'avion sans pouvoir allonger mes jambes ni me gratter l'oreille de peur de donner un coup de coude dans l'oeil de ma voisine de droite, mon voeux le plus cher était d'arriver rapidement à notre hôtel afin de dormir dans un vrai lit. En tant que nouveaux résidents permanents, il nous fallait cependant passer quelques ultimes épreuves avant de quitter l'aéroport.

La première étape consistait bien sûr à passer le poste frontière. Celle-ci s'est avérée très rapide puisque l'officier s'est contenté de vérifier le visa de notre passeport.

Alors que la plupart des passagers se dirigeaient vers le carrousel pour récupérer leurs bagages, nous devions ensuite nous présenter dans le bureau de l'immigration canadienne. Là, un sympathique employé nous a fait remplir notre certificat d'acceptation et nous a remis un guide intitulé "Bienvenue au Canada, ce que vous devriez savoir". Ce dernier contient de nombreuses informations intéressantes sur le fonctionnement de notre pays d'accueil (système de santé, formalités administratives, etc). Notre interlocuteur a également noté notre adresse afin de nous envoyer notre carte de résident permanent. Celle-ci nous permettra éventuellement de voyager à l'étranger et de revenir au Canada tout en conservant notre statut.

Les guides de l'immigrant

Nous nous sommes ensuite rendus dans les locaux de l'immigration québécoise où un employé nous a donné une seconde brochure baptisée "Apprendre le Québec, guide pour réussir mon intégration". Ce document fournit des informations pratiques et administratives sur la province et se montre moins spartiate que la version canadienne. Il se présente comme un carnet de bord que l'immigrant est encouragé à remplir durant les premiers mois qui suivent son arrivée. Il dispose ainsi d'une liste de démarches à effectuer avec des cases à cocher au fil de sa progression, ou des espaces laissés en blanc pour noter les différents emplois qu'il aura obtenus au Québec. L'employé de l'immigration nous a expliqué que ce guide est très récent et a été créé pour aider les immigrants qui perdent parfois pied dans leur nouveau milieu. En raison d'une rupture de stocks, nous n'avons malheureusement pu en avoir qu'un seul pour deux. Le fonctionnaire nous a expliqué que nous pourrions en demander un autre lors de la réunion d'information organisée par le MICC. Il a néanmoins souligné qu'y assister n'était pas indispensable puisque j'avais déjà passé un an au Québec. J'ai eu un peu de mal à le convaincre que cette rencontre pouvait quand même nous être utile. J'en suis arrivé à me demander s'il ne voulait pas nous dissuader d'y participer en raison d'un manque de places. Nous avons néanmoins pu obtenir un rendez-vous pour une de ces réunions, l'employé nous rappelant bien que nous pouvions annuler plus tard en cas d'empêchement.

Après un rapide passage pour récupérer nos bagages et le chat prostré dans sa boîte, il nous restait à franchir l'ultime étape de la douane. Celle-ci était pour moi la plus angoissante, car je ne savais pas ce que nous devions inclure exactement dans notre déclaration, ni sous quelle forme présenter cette dernière. En plus des bagages que nous emmenions avec nous, il nous fallait en effet mentionner les affaires qui nous rejoindront par bateau dans quelques semaines. Fournir la liste générique que j'avais déjà donnée au déménageur ainsi qu'un inventaire des objets de valeur que nous emmenions avec nous (ordinateur, appareil photo numérique, iPod, ...) s'est heureusement avéré suffisant. Après avoir payé trente dollars de racket frais de contrôle des vaccins pour le chat, nous avons donc enfin pu prendre un taxi en direction du centre-ville, moins de deux heures après notre atterrissage.

Finalement, ce parcours s'est déroulé bien mieux que je ne l'imaginais. J'ai déjà vécu des moments plus terribles avec des agents de sécurité américains considérant les guitares comme des armes de destruction massive.

Faux départ

En raison d'une scène de ménage d'une extrême violence avec mon serveur mysql, je n'ai pas pu poster sur mon blog cette semaine. Nous avons heureusement réussi à faire la paix. De nouveaux billets devraient bientôt apparaître.

Saison 2

Trylon by nightSelon certains Québécois facétieux, la différence entre un "Français" et un "maudit Français" est que le premier vient dans la Belle Province juste pour les vacances, tandis que le second s'y installe.

Le nom de ce site s'avère désormais totalement justifié puisque ma compagne Io et moi-même nous sommes posés le 15 septembre dernier sur l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, notre visa de résident permanent en poche. Bien qu'il soit dépourvu de poches et de visa, nous avons emporté dans l'aventure notre chat Crapulax, dont les nombreux super-pouvoirs nous seront vraisemblablement super-inutiles.

A la suite d'un laborieux processus de connexions neuronales, j'ai songé qu'il était opportun de reprendre ce blog laissé à l'abandon durant quelques années, et ceci pour de multiples raisons :

  • Gâcher une occasion unique de mettre à jour ce site constituerait un affront terrible pour les personnes qui convoitent le nom de domaine "mauditfrancais.com" depuis des lustres et compulsent régulièrement les bases whois dans l'espoir que j'oublie de renouveler mon enregistrement.
  • J'ai maintenu la saison 1 de ce blog entre août 2000 et juin 2001, alors que j'étais un étudiant en programme d'échange à l'université de Montréal. Mes principales activités consistaient alors à finir dans l'urgence mes devoirs d'informatique, rédiger des piges pour un magazine Linux aujourd'hui disparu, et évaluer les vertus comparatives des boissons à base d'orge et de houblon fermentés. Ma nouvelle situation d'immigrant en recherche d'emploi me permettra sans doute de traiter de nombreux aspects de la vie québécoise que je n'ai pas abordés auparavant.
  • Après avoir recueilli sur mon blog ou de vive voix divers témoignages d'(ex)immigrants français dans la Belle Province, j'aimerais tenter d'expliquer pourquoi certains d'entre eux ont su parfaitement s'intégrer dans la société québécoise, poussant le vice jusqu'à apprécier le fromage trop salé qui crisse sous la dent, tandis que d'autres reviennent en France totalement écoeurés, ne pouvant plus voir une bouteille de sirop d'érable sans faire une crise de spasmophilie.

J'espère que cette présentation vous aura séduits. Je compte en effet sur votre soutien et votre fidélité qui, en plus de m'apporter la gloire, me permettront de devenir multi-millionaire dès que j'aurai judicieusement placé mes adwords Google.

A très bientôt !