Archive - nov. 2006

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Maudit Français, l’émission

Je vais sûrement me faire détester, mais le sketch sur les maudits Français m'a fait rire.

A l'attention des lecteurs ne recevant pas la chaîne québécoise TVA et ne consultant pas régulièrement les blogs d'expatriés français au Québec, je fais ici allusion à l'émission "On a pas toute la soirée" diffusée le 19 novembre dernier. Dans cette dernière, le présentateur Éric Salvail partait en Safari à Paris à la recherche d'un maudit Français, et le ramenait au Québec afin de l'intégrer à la population locale. La vidéo est disponible sur Google Video (Partie 1, 2, 3 et 4).

Cette diffusion a provoqué la colère de nombreux Français résidant au Québec qui ont accusé Éric Salvail de racisme. Une mystérieuse organisation nommée "Union française" dont je ne soupçonnais même pas l'existence lui a demandé de faire des excuses publiques, et diverses plaintes ont été déposées auprès de TVA et du CRTC. Je suis vraiment très surpris par cette polémique, car pour moi, le but de cette émission était juste de rire des stéréotypes sur les Français, et pas du tout de les rendre crédibles.

A part quelques provocations un peu faciles d'Eric Salvail, la première partie de ce sketch se déroulant dans Paris est relativement gentille. Je dirais même qu'elle n'est pas très éloignée des blagues que fait Jean-Yves Lafesse à ses compatriotes sans crainte de passer pour un fasciste. On assiste d'ailleurs à d'excellents moments d'auto-dérision québécoise, par exemple lorsque le présentateur s'embarque dans une jeep américaine, qu'il se fait traiter de maudit Canadien ou qu'il explique qu'il va emmener sa proie fraîchement capturée dans son chalet.

La deuxième partie du sketch se déroule sur le plateau de l'émission au Québec. On y voit le maudit Français arraché depuis peu à son milieu naturel se faire totalement relooker afin de pouvoir se fondre facilement dans son nouveau décor. Là encore, j'ai du mal à voir autre chose qu'une satire de la société québécoise quand je vois l'espèce de kakou qu'il devient après sa métamorphose. Au cours de cette partie, l'animatrice Varda Etienne insiste en revanche un peu trop longuement sur la mauvaise odeur présumée des Français, ce qui semble être la principale cause de la polémique concernant cette émission.

Bien que cette allusion désobligeante sur l'hygiène des Français ait pu blesser, elle me semble avoir été motivée uniquement par un souci d'amuser le public et faire grimper l'audience, et pas du tout par le racisme. Éric Salvail a d'ailleurs expliqué clairement quelques jours plus tard que c'était de l'humour. On aurait pu penser que cette mise au point allait suffire à lever l'ambiguïté, et que les Français en colère allaient passer à autre chose, mais ce n'est pas le cas. Une partie d'entre eux s'est obstinée à lui demander des excuses.

Je ne comprends vraiment pas cette attitude. Quitte a passer pour un naïf, je préfère en effet croire en la bonne foi d'Eric Salvail lorsqu'il dit qu'il plaisantait (ce qui le dispense de faire des excuses) plutôt qu'il demande pardon à genoux tout en pensant réellement que tous les Français puent. On peut certes trouver que son humour est de mauvais goût, mais c'est une notion totalement subjective qui ne justifie pas du tout que l'on fasse un scandale. Le sarcasme est selon moi une composante essentielle de l'humour. A force de crier au racisme à chaque fois qu'un comique se montre un peu cynique, j'ai peur qu'il ne nous reste un jour plus que les blagues carambar à se mettre sous la dent.

Pour conclure, j'aimerais présenter deux vidéos qui ont obtenu un énorme succès en France. La première est une parodie de Olivier et Gad Elmaleh de l'émission Qui veux gagner des millions avec des personnages québécois. Au cours de cette dernière, on apprend notamment que le candidat compte se servir de l'argent gagné pour se payer des putes. La seconde vidéo est un sketch des Inconnus faisant un parallèle entre les immigrés maghrébins en France et la vieille série télé "les envahisseurs".

A ma connaissance, on n'a pas entendu beaucoup de Français s'offusquer lorsque ces sketchs ont été diffusés. Je serais par ailleurs très étonné que les personnes qui s'acharnent aujourd'hui sur Éric Salvail ne rient jamais des histoires de Belges idiots ou de blondes stupides si prisées de mes compatriotes. Ce paradoxe tendrait à prouver que de nombreuses personnes évaluent essentiellement le bon goût d'une blague en fonction de sa cible et non de son contenu, leur pensée pouvant se résumer à la maxime "On peut rire de tout, sauf de moi".

Mise à jour du 1/11/2006

Eric Salvail et Varda Etienne se son excusés. J'ai enfin trouvé un article relatant le dénouement.

Semaine chargée

J'ai un boulot urgent à finir. Je ne pense pas poster de la semaine. Pour patienter, vous pouvez faire un tour du côté de ma dulcinée, qui raconte actuellement une de nos mésaventures récentes en BD.

Mise à jour du 25/11/2006 :

Mise à jour du 29/11/2006 :

Mise à jour du 2/12/2006 :

Zgreugneu

L’Immigré con tacle

A plusieurs reprises, ce blog a été victime de messages haineux d'immigrés français déçus du Québec, sombrant trop facilement dans la généralisation abusive et le racisme. La plupart de ces indésirables se contentaient généralement de poster un commentaire très agressif envers les Québécois sur mon site puis disparaissaient dans la nature, ce qui leur évitait de répondre aux arguments de leurs contradicteurs. Cette pratique trop courante sur Internet, connue sous le nom de Troll, m'avait contraint à publier une mise au point invitant ces importuns à aller se défouler ailleurs.

Depuis quelques années, ces divers spécimens se retrouvent sur le site Immigrer-Contact, ce qui a l'avantage de limiter les débordements nauséabonds vers le reste d'Internet. Le problème est que son fondateur (puisse son nom sombrer dans l'oubli) a tendance à se présenter comme le porte-parole de tous les immigrés français au Québec, comme on a pu le voir récemment sur le site québécois Canoe.

Après Christophe et Jean-Philippe, je tiens donc à signaler que je ne me reconnais pas du tout dans le discours de cet individu et de ses amis. J'espère de tout coeur que de nombreux autres blogueurs français résidant dans la Belle Province posteront également un billet pour se démarquer de cette bande d'aigris incapables de se remettre en question et rejetant leur échec sur 8 millions de personnes.

PourQCuoi ?

Il est fréquent que des Québécois demandent aux immigrés français pour quelle raison ils ont décidé de s'installer dans le Belle Province.

Cette question est assez pertinente, car à part le chanteur Raphaël, nous ne sommes globalement victimes d'aucune persécution dans notre pays d'origine. Les mangeurs de grenouilles ne viennent pas au Québec pour fuir la répression, la guerre ou la famine, comme c'est malheureusement le cas pour de nombreux réfugiés, mais par choix. Quels motifs peuvent bien pousser une personne à quitter un pays industrialisé à l'économie florissante pour un pays industrialisé à l'économie florissante avec des hivers à -30 degrés ? Ne pouvant pas parler au nom de tous mes compatriotes, je me contenterai d'aborder très narcissiquement mon cas personnel.

J'ai séjourné au Québec pour la première fois d'août 2000 à juin 2001 dans le cadre d'un programme d'échange étudiant. A l'époque, j'éprouvais le besoin de changer de décor, et l'expatriation me semblait un excellent moyen d'atteindre ce but. Opter pour le Québec me permettait à la fois de vivre un dépaysement total (je n'avais jamais mis les pieds en Amérique du Nord) et de suivre mes cours en Français (mon niveau oral en anglais et en espagnol planant à peu près au niveau d'une campagne électorale présidentielle française).

Comme en témoignent les nombreux billets que j'ai écrits tout au long de mon séjour, l'expérience s'est avérée très positive. J'ai même envisagé de rester plus longtemps, mais quelques bas motifs universitaires et légaux m'ont contraint à retourner vivre en France.

Au fil des mois, je me suis rendu compte que Montréal me manquait. J'y suis donc retourné en vacances avec Io en juillet 2003, dans le but de lui faire découvrir ce lieu qui m'avait séduit et voir si elle se sentait prête à y vivre. Son enthousiasme m'a presque fait peur, car elle avait déjà envie d'immigrer au bout de deux jours sur place. Les années qui ont suivi nous ont cependant permis de bien réfléchir à cette décision et à ne pas partir sur un coup de tête.

Pour résumer, on pourrait dire que j'ai décidé de m'installer au Québec simplement parce j'y suis allé une première fois presque par hasard et que je m'y suis plu. Je n'ai jamais rêvé d'un monde idéal où je pourrais courir l'ours et l'orignal au milieu de la neige, ni de devenir millionnaire en fondant ma start-up. Je ne pense pas non plus avoir fui la France.

Lorsque je me promène dans les rues de Montréal sans avoir besoin d'éviter les crottes de chien, que je prends les transports en commun sans craindre de me faire invectiver ou marcher dessus, ou que j'entre dans un magasin où les vendeurs me saluent avec le sourire, il m'arrive en revanche de penser que j'ai peut-être fui Paris.

Les aventuriers de la mayonnaise perdue

Histoire de ne pas usurper mon titre de maudit Français, j'ai commencé une liste des aliments impossibles à trouver dans les supermarchés montréalais. Certains s'avèrent disponibles dans des épiceries spécialisées, mais d'autres demeurent littéralement introuvables :

  • Levure diététique en paillettes
  • Bouillon de légumes en cubes
  • Cornichons marinés sans aneth et sans sucre
  • Sirop de grenadine (ou autre)
  • Couscous en boîte (anyway)
  • Choucroute garnie en boîte
  • Bonbons Haribo
  • Mayonnaise avec goût de mayonnaise
  • Fromage blanc

J'invite mes camarades immigrants à compléter cette liste. Par souci d'équité, je tiens toutefois à mentionner quelques articles que les Québécois sont sûrement très frustrés de ne pas trouver dans les supermarchés en France :

  • Purée de maïs en boîte pour le pâté chinois
  • Bouteille de caramel
  • Bagels
  • Lait en sachets
  • Sauce Miracle whip
  • Babybel au cheddar
  • Tout ce qui ressemble de près ou de loin à des médicaments
  • Muffins
  • Paquet de corn flakes de 750 g

Sans oublier que nos pharmacies ne vendent même pas de chips.

Là aussi, j'attends avec impatience que les exilés de la Belle Province enrichissent cet inventaire.

Mon quart d’heure de célébrité

Jean-Philippe m'apprend que l'adresse de mauditfrancais.com vient d'être publiée par le magazine Courrier International (visiblement à la fois sur le site web et dans l'édition papier du 9 novembre). Je vais pouvoir frimer à mort (et lui aussi, car son site est également mentionné).

Mise à jour : Le nom de mon blog est aussi évoqué sur le site Internet de la Presse. Merci, Jean-Christophe.

Deuxième mise à jour : La Presse a fait deux erreurs. Le nom de ce site n'est pas mauditsfrancais.com mais mauditfrancais.com (pas de S à maudit). Par ailleurs, le site sirop d'érable se trouve à l'adresse siroperable.blogspot.com et non siropderable.com. J'ai envoyé un message à la Presse pour le signaler, mais ils n'ont pas corrigé pour le moment.

Troisième mise à jour : J'ai reçu aujourd'hui un mail de la Presse m'informant que mon message avait été transmis aux responsables de Cyberpresse. Les erreurs sont maintenant corrigées :-) .

Courrier International

Mon doigt aux urgences

En faisant la vaisselle vendredi soir, j'ai joué involontairement les prolongations de spasm. Alors que je frottais énergiquement l'intérieur d'un verre dont la gueule était légèrement fendillée, un petit morceau triangulaire s'en est détaché, laissant une pointe acérée qui s'est copieusement enfoncée à la base de mon index droit. Mon doigt était bien entaillé, et j'ai regretté de ne pas disposer d'une caméra pour filmer le sang qui coulait à flot, ce qui m'aurait permis de postuler pour la prochaine édition du festival.

Pour arranger les choses, l'accident s'est produit vers 20h30, alors que le CLSC de notre quartier avait fermé depuis une demi-heure. Ne sachant pas si l'état de mon doigt nécessitait ou non une intervention, Io a appelé le 911 pour demander conseil. Son interlocuteur lui a immédiatement demandé de fournir notre numéro de téléphone et notre adresse, ce qu'elle a fait, tout en précisant qu'elle souhaitait simplement un renseignement. Au fil de la conversation, elle a toutefois réalisé que l'employé avait déjà commandé une ambulance. Contrairement à la France, où les agents du numéro des urgences peuvent rediriger l'appelant vers un médecin de garde s'ils jugent le problème peu grave, il semble que le 911 doive être utilisé uniquement si c'est une question de vie ou de mort. Io a heureusement réussi a annuler le taxi jaune qui m'était destiné.

Sur les conseils de l'agent du 911, nous nous sommes finalement rendus à l'Hôpital Général Juif de Montréal qui se trouve à vingt minutes à pied de chez nous. Nous habitons juste à côté de l'Hôpital Sainte-Justine, mais celui-ci est exclusivement destiné aux enfants. La première étape de notre parcours consistait à nous présenter dans la salle de tri des urgences. Une femme qui attendait déjà avec son mari nous a expliqué que nous devions prendre une fiche sur une petite étagère et l'insérer dans une sorte de pointeuse afin de conserver notre tour. Au bout d'une demi-heure, après m'être honteusement fait doubler deux fois par des malotrus au bord de la mort, j'ai pu faire admirer mon doigt à la docteure. Celle-ci a rempli une fiche et me l'a tendue avec une carte plastique portant le chiffre 8, qui m'a semblé être un numéro de tour.

Nous nous sommes ensuite rendus dans une grande salle dans laquelle attendait une vingtaine de personnes. Après avoir présenté ma carte de RAMQ et ma fiche au guichet des enregistrements je me suis assis avec Io, me doutant que je devrais au minimum attendre une bonne heure avant de pouvoir rencontrer un interne. Deux heures plus tard, nous avions eu l'occasion de voir passer plusieurs spécimens pathologiques et accidentels fort intéressants, mais on ne m'avait toujours pas appelé. J'en venais à me demander si ma blessure était si grave, ou s'il était possible de rentrer chez nous et improviser un pansement avec du scotch et quelques Kleenex. Par chance, ma plaie ne me faisait quasiment pas mal.

Vers 1h00, une infirmière a clamé mon nom. Elle nous a amenés, Io et moi, à une salle de soin où nous avons dû attendre encore une bonne demi-heure. L'infirmière est revenue nous voir, mais c'était juste pour nous demander de changer de salle, la notre devant servir à un autre patient (le mot prenant ici tout son sens). Elle s'est montrée à nouveau une demi-heure plus tard en disant qu'elle était vraiment désolée. Pensant qu'elle faisait allusion à notre attente et que l'on allait enfin me soigner, je lui ai répondu soulagé que ce n'était pas grave. En fait, elle s'excusait parce qu'elle devait à nouveau nous déplacer pour revenir à la salle précédente. Vers 2h10, un interne est toutefois venu s'occuper de moi. Après quelques injections d'anesthésie dans mon index, il m'a recousu en faisant quatre points de suture, ce qui prouvait au moins que je n'étais pas venu pour rien. L'opération a duré une vingtaine de minutes.

Je n'étais toutefois pas au bout de mes peines, car il fallait que j'attende qu'une infirmière me fasse une piqûre antitétanique (je ne me souvenais plus de la date de mon dernier rappel). Celle-ci s'est acquittée de cette tâche une demi-heure plus tard, et à 3h15 du matin, nous avons enfin quitté l'hôpital, plus de six heures après y être entrés.

Les personnes ayant le coeur assez accroché pour manger au KFC ou écouter un disque entier de Raphaël sans vomir peuvent admirer ma blessure de guerre.

Le cinquième spasme

Samedi dernier, Io et moi avons rejoint Mélanie, Lionel et deux de leurs amis pour aller voir la soirée de clôture du cinquième festival spasm au club Soda. Cet événement haut en couleurs (surtout le rouge) est entièrement consacré aux films d'horreur ou fantastiques, généralement réalisés avec de très petits budgets, prouvant que l'on peut faire du cinéma d'auteur qui tient le public éveillé. Les seize courts-métrages que nous avons visionnés étaient de qualité inégale, mais une poignée d'entre eux aux noms aussi évocateurs que "Insomnex beta testing", "Maudit bordel", "Guimokogan III" ou "C'est ça qui arrive quand on boit de l'antigel" m'ont particulièrement plu. J'ai également apprécié la prestation du "Night Shift", les deux animateurs de la soirée qui arboraient de magnifiques cornes de démon et pratiquaient le genre d'humour noir politiquement incorrect dont je raffole.

Le night shift

Mélanie semblait un peu déçue de sa soirée car elle n'avait quasiment pas eu peur, contrairement aux éditions précédentes auxquelles elle avait assisté. N'ayant pas de point de comparaison, j'ai quant à moi trouvé cette soirée plutôt réussie. J'ai l'impression d'avoir effectivement plus ri que tremblé, mais ça ne me dérange pas vraiment.

Zzzzzz

zzzzzzz

Je suis très occupé à essayer de reprendre un rythme de sommeil normal.

Je reviens bientôt.

Peut-être.

Le CV du worm japonais à l’iBook défectueux

Je suis retourné à la Grande Bibliothèque jeudi matin. Après m'être inscrit gratuitement et avoir obtenu ma carte, je me suis rendu au deuxième étage afin de montrer mon CV aux conseillers du service aux chercheurs d'emploi. J'avais malheureusement mal lu le site Internet indiquant que ces derniers n'étaient présents qu'entre 17h et 22h. Loin de me laisser décourager par ce contretemps, je me suis promené une bonne heure dans l'établissement, où j'ai emprunté une BD de Lauzier, des CD de Plume Latraverse, Katerine et Magyd Cherfi, deux livres en anglais sur XCode 2 et le Wifi, et un DVD de la version originelle québécoise de la série "Un gars, une fille".

Le soir, je suis allé avec Io soûper chez Yannick et Hélène, qui nous avaient préparé de bons cocktails et un non moins excellent repas japonais/laotien. Après de nombreuses heures à manger, jaser et jouer à Worms World Party, nous avons finalement dormi chez nos hôtes. Nous sommes repartis le lendemain midi en même temps que Yannick qui devait faire une démo à l'université de Montréal. Hélène avait déjà quitté à l'aurore pour se rendre à la banque où elle travaille.

Le vendredi après-midi, je suis retourné à la Grande Bibliothèque, intimement persuadé que le conseiller se contenterai de déplacer quelques virgules dans le CV que j'avais patiemment élaboré selon les consignes prodiguées lors de nos sessions d'information. C'était toutefois un peu présomptueux. Après avoir parcouru mon oeuvre avec un regard témoignant d'un enthousiasme mitigé, mon interlocuteur m'a expliqué que mon CV était trop long, redondant et pas assez accrocheur. Il m'a ensuite donné de nombreuses indications qui laissaient présager un éprouvant travail de retouches. Ravalant farouchement ma fierté et mes larmes, j'ai passé quelques heures à compulser les livres qu'il m'avait prêté afin de parfaire ma maîtrise du CV par compétences.

Lorsque je suis rentré le soir et que j'ai voulu transcrire numériquement ce travail de titan, mon iBook s'est soudainement lancé dans une transe psychédélique graphique, me donnant l'impression que je regardais canal + sans décodeur et sous acide. Quelques recherches sur Internet m'ont fait comprendre que l'ordinateur qui me seconde fidèlement depuis quatre ans appartient à une série défectueuse dont la carte graphique souffre de sénilité précoce. Je dispose théoriquement d'une chance infime de faire réparer ce dernier aux frais d'Apple, mais cela nécessitera probablement de l'immobiliser pendant plusieurs semaines. Cela tombe assez mal, car j'ai une piste sérieuse pour traduire des livres informatiques en freelance, et que mes goûts de luxe m'interdisent de rédiger sous autre chose que mon cher Mac OS X. Je me vois donc contraint de m'acheter une nouvelle machine.

Avec un peu de chance, c'est avec un magnifique MacBook que j'écrirai demain le billet consacré au festival spasm où nous sommes allés samedi. Le technophile qui sommeille en moi jubile, mais le financier fait plutôt la gueule.