Archive - 2006
La guerre des francisations
Soumis par Ian le sam, 30/12/2006 - 18:07.En France comme au Québec, il existe des organismes publics chargés de défendre le français. Une de leurs nombreuses missions est de proposer des traductions officielles dans la langue de Molière pour remplacer les anglicismes, tous plus ou moins barbares. Dans la Belle Province, ce rôle est assuré par l'Office québécois de la langue française (OQLF). Créé le 24 mars 1961 et composé de huit membres nommés par le gouvernement pour au plus cinq ans, celui-ci gère notamment le site granddictionnaire.com, qui permet de prendre connaissance des termes officiels. Dans l'Hexagone, c'est la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), créée en 1989, et plus particulièrement la Commission générale de terminologie et de néologie (Cogeter) qui s'acquittent de cette tâche délicate. Elle est constituée de dix-neuf personnes. Le président est nommé par le Premier ministre, treize membres sont désignés par le Ministre de la Culture, et les cinq derniers en font automatiquement partie de par le poste qu'ils occupent (grabat perpétuel à l'académie Française ou des Sciences, etc.) Ces sommités publient régulièrement leurs nouvelles prescriptions linguistiques dans le Journal Officiel et proposent également un site pour consulter les traductions officielles.
Pour des raisons inconnues, il semble malheureusement que la Cogeter souffre en permanence d'un retard de plusieurs années par rapport à l'OLQF, du moins dans le monde de l'informatique. L'organisme français a par exemple proposé dans le journal officiel du 15 décembre dernier une traduction officielle du terme podcasting, alors que son homologue québécois avait déjà suggéré un équivalent en octobre 2004. Pire, alors que l'OQLF avait choisi d'utiliser le néologisme baladodiffusion, qui a selon moi le mérite de tenir en un seul mot et d'être facile à retenir, la Cogeter a de son côté opté pour le terme diffusion pour baladeur. On peut légitimement se demander s'il n'aurait pas été plus simple de reprendre directement l'expression proposée par le Québec, plutôt que de perdre deux ans de plus à pondre une si lourde périphrase. Il semble malheureusement que cette attitude soit totalement incompatible avec la haute estime en laquelle se tiennent les membres de l'organisme français. Cette arrogance est loin de plaire aux membres de l'OFLQ. Sur la page de granddictionnaire.com dédiée à la baladodiffusion, on peut ainsi lire que la traduction proposée par la France n'a pas été retenue en raison de "sa forme trop descriptive, plus difficilement implantable, de son inaptitude à produire des dérivés adéquats et d'une concurrence inutile avec le terme baladodiffusion, déjà utilisé par un grand nombre d'usagers du Québec et de la francophonie", ce que l'on peut traduire sobrement par '"on est tannés de ces crisses de maudits Français, ostie". Souvent, cet acharnement de la Cogeter à rejeter le travail de l'OFLQ confine vraiment au ridicule. En 1999, la première a ainsi proposé de substituer frimousse au terme smiley, alors que la seconde avait déjà suggéré le mot binette en 1995.
La Cogeter tend en outre à se spécialiser dans les périphrases interminables. Elle a par exemple proposé de traduire webmaster par administrateur de site (webmestre au Québec) et chat par dialogue en ligne (clavardage). Il me paraît pourtant évident que plus les mots que l'on nous proposera pour remplacer l'anglais seront longs et fatigants à prononcer, moins ils auront de chances d'être utilisés. La Cogeter ne se complaît toutefois pas uniquement dans l'allongement suicidaire des termes francisés. Elle opte parfois pour des traductions phonétiques d'une absurdité consternante. Elle a par exemple décidé de remplacer CD-ROM par l'ignoble cédérom dont la seule vue réveille le tueur psychopathe qui sommeille en moi. Heureusement, cette approche semble avoir été abandonnée. Je craignais déjà de devoir un jour envoyer mes images jipègue sur un serveur eftépé, et que mes amis soient contraints de taper une uèrel afin d'accéder à mon flux èrécesse.
Quand elle ne détruit pas les sigles, la transposition phonétique peut certes s'avérer pertinente. L'OQLF a par exemple proposé de traduire blog par blogue, qui a une forme plus française. Il était néanmoins inacceptable que la France prenne des leçons de français des petits Québécois, et la Cogeter a préféré préconiser le terme "bloc-note", que personne n'utilise. Je suis en outre très troublé par certains choix de traductions que des mauvaises langues pourraient qualifier de politiquement orientées. Alors que l'OQLF propose comme équivalent de hacker les termes bidouilleur (plus proche du sens initial) et pirate informatique (définition propagée par les grands médias), la Cogeter se contente du second sens et propose la traduction péjorative fouineur. Venant d'un pays à tradition répressive ayant voté la LCEN et la DADVSI, ce contresens n'est toutefois guère surprenant. Parfois, heureusement, la France reprend quelques termes québécois, comme courriel pour email. Dans ce cas précis, elle n'a toutefois pas pu s'empêcher d'ajouter son grain de sel en proposant de remplacer ce terme par Mél., lorsqu'on le fait par exemple figurer sur une carte de visite, afin de l'uniformiser avec l'abréviation Tél. (numéro de téléphone).
J'aimerais vraiment savoir si l'attitude de la Cogeter est avant tout dictée par l'incompétence technique de ses membres, ou seulement par l'idée incongrue que seule la France a son mot à dire sur l'évolution de la langue française. J'ai envoyé un mail courriel il y a plus de dix jours aux membres de cette institution pour qu'ils m'éclairent sur ce point, mais je n'ai pas encore obtenu de réponse. Ils doivent être trop occupés à chercher une traduction officielle pour useless.
Le retour de la neige
Soumis par Ian le mar, 26/12/2006 - 19:30.Malgré des débuts prometteurs, nous n'avons quasiment pas eu de neige de tous le mois de décembre, et le peu qui est tombé a très rapidement fondu. Heureusement, les flocons sont revenus en force ces dernières 24 heures.
Pourvu que ça dure...
Entremetteurs
Soumis par Ian le jeu, 21/12/2006 - 15:27.Dès qu'une personne annonce son installation prochaine dans une nouvelle ville ou un nouveau pays, ses proches ressentent l'irrésistible envie de lui faire rencontrer une ou plusieurs de leurs connaissances ayant établi leurs pénates au même endroit. Qu'il s'agisse de l'arrière petit cousin par alliance de l'ex-femme de leur concierge, d'un mémorable partenaire de bridge extrême ou d'une ancienne proie levée après une nuit de combat et 5 tequilas frappées, ils ne peuvent supporter l'idée que l'on vive à moins de 10 km d'une de leurs relations sans lui rendre visite.
Les personnes correctement intégrées dans la société et dénuées de toute misanthropie apprécient vraisemblablement le privilège de disposer ainsi d'un carnet d'adresses bien rempli avant même d'avoir posé un orteil dans leur nouvelle contrée. Chez un névropathe dans mon style, cela génère toutefois exactement le contraire de l'effet escompté. Je souffre en effet d'une timidité maladive qui me conduit à repousser plusieurs fois le moment où je dois appeler un ami au téléphone, même si je le connais depuis dix ans. Parcourir la liste de tous les numéros de téléphone que l'on m'a donnés pour que je joigne des personnes à qui je n'ai strictement rien à dire me plonge dans une angoisse difficilement descriptible.
Je me demande par ailleurs si le fait que des personnes habitent dans la même ville que moi et connaissent les même personnes justifie que je les contacte. J'ai beaucoup d'amis à Paris, et aucun n'a jamais jugé nécessaire de me présenter toute sa famille et toutes ses relations, un carnet dans une main et un crayon dans l'autre pour cocher chaque nom. Si j'ai sympathisé avec le beau-frère de l'un ou l'ex de l'autre, c'est parce que nous nous sommes rencontrés au hasard d'une soirée, ce qui a le mérite d'être plus spontané et moins artificiel. Si le courant ne passait pas, je pouvais en outre écourter la conversation en prétextant l'urgence d'aller chercher un nouveau verre de sangria. Pour moi, appeler quelqu'un, c'est déjà s'impliquer dans une relation.
Bien sûr, j'imagine que les gens qui me donnent ainsi l'annuaire de leurs connaissances au Québec s'inquiètent de me savoir dans un pays lointain où je pourrais me sentir seul. Je peux dans ce cas les rassurer en disant que j'ai déjà beaucoup d'amis à Montréal. Je culpabilise déjà de tarder à appeler certains d'entre eux. Il est inutile d'en ajouter. J'ai d'ailleurs décrété ce soir que je pouvais m'abstenir d'appeler les gens à qui je n'ai jamais parlé afin et de consacrer l'énergie épargnée à recontacter les gens à qui je parle trop peu.
Je suis sans doute un peu ingrat, car cette manie de mettre les gens en relation a beaucoup de bons côtés. Si mon ami Antoine ne m'avait pas fourni les coordonnées de Cécile lorsque je suis venu à Montréal pour la première fois, le début de mon séjour aurait sans doute été bien plus compliqué. Cela a été en outre l'occasion de me faire une véritable amie. Le vrai problème est que je suis victime d'un grave blocage téléphonique qui devient quasiment insurmontable lorsque je dois appeler un inconnu. Ce n'est sûrement pas normal, mais je n'ai vraiment pas le temps d'aller voir un analyste.
Enquête téléphonique
Soumis par Ian le mar, 19/12/2006 - 13:36.Quand Io et moi habitions encore Paris, il ne se passait pas un mois sans que nous soyons dérangés en plein repas par l'appel téléphonique d'un enquiquineur souhaitant nous vendre une assurance vie ou une cuisine tout équipée. Parmi tous ces importuns, je me dois d'ailleurs de décerner une mention spéciale à la société K par K, qui persistait à nous proposer chaque mois un devis gratuit pour installer de nouvelles fenêtres à notre appartement, bien que nous leur ayons expliqué cent fois que nous n'étions pas propriétaires. La palme de l'hyprocrisie revient quant à elle aux sociétés dont nous étions déjà clients telles que France Télécom ou Club-Internet, qui nous bombardaient d'appels téléphoniques ou de SMS afin de nous proposer des offres totalement inadaptées à nos besoins, se dissimulant derrière l'argument spécieux qu'il ne s'agissait pas de démarchage mais d'une simple information aux abonnés. Quand les suppôts du telemarketing triomphant se calmaient, les zélateur du sondage d'opinion se chargeaient à leur tour de m'arracher à la dégustation de ma tête de pigeon au gasoil, afin de m'infliger de multiples questions sur la politique ou le show business, dont la stupidité n'avait d'égale que les quatre malheureuses réponses que l'on me proposait pour chacune d'elles.
Conscient que la tâche ingrate visant à troubler la tranquillité des honnêtes gens est essentiellement remplie par des étudiants fauchés trop mauvais en technologie pour faire de l'assistance clientèle, je me contentais au départ de rejeter calmement leurs sollicitations. Au fil des appels, j'ai toutefois réalisé que plus je faisais preuve de gentillesse, plus mes interlocuteurs tentaient d'en abuser, et s'accrochaient à moi tel le journaliste de TF1 à un ministre. A bout de nerfs, j'ai même demandé à figurer sur la liste Orange qui permet d'éviter d'être appelé par des démarcheurs, mais le fichier qui contenait notre numéro devait avoir tellement circulé que cette démarche n'a été suivie d'aucun effet.
Tout ça pour dire que lorsque nous avons ouvert notre nouvelle ligne chez Bell Canada, nous avons immédiatement demandé à ne figurer dans aucun annuaire, qu'il soit destiné aux particuliers ou aux entreprises. Le service coûte environ un dollar par mois, mais l'investissement était largement justifié s'il nous permettait de me plus être importuné. Nous nous sommes malheureusement vite rendus compte que ce n'était pas si simple. Quelques jours après avoir emménagé, nous avons en effet reçu l'appel d'un automate vocal disant à peu près "Bonjour, Monsieur Schmurtz, ceci n'est pas un appel de télémarketing, veuillez nous appeler d'urgence au numéro sans frais xxxx, poste yyy". Mon premier réflexe a été d'appeler le numéro en question pour signaler que je n'étais pas Monsieur Schmurtz, mais il fut instantanément annulé par ma procrastination maladive, ce qui s'est pour une fois avéré bénéfique.
Depuis, nous avons en effet reçu ce type d'appel au moins une fois par semaine, avec à chaque fois un nom de destinataire et un numéro de poste différent. Dans le dernier appel que j'ai reçu aujourd'hui, ces derniers étaient même remplacés par une pause d'une seconde, sans doute en raison d'un bug de l'automate.
Alors que je pensais auparavant que ce message était destiné à la personne qui possédait la ligne avant nous, j'ai finalement acquis la quasi-certitude qu'il s'agit d'une arnaque visant à conduire ses victimes à appeler un numéro surtaxé. Cette hypothèse s'est confirmée tout à l'heure quand j'ai composé le *69 afin d'obtenir le numéro de l'appelant. Lorsque j'ai appelé ce dernier, je suis tombé sur un message d'accueil me demandant d'entrer un numéro de NIP. Il est donc vraisemblable que la personne qui nous harcèle passe par les services d'un opérateur téléphonique à prix réduit afin de masquer son identité. Cette méthode peu orthodoxe confirmerait qu'elle a conscience de faire des choses pas très honnêtes.
Je me retrouve bloqué à ce stade de ma petite enquête, et la seule solution qu'il reste pour ne plus recevoir ces appels semble de porter plainte à la police. Je n'exclue d'ailleurs pas cette éventualité, car nous avons également reçu deux appels à cinq heures du matin, notre correspondant raccrochant après un court silence. Tout ça me rappelle de très mauvais souvenirs.
10 manières de se faire repérer comme Français à Montréal
Soumis par Ian le ven, 15/12/2006 - 17:25.10. Acheter du sirop d'érable dans une bouteille en forme de feuille.
Ce produit est un pur attrape-touriste. Le sirop d'érable en boîte de conserve est aussi bon et nettement moins cher.
9. Au volant, ne pas laisser la priorité aux voitures qui tournent en face quand le feu vert clignote.
Cette particularité du code de la route est absente de l'Hexagone et de bien d'autres pays.
8. Tendre un billet de 5 dollars dans une boutique pour payer un article à 5 dollars.
Contrairement à la France, les taxes ne sont pas incluses dans les prix affichés sur les étiquettes.
7. Ne pas donner de pourboire aux serveurs dans les restaurants ou les cafés.
Même après plusieurs années au Québec, certains Français persistent à ne pas comprendre que le service n'est pas compris.
6. Entrer dans la fromagerie Hamel.
Cette boutique n'est pas exclusivement fréquentée par des Français, mais on y trouve une forte concentration d'expatriés venant chercher leur drogue.
5. Ne pas voir la file d'attente devant le bus et passer devant tout le monde.
Cette attitude est tellement liée au stéréotype du maudit Français, que même si vous êtes Belge (ou Québécois), personne ne s'en doutera.
4. Porter des moon boots.
C'est aussi stupide que d'aller sur la lune avec un Kanuk[1].
3. Rouler en Smart.
Le bon point est que personne ne tentera de vous la voler.
2. Acheter Le Canard Enchaîné.
La plupart des Québécois connaissent aussi bien la politique française que les Français connaissent la politique québécoise.
1. Parler.
N'essayez surtout pas d'imiter l'accent. Personne ne sera dupe et c'est vous qui aurez l'air idiot.
Notes
[1] oui, je plagie Desproges.
Noël ta mère
Soumis par Ian le ven, 08/12/2006 - 09:38.Au Québec, l'arrivée de l'hiver ne signifie pas seulement le retour du froid et de la neige, mais malheureusement aussi celui du bourrage de crâne sur le thème de Noël. Les Français ne sont certes pas les derniers à se complaire dans la décoration d'arbres mort et l'adoration de vieillards exploiteurs de rennes. La fièvre qui s'empare de nombreux habitants de la Belle Province dès le premier novembre ravale toutefois les tentatives de mes compatriotes au rang du témoin de Jéhovah tentant d'apprendre à rire en se brûlant.
Que certains Québécois soient prêts à payer quelques centaines de dollars pour orner l'extérieur de leur maison de guirlandes électriques, justifiant du même coup la construction de quelques centrales au charbon, passe encore. La chose la plus pénible à endurer reste néanmoins l'omniprésence des musiques de Noël dans les magasins. Que l'on achète un manteau d'hiver chez Winners, des gouttes pour le nez chez Jean Coutu, ou un édredon chez Ikea, il est impossible d'échapper à ces mélodies sirupeuses clamant la joie de vivre Noël tous ensemble sur la planète de George Bush, du chanteur Raphaël et de Varda Etienne.
Loin devant les classiques Jingle Bells (Vive le vent) et O Christmas tree (Mon beau sapin), le morceau le plus diffusé semble être la rengaine Little Drummer Boy (L'enfant au tambour), dont le "Pa Ram Pam Pam Pam" répétitif et énervant s'incruste en boucle dans le cerveau de l'auditeur, et dont il est impossible de se débarrasser autrement que par une surconsommation de champignons hallucinogènes.
Le calvaire serait presque supportable si cette litanie était entrecoupée de morceaux de Black Sabbath ou de Marilyn Manson, mais dans la plupart des commerces, les chants de Noël constituent 100% de la programmation musicale. J'en suis venu à renier mes principes pacifistes, et rêver de pendre Roch Voisine avec les tripes de Frank Sinatra, s'il n'existait un problème technique avec ce dernier.
Appel à témoignages
Soumis par Ian le jeu, 07/12/2006 - 07:23.Une journaliste m'a contacté afin d'obtenir des témoignages de visiteurs de ce site pour un article qu'elle est en train d'écrire.
Voici son message :
Bonjour à tous,
Je suis journaliste indépendante et tente d'écrire un article qui se voudrait étonnné et amusant sur la méconnaissance qu'ont les Français du Québec. Avant d'y venir évidemment. Le rêve québécois, oui, mais quel rêve québécois ? Un décalage qui, je l'avoue, me surprend toujours quand je vais en France, étant à moitié française moi-même. Je cherche à publier ce texte dans divers journaux européens.
Est-ce que certains d'entre vous accepteraient de me raconter avec honnêteté ce qu'ils savaient réellement du Québec avant de songer à y déménager ? Et même une fois arrivés à destination ?
En histoire ? En géographie ? En termes de langue québécoise ? Saviez-vous que Montréal n'était pas la capitale du Canada ? Que l'été était torride ? D'autres exemples ? Des anecdotes rigolotes ? Des surprises totales, aussi énormes furent-elles ? Aujourd'hui, êtes-vous à votre tour surpris de l'ignorance de vos familles et amis restés au pays ? Vous posent-ils des questions qui vous décrochent un sourire en coin ?
Soit vous apportez de l'eau au moulin, soit vous vous inscrivez en faux, bien entendu.
J'apprécierais beaucoup votre collaboration, sans laquelle l'article devient difficile à élaborer.
Salutations distinguées,
Emmanuelle Tassé
Vous pouvez témoigner en postant un commentaire sur ce billet, ou en envoyant directement un message à emmanuelle, suivi de @ et de bellnet.ca.
Comme l'a signalé seb, je pense que la méconnaissance de la France de la part des Québécois pourrait également être un excellent sujet à aborder dans cet article, ou un autre.
La neige est là
Soumis par Ian le lun, 04/12/2006 - 05:35.Pour fêter ça, Bell a coupé l'accès au net pendant plus d'une journée. Il ne fallait pas, vraiment.
Incertitude professionnelle
Soumis par Ian le ven, 01/12/2006 - 14:00.Ces trois dernières semaines, j'ai travaillé sur la traduction d'articles informatiques pour une maison d'édition siégeant à Paris. Même si cette tâche ne ne monopolisait pas toutes mes journées, je n'ai pas vraiment pris le temps de prospecter les entreprises québécoises, ni même de finir mon CV. Je me pose en ce moment beaucoup de questions sur mon orientation professionnelle. Après avoir été salarié pendant dix ans, je songe en effet de plus en plus à devenir travailleur indépendant, afin de pouvoir choisir librement mon emploi du temps et mon mode de fonctionnement.
Une première option est de continuer à écrire des articles pour l'entreprise française avec laquelle je travaille actuellement, et de me lancer en parallèle dans le développement de sharewares pour Macintosh. J'ai aussi quelques projets d'écriture que je repousse depuis des années. Le problème est que je n'aurai toujours aucune expérience québécoise dans mon CV. Cela risque d'être handicapant si je décide dans quelques mois de chercher un emploi salarié, la maison d'édition n'ayant plus besoin de moi et mes programmes n'ayant pas eu le succès escompté.
Une seconde option est de chercher un emploi salarié tout en continuant mes activités rédactionnelles, et réduire ces dernières quand j'aurai trouvé un poste. L'aspect positif de cette stratégie est que je pourrai justifier d'une expérience québécoise. Je pourrais en outre constituer un réseau de connaissances qui se montrerait bien utile si je décide plus tard de me lancer en freelance. Je garde toutefois un souvenir mitigé de l'époque où j'étais à la fois développeur à temps plein et pigiste pour un magazine d'informatique, car je n'avais plus du tout de temps libre.
J'imagine que tout ceci se résume à un choix entre faire des choses qui me plaisent et bénéficier d'une relative sécurité.
Le plus ironique dans cette histoire est que la semaine dernière, j'ai été contacté par deux personnes à quelques jours d'intervalle pour me proposer un entretien d'embauche en France. La première appartenait à une agence de recrutement cherchant un développeur web pour le site d'un groupe de presse informatique. La seconde travaillait aux ressources humaines d'une SSII et me proposait de rejoindre leur pôle de services Open Source.
Quand je pense aux difficultés que j'ai eu à trouver un travail de développeur lors de ma dernière année en France, notamment parce que je n'ai pas le sacro-saint diplôme d'ingénieur, je ne peux m'empêcher de rire jaune.
Maudit Français, l’émission
Soumis par Ian le mer, 29/11/2006 - 07:59.Je vais sûrement me faire détester, mais le sketch sur les maudits Français m'a fait rire.
A l'attention des lecteurs ne recevant pas la chaîne québécoise TVA et ne consultant pas régulièrement les blogs d'expatriés français au Québec, je fais ici allusion à l'émission "On a pas toute la soirée" diffusée le 19 novembre dernier. Dans cette dernière, le présentateur Éric Salvail partait en Safari à Paris à la recherche d'un maudit Français, et le ramenait au Québec afin de l'intégrer à la population locale. La vidéo est disponible sur Google Video (Partie 1, 2, 3 et 4).
Cette diffusion a provoqué la colère de nombreux Français résidant au Québec qui ont accusé Éric Salvail de racisme. Une mystérieuse organisation nommée "Union française" dont je ne soupçonnais même pas l'existence lui a demandé de faire des excuses publiques, et diverses plaintes ont été déposées auprès de TVA et du CRTC. Je suis vraiment très surpris par cette polémique, car pour moi, le but de cette émission était juste de rire des stéréotypes sur les Français, et pas du tout de les rendre crédibles.
A part quelques provocations un peu faciles d'Eric Salvail, la première partie de ce sketch se déroulant dans Paris est relativement gentille. Je dirais même qu'elle n'est pas très éloignée des blagues que fait Jean-Yves Lafesse à ses compatriotes sans crainte de passer pour un fasciste. On assiste d'ailleurs à d'excellents moments d'auto-dérision québécoise, par exemple lorsque le présentateur s'embarque dans une jeep américaine, qu'il se fait traiter de maudit Canadien ou qu'il explique qu'il va emmener sa proie fraîchement capturée dans son chalet.
La deuxième partie du sketch se déroule sur le plateau de l'émission au Québec. On y voit le maudit Français arraché depuis peu à son milieu naturel se faire totalement relooker afin de pouvoir se fondre facilement dans son nouveau décor. Là encore, j'ai du mal à voir autre chose qu'une satire de la société québécoise quand je vois l'espèce de kakou qu'il devient après sa métamorphose. Au cours de cette partie, l'animatrice Varda Etienne insiste en revanche un peu trop longuement sur la mauvaise odeur présumée des Français, ce qui semble être la principale cause de la polémique concernant cette émission.
Bien que cette allusion désobligeante sur l'hygiène des Français ait pu blesser, elle me semble avoir été motivée uniquement par un souci d'amuser le public et faire grimper l'audience, et pas du tout par le racisme. Éric Salvail a d'ailleurs expliqué clairement quelques jours plus tard que c'était de l'humour. On aurait pu penser que cette mise au point allait suffire à lever l'ambiguïté, et que les Français en colère allaient passer à autre chose, mais ce n'est pas le cas. Une partie d'entre eux s'est obstinée à lui demander des excuses.
Je ne comprends vraiment pas cette attitude. Quitte a passer pour un naïf, je préfère en effet croire en la bonne foi d'Eric Salvail lorsqu'il dit qu'il plaisantait (ce qui le dispense de faire des excuses) plutôt qu'il demande pardon à genoux tout en pensant réellement que tous les Français puent. On peut certes trouver que son humour est de mauvais goût, mais c'est une notion totalement subjective qui ne justifie pas du tout que l'on fasse un scandale. Le sarcasme est selon moi une composante essentielle de l'humour. A force de crier au racisme à chaque fois qu'un comique se montre un peu cynique, j'ai peur qu'il ne nous reste un jour plus que les blagues carambar à se mettre sous la dent.
Pour conclure, j'aimerais présenter deux vidéos qui ont obtenu un énorme succès en France. La première est une parodie de Olivier et Gad Elmaleh de l'émission Qui veux gagner des millions avec des personnages québécois. Au cours de cette dernière, on apprend notamment que le candidat compte se servir de l'argent gagné pour se payer des putes. La seconde vidéo est un sketch des Inconnus faisant un parallèle entre les immigrés maghrébins en France et la vieille série télé "les envahisseurs".
A ma connaissance, on n'a pas entendu beaucoup de Français s'offusquer lorsque ces sketchs ont été diffusés. Je serais par ailleurs très étonné que les personnes qui s'acharnent aujourd'hui sur Éric Salvail ne rient jamais des histoires de Belges idiots ou de blondes stupides si prisées de mes compatriotes. Ce paradoxe tendrait à prouver que de nombreuses personnes évaluent essentiellement le bon goût d'une blague en fonction de sa cible et non de son contenu, leur pensée pouvant se résumer à la maxime "On peut rire de tout, sauf de moi".
Mise à jour du 1/11/2006
Eric Salvail et Varda Etienne se son excusés. J'ai enfin trouvé un article relatant le dénouement.










