Archive - juin 2003
Le retour du p’tit maudit
Soumis par Ian le lun, 23/06/2003 - 02:55.
Ayant toujours l'idée de venir un jour m'installer au Québec malgré près de deux ans d'absence, j'ai décidé d'emmener ma blonde 3 semaines dans la Belle Province afin de la convertir à ce projet. J'admets que ce ne fut pas bien difficile car l'ambiance parisienne nous pèse à tous les deux depuis un certain temps. J'ai également souhaité reprendre ce journal (aujourd'hui, on appelle ça un blog ou un joueb. Ca fait plus classe) pendant la durée de notre séjour. Je pense toutefois le mettre en ligne seulement à notre retour puisque je ne sais pas si j'aurai toujours une connexion Internet à ma disposition.
Nous sommes arrivés dimanche vers 14 h à l'aéroport Orly Sud. faute de moyens, nous avons dû laisser de côté la compagnie US Airways qui m'avait emmené lors de mon premier voyage pour nous rabattre sur un charter. L'embarquement et le voyage se sont déroulés sans incidents majeurs, hormis mon habituelle appréhension au décollage. Lorsque nous sommes arrivés à la moitié du trajet, les hôtesses ont distribué aux passagers les classiques formulaires de douane à remplir et, petite suprise, un document d'information sur le SRAS, cette fameuse maladie qui fait trembler dans les chaumières. Moyennement rassurant, ce dernier explique aux passagers qu'ils ont peut-être voyagé dans une région affectée par l'épidémie et propose un petit questionnaire d'auto-évaluation à remplir afin d'être sûr de ne pas être infecté (et, j'imagine, d'être orienté vers les services médicaux adéquats en cas de doute). Si je ne peux qu'approuver cette mesure de prévention, j'ai été particulièrement énervé de la manière dont certains medias ont parlé de ce fléau depuis qu'il a fait son apparition. De nombreux articles semblent en effet avoir été écrits dans le simple but de faire paniquer la population, menant à une espèce de paranoïa généralisée, même dans les pays peu ou pas touchés. J'ai au moins deux exemples. Le premier concerne un ami revenu de Chine avec une méchante crève au tout début de l'épidémie. Le médecin lui ayant garanti que les symptômes étaient ceux d'un simple rhume, il a décidé de se rendre dès le lendemain au travail. Au bout d'une journée, il a toutefois dû renoncer et prendre un congé maladie. Non pas parce qu'il se sentait à deux doigts de la mort, mais tout simplement parce que tous ses collègues de bureau était terrorisés à l'idée de se voir contaminés par cet individu forcément porteur du méchant virus, et le considéraient comme un pestiféré. Le deuxième exemple me concerne directement puisque plusieurs personnes ont tenté de me dissuader d'aller au Canada. Il a donc fallu que j'explique que les seuls cas canadiens étaient localisés à Toronto. La distance séparant cette ville de Montréal étant bien plus grande que celle entre Tourcoing (également infectée) et Paris, j'étais plus en sécurité au Québec qu'en France. Penser que certains touristes pris de panique aient pu annuler leur voyage au Canada à cause de ce syndrôme m'étonne un peu. D'autant plus qu'il y a sûrement parmi eux des gens qui continuent aujourd'hui à fumer et à téléphoner en conduisant, ce qui est beaucoup plus préjudiciable à leur espérance de vie.
Arrivés à Mirabel, nous avons changé quelques euros contre de bons vieux dollars canadiens et nous avons appelé Mélanie, qui s'était gentiment proposé de nous hébergé le temps de notre séjour, pour l'avertir que nous arrivions enfin. Nous allions embarquer dans un bus lorsqu'un chauffeur de taxi nous a hélé pour nous proposer de nous emmener à Montréal pour le même prix, mais beaucoup plus rapidement. Nous avons accepté, et avons compris en apercevant les 4 passagers qui montaient dans le même monospace que nous que le chauffeur avait trouvé un bon plan pour gagner sa vie sans se fatiguer à écumer les rues de la ville. L'accueil de Mélanie a été chaleureux, et malgré la grosse châleur et la fatigue du voyage, nous avons trouvé la force de discuter un peu avant de nous coucher. Ce matin, nous réfléchissons aux choses que nous allons faire durant ces trois semaines. Et j'ai encore du mal à réaliser que je suis de retour à Montréal.

