Archive - janv. 2001

Date

Débordé

L'université, les articles pour mon journal d'informatique, les sorties, la guitare, le maudit Français...

Il faudrait des journées de 72 heures.

Ce qui m'amuse beaucoup, c'est qu'avant de partir pour le Québec, j'avais prévu un tas de choses à faire ici : pratiquer un sport afin d'éviter la brioche que je risque d'avoir dans quelques années, perfectionner mon anglais, me mettre sérieusement à la cuisine, écrire des programmes, et j'en oublie. Même si je n'ai réalisé que la moitié de mes projets, il faut quand même bien avouer que je m'ennuie rarement.

Si j'énumère toutes ces activités, ce n'est néanmoins pas dans le but de passer pour une espèce de superman du troisième millénaire. Non. C'est plutôt une manière à peine voilée de justifier la baisse d'énergie que je sens transparaître dans ce journal. Heureusement, je pense que ce déclin ne devrait être que provisoire. J'espère juste que le lecteur ne se lassera pas avant que je me ressaisisse.

C'est drôle, je crois que je commence à saisir l'angoisse qui étreint le pdg lorsque qu'il doit annoncer les mauvais résultats de son entreprise aux actionnaires.

Douce France

En qualité d'expatrié, je ne peux m'empêcher de m'intéresser de temps à autres à ce qui se passe dans mon beau pays, et on peut dire que les choses bougent, actuellement.

Il y a bien sûr la proposition totalement délirante du medef de repousser la retraite après soixante ans. Les manifestations de protestations sont toutefois si importantes que je ne pense pas que ce projet sera concrétisé. Heureusement. Je ne sais pas dans quel état je serai, à 67 ans.

On peut également assister à la fièvre militante de quelques Parisiens à l'approche des élections municipales, qui devraient voir la droite se faire éjecter après 24 ans d'occupation. Mais honnêtement, à part la mine déconfite de Jean Tibéri lors du grand soir, je ne vois pas ce que ce changement nous apportera comme satisfaction notable. Il y aura toujours des pigeons hideux partout, des crottes de chiens sur les trottoirs, des logements aux prix scandaleux et des alertes à la pollution tous les été. Et des masochistes dans mon style qui aiment Paris malgré tout.

La crise de la vache folle semble être un peu moins à la mode ces derniers mois. A ce propos, Laure m'a affirmé qu'elle n'a pas pu donner son sang lors de la collecte qui s'est déroulée à l'université de Montréal il y a quelques jours. Ces brave Québécois redouteraient qu'on leur refile l'encéphalite spongiforme bovine. Je n'ai pas pu vérifier l'information. Mais si Laure le dit, j'y crois...

Un autre sujet qui attire particulièrement mon attention ces derniers temps, c'est la tentative de diabolisation de l'Internet de la part de nombreux médias français soi-disants progressistes . L'article de Philippe Val n'en est qu'un faible échantillon. Dégoûtés de ne plus être les seuls à pouvoir s'exprimer à un large public, les journalistes décrivent en effet les créateurs de sites web indépendants comme de dangereux agitateurs publiant des informations fausses, illégales ou diffamatoires sans aucune forme de déontologie (l'homme que vous lisez en ce moment même est par le fait une immonde crapule). Ils militent donc pour un contrôle strict des contenus, qui permettrait notamment d'interdire certains sites avant même qu'ils soient mis en ligne. J'imagine le scandale si on imposait demain à Libération un passage systématique sous l'oeil des censeurs avant chaque parution. Mais non, suis-je bête. Tout ce qui est écrit dans les journaux est vrai.

On pourrait supposer que le gouvernement du Québec, d'ordinaire plus ouvert aux nouvelles technologies évite de tomber dans ce genre de piège. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Celui-ci est en effet sur le point d'adopter une loi qui risque de pousser les hébergeurs à censurer d'eux-même les sites gênants sans qu'ils soient forcément illégaux. J'aime ces pays démocratiques dont les grands penseurs sont si soucieux de défendre la liberté d'expression de chaque individu.

Blues du soir

Hier soir, je suis allé bouger mon corps à la boîte Central station avec quelques amis. Charlotte et Charles sont passés me prendre en voiture. Comme nous sommes arrivés assez tôt, il y avait encore peu de monde, et la salle me paraissait vraiment petite. Aline devait théoriquement être déjà là, ainsi que Julie et sa soeur. Comme nous ne les trouvions pas, nous nous sommes affalés sur un fauteuil en attendant leur arrivée. Au fur et à mesure que se remplissait la salle, j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup plus de filles que de garçons, à croire qu'un match de hockey était diffusé à la télévision ce soir là. Beaucoup étaient très jolies.

Ian : A ton avis, quel âge peut bien avoir la mignonne petite asiatique sur ta droite ? Elle me paraît vraiment jeune.

Charlotte : Mon âge probablement.

Ian : Rappelle-moi ton âge ?

Charlotte : 21.

Ouch. C'est moi qui doit être vieux, alors.

Aline, Claire, Julie et des amis à elle nous ont finalement rejoints une heure plus tard, alors que nous étions parvenus à nous extraire du canapé pour danser un peu. Ils étaient en fait arrivés depuis longtemps, mais se trouvaient dans la salle du premier étage, dont nous ignorions l'existence. Bon.

Nous nous sommes rendus à la salle en question, beaucoup plus grande, qui m'a beaucoup rappelé le Queen, avec les filles en plus, toutefois. Il y avait malheureusement énormément de monde, et les bousculades régulières m'ont replongé dans l'ambiance du métro parisien. En outre, notre petit groupe était scindé entre le clan de ceux qui voulaient rester en haut où passait essentiellement de la techno, et ceux qui voulaient aller en bas, où on pouvait entendre de la musique plus variée. Nous avons donc passé une partie de la soirée à monter et à descendre selon les humeurs de chacun.

En fait, je dois bien avouer que je n'étais pas de très bonne humeur ce soir là. Heureusement que j'étais avec des gens que j'apprécie, car j'ai trouvé le milieu assez stressant. Aline a ainsi dû se dépétrer d'un mec lourd et maladroit avec qui elle dansait avant de se retrouver disloquée.

Jamais content

Je n'ai vraiment pas de chance avec mes partenaires de travail à l'université. Au premier semestre, trois étudiants s'étaient désistés au dernier moment, ou avaient abandonné le cours alors que nous devions rendre un projet ensemble. Mardi dernier, j'avais rendez-vous avec un binôme potentiel pour discuter d'un TP. Je l'ai attendu sans succès pendant une demi-heure et j'attends toujours son mail d'excuse. D'accord. je lui ai moi-même envoyé un message assez froid du style "J'étais au rendez-vous à l'heure prévue, mais je n'ai vu personne. C'est normal ?". Mais je trouve cela excessivement gentil par rapport à ce que j'aurais pu dire sans mon sens inné de l'autocensure.

J'ai bien trouvé un partenaire pour une autre matière, mais j'aurais finalement préféré que ce dernier me pose également un lapin. Il représente en effet la caricature de l'informaticien primaire que je déteste : djeunz avec casquette à l'envers, qui se laisse pousser la barbe sans en avoir les moyens (au moins, moi, je m'abstiens) et qui customise à mort son environnement de travail avec des icônes et des fonds d'écran débiles. Bien qu'en troisième année d'informatique, ce garçon ne semble toujours pas avoir compris qu'il existe une vie après Microsoft (et accessoirement, après l'informatique). Les amateurs d'Unix cerneront rapidement le personnage si je précise qu'il utilise la commande "dir" au lieu de "ls" pour afficher le contenu des répertoires (maudits aliases). Les non-informaticiens, partez pas, j'ai fini.

On pourrait s'offusquer de ma critique sans nuance de ce garçon qui a le droit de vivre, après tout. Le problème, c'est qu'il semble dépenser bien plus facilement son énergie à jouer au Sokoban qu'à travailler sur le projet en question. Quand je lui demande son avis, il me répond qu'il ne sait pas, et quand il semble avoir une idée et que je lui propose de prendre le clavier pour la coder, il semble tétanisé. J'irais bien plus vite si j'étais seul, mais on est obligé de rendre un travail à deux.

J'arrête, je vais m'énerver. J'espère juste qu'il ne tombera pas sur ce texte. Ce serait le comble.

Tous les érabliers

"Alors, tu comptes t'installer au Québec ?"

Voici le genre de question auquel s'expose toute personne ayant décidé de passer quelques mois de sa vie ailleurs qu'au café des sports de Lamotte-Beuvron. La plupart des personnes qui me la posent sont toutefois loin d'imaginer l'abîme de perplexité dans lequel elle me plonge. Si j'ai décidé de passer ce séjour au Canada, c'est avant tout pour changer de décor et me permettre de faire un peu de ménage dans mon pauvre cerveau qui en avait bien besoin. Je n'avais certes pas exclu d'y rester plus longtemps que prévu si le pays me plaisait.

Le pays me plaît beaucoup, mais il m'est arrivé quelques tuiles avant de quitter la France. D'une part, j'ai trouvé un emploi très intéressant qui m'a permis de réaliser que mon parcours personnel tortueux m'ouvrait la porte à une foule de métiers créatifs et motivants. D'autre part, j'ai fortement sympathisé avec une jeune fille qui doit se languir de moi en Europe autant que je me languis d'elle en Amérique. J'ai également laissé derrière moi une foule d'amateurs de boissons fortes et de soirées animées, que j'ai egocentriquement baptisée le "ian's network" et qui font de Paris, une ville presque fréquentable.

M'installer à Montréal m'obligerait à reprendre à zéro une grande partie de ma vie. J'ai déjà donné. J'aimerais pouvoir trouver un peu de stabilité et consacrer ainsi davantage de temps et d'énergie à l'écriture et à la musique plutôt que de galérer entre le travail, l'université et les démarches administratives comme cela a été le cas ces deux dernières années. Je dois être en train de vieillir.

À lire ces lignes, on pourrait penser que mon choix est déjà fait. J'ai toutefois autant de bonnes raisons de rester au Québec. Le ian's network dispose à présent de ramifications à Montréal, et il y a de nombreuses habitudes québécoises dont j'aurais du mal à me détacher : pouvoir laisser mes affaires dix minutes sur une table à l'université sans craindre de me les faire voler, voir des commerçants sourire, prendre le métro (presque) sans jamais me faire marcher dessus, et ne pas me sentir agressé à chaque regard que je croise dans la rue. Quand je dis à des Montréalais que leur ville est calme, ils sont surpris. Tout est relatif, je suppose.

J'ai fait part de mon dilemme à mes camarades parisiens expatriés, et ils redoutent également le choc du retour. Quelques-uns souhaitent d'ailleurs s'installer ici car, disent-ils, rien ne les retient en France. Dans ce cas précis, c'est une chance.

Le plus pesant avec les personnes qui s'inquiètent de mon installation, c'est que certaines semblent avoir une idée précise de ce qui constitue le BON choix. Et je sais que selon ma décision finale, elles me traiteront intérieurement de lâche ou de lacheur. Je peux néanmoins me consoler en me disant que parmi celles-ci, il y aura sûrement les jaloux qui avaient déjà voulu me dissuader de partir.

Qui est in, qui est out ?

C'est vraiment étrange de vivre dans un pays dont on ne connaît pas toute l'histoire, la culture et l'actualité. Par exemple, depuis quelques semaines, j'apprends à jouer de la guitare seul dans mon coin en travaillant le morceau "Rue principale", des colocs. C'est une chanson que j'aime bien et qui comporte l'immense avantage de n'être composée que d'accords en do majeur, les seuls que je connaisse pour le moment. J'ai appris seulement il y a quelques jours que Dédé Fortin, le chanteur du groupe s'est suicidé au mois de mai dernier. C'est d'ailleurs une histoire assez surprenante. Ce dernier avait en effet consulté un psychologue quelques heures seulement avant de se donner la mort. Cet évènement tragique nous confirme qu'il ne faut jamais consulter un psychologue.

Ma totale méconnaissance des évènements et des tendances dont on parle dans les salons branchés a au moins un aspect positif. Cela m'oblige à apprécier les artistes pour leur oeuvre et rien d'autre, et éviter ainsi d'encenser machin parce qu'il n'est plus de ce monde ou de cracher sur truc dont le premier album était vachement bien, mais qui fait plus que du commercial, maintenant, tu voaaa. J'ai tout de même compris que taper sur Lynda Lemay était un moyen très efficace de montrer qu'on fait partie de l'élite culturelle. Mais ai-je envie de faire partie de cette élite ?

Non.

Le monde du silence

Lorsque je suis allé faire mes courses mercredi soir, j'ai eu l'impression de me retrouver dans un épisode de la quatrième dimension. En effet, quand je suis arrivé près du supermarché, j'ai constaté que la grande enseigne qui orne son entrée était éteinte et qu'il y avait l'air de faire très sombre à l'intérieur. Ne voyant aucune raison pour que le magasin soit fermé, je me suis quand même approché, et j'ai pu entrer sans problèmes. J'ai alors compris que le magasin était en fait victime d'une énorme panne de courant et qu'il fonctionnait sur son groupe électrogène. Bien que cela puisse paraître anecdotique, c'était vraiment une impression étrange de se promener entre les rayons très peu éclairés de ce supermarché immense. Les gens semblaient se déplacer au ralenti et le silence pesant était à peine troublé par le bip d'alarme des réfrigérateurs en train de dégivrer. Difficile de traduire cette atmosphère digne d'un film-catastrophe américain. On se serait cru dans une centrale nucléaire sur le point d'exploser, juste après l'évacuation des derniers scientifiques.

Après un moment d'angoisse, j'ai toutefois réalisé la chance inouï que nous possédions ce soir là : les haut-parleurs ne diffusaient aucune musique d'ambiance. C'est dans ces conditions que l'on se rend compte que loin de le détendre, les tubes que diffusent non-stop les magasins contribuent largement au stress du consommateur lambda faisant ses courses. Ce serait fabuleux que les margoulins s'en rendent compte et décident de déclarer une trève musicale générale et illimitée. Ce n'est pas que je n'aime pas la musique, mais on a pas les mêmes goûts.

Merci Hydro-Quebec.

A Philippe Val (1)

Cher Philippe,

Pour commencer ma missive, je tiens à préciser que j'ai toujours été un fan des spectacles de Font & Val et que pendant plusieurs années, j'ai acheté fidèlement Charlie Hebdo sans manquer un seul numéro. Ceci n'est pas de la flagornerie, mais plutôt un moyen de te faire comprendre que le discours qui suit n'est en aucun cas le fruit d'une haine quelconque à ton égard, ni de la supposée campagne nationale de dénigrement dont tu sembles te sentir victime.

Si je prends la plume aujourd'hui, c'est pour réagir aux propos purement scandaleux que tu as tenus dans ton édito du Charlie daté du 17 janvier dernier, concernant le contenu des sites web et la nature de leurs auteurs. Je passerai rapidement sur les approximations techniques qui le parsèment, auxquelles tu nous as longtemps habitués dès qu'il s'agissait de parler du réseau. Pas besoin en effet d'être un génie de l'informatique pour savoir que contrairement à tes déclarations hasardeuses, il est bien plus facile de protéger le contenu d'un mail, par exemple par le cryptage, que de publier des pages sur le web de manière totalement anonyme. En France, l'amendement Bloche oblige ainsi tout internaute à préciser son nom et son adresse auprès de son hébergeur sitôt qu'il créé un site personnel. En outre, si l'abonné entre des données erronées, les fournisseurs d'accès disposent d'une panoplie d'outils pour l'identifier sans aucune difficulté en cas de réquisition judiciaire.

Ce qui est plus choquant, c'est que tu présentes l'Internet comme une immense vitrine mondiale à la gloire du grand capital et du frustré sexuel de base, en faisant totalement abstraction du web indépendant. Lassés des sites de bourse et d'information bidon, de nombreux internautes ont en effet depuis longtemps décidé de jouer leur rôle de citoyen en créant leur propre site sur la toile. Certes, le pire côtoie le meilleur, et on trouve de tout, y compris du rut et de la domination. Mais c'est avant tout un immense espace de liberté d'expression où chacun est libre d'aborder tous les thèmes imaginables, qu'ils soient politiques, personnels, culturels ou autre, avec souvent une qualité qui n'a rien à envier à la presse traditionnelle. Evidemment, comme chaque auteur est son propre éditeur, il ne court aucun danger de se faire censurer par un rédacteur en chef soucieux de préserver sa carrière ou une ligne politique dictatoriale. Pour éviter de voir leur site défiguré par des bandeaux publicitaires, certains webmestres n'hésitent pas à payer eux-même leur hébergement pour quelques centaines de francs annuels. Une broutille par rapport aux centaines d'heures qu'ils auront passées à apprendre à créer un site, à récolter les informations et à rédiger des articles, tout cela sur leur temps de loisirs et sans aucune rémunération. Une telle contribution à l'enrichissement du web intelligent et non commercial mérite un minimimum d'analyse avant que l'on traite de délateur, de maniaque ou de nazi quiconque se lance dans une telle aventure. Ce n'est cependant pas innocemment que de nombreux journalistes matraquent sans relâche les histoires de pédophilie ou de violation de la vie privée sur le web, qui sont pourtant très marginales. Ils sont en effet dégoûtés de ne plus être les seuls à disposer du privilège immense qui consiste à pouvoir diffuser des idées à un très large public, et perdre ainsi leur statut de maître à penser.

Mais je perds mon temps à t'expliquer toutes ces choses que tu sais sûrement déjà. Ton papier semble en effet être avant tout une réponse fort maladroite aux articles parus récemment dans Uzine et presselibre.org, qui contestaient ton "troc" de page de pub avec Libé, et surtout, ton attitude de chéfaillon à la rédaction de Charlie Hebdo, où tu n'hésites pas à imposer tes choix de plus en plus réactionnaires, à censurer les articles et les dessins qui te dérangent, toi ou tes amis de gôche, et à te compromettre avec les défenseurs de l'ultra-libéralisme que tu prétends combattre. Je comprends que ces critiques aient pu blesser ton amour-propre. Quel plaie que ce réseau où tous les gens qui ne sont pas d'accord avec toi peuvent s'exprimer en toute liberté et arrivent à développer une argumentation qui se tienne sans avoir besoin de citer Montaigne et Diderot toutes les trois lignes. Si ces critiques sont infondées (ce dont je doute), la meilleure solution aurait été de les affronter de front plutôt que de pondre cet article lamentable et lâche qui ne fait que leur donner davantage de crédit. Méfie-toi, cependant. Penser que ton "ami lecteur" puisse adhérer sans broncher à tes délires paranoïaques et mégalomanes est une grave erreur.

J'ai vu qu'après avoir rejeté en bloc tout ce qui ressemblait de près ou de loin à l'Internet, tu t'es finalement procuré une adresse électronique (sans doute critiquais-tu aussi les scooters avant d'en posséder un toi-même). Les conneries que tu as écrites vont te permettre de recevoir des tonnes de mails. Tu dois être content. Quant à moi, je n'aurais jamais imaginé envoyer une lettre de protestation aussi virulente au rédacteur en chef de Charlie Hebdo. Il me semblait qu'on partageait globalement les mêmes valeurs de liberté d'expression et de respect de l'individu.

Je te prie d'agréer, Philippe Val, unique vrai penseur du millénaire passé et à venir, l'expression de ma profonde tristesse,

Ian Webmaster du site web taré-maniaque-fanatique-mégalomane-paranoïaque-nazi-délateur http://www.mauditfrancais.com, qui s'enorgueillit néanmoins de marcher à 100 % sans publicité et sans échange d'annonces avec Libération. Luz, Charb, Gébé, Cyran, Cavanna, ... , vous dormez ou quoi ?

-- (1) Les lecteurs qui souhaitent en savoir plus peuvent se rendre ici, ici et ici. Pis aussi ici, ici et ici.

Forget my number

S'il y a une chose que je ne supporte pas, c'est bien le démarchage par téléphone. Je considère que je suis assez grand pour faire moi-même mes démarches quand j'ai besoin d'un produit quelconque, sans que l'on ait besoin de me harceler. Depuis que j'ai emménagé dans mon studio, je reçois malheureusement trop souvent des appels d'entreprises essayant de m'envoyer des fax pour me vendre je ne sais quoi. Bien entendu, comme je n'ai pas de fax, ça ne marche pas. Cela ne les empêche pas de m'appeler tous les trois jours, y compris à trois heures du matin. J'ai aussi reçu plusieurs coups de fil d'opérateurs de télémarketing, que j'arrive tant bien que mal à me retenir d'incendier, conscient que ce sont souvent des pauvres jeunes condamnés à faire ce métier stupide pour payer leurs études.

Même à Paris, je n'ai jamais eu autant envie de jeter mon téléphone par la fenêtre. N'en pouvant plus, j'ai regardé sur le site de Bell Canada pour voir s'ils proposaient des solutions. Bien entendu, l'essentiel de leurs conseils consiste à s'abonner au filtrage d'appel et à la présentation du numéro, arrondissant ainsi davantage leurs bénéfices. A croire qu'ils sont complices. J'ai fini par trouver un formulaire à remplir pour échapper à ce matraquage incessant, mais qui ne devrait être pris en compte que dans trois mois. Entre temps, il y a des chances que je trucide un responsable du marketing.

Thursday night fever

J'ai détesté ce film.Jeudi, soir, après le patin à glace, je suis allé à la Salsathèque avec Aline, Charles, Laure et Charlotte (oui, on a perdu Yannick en route). Comme son nom l'indique, cette boîte passe essentiellement de la musique latino-américaine, bien qu'elle distille aussi à intervalle régulier les derniers tubes pop et techno à la mode. Au début, je n'étais pas très chaud pour venir, car il fallait que je travaille sur mes articles à rendre pour le 20 janvier (je ne les ai d'ailleurs toujours pas finis). De plus, j'étais assez angoissé de devoir exhiber mes faibles talents de danseurs dans ce genre d'endroit où le niveau est généralement assez élevé. J'ai cependant succombé à la tentation. Ca tombe bien, l'entrée était gratuite ce soir là.

L'accès à la boîte se fait par une petite porte, juste à côté de chez Paré, un des plus célèbres bar à danseuses nues de Montréal. Il faut ensuite gravir un long escalier argenté et brillant de mille feux. La salle est à l'avenant : projecteurs flashant dans tous les sens et piste avec des carrés lumineux clignotants comme dans le clip de Michael Jackson (Billie Jean, je crois). Bref, pour le Parisien habitué au cadre pittoresque du Latina café des Champs Elysées, où on s'attend chaque seconde à croiser Zorro, le décor évoque davantage les Bee gees que la salsa. Le plus drôle, c'est de voir les danseurs jeter furtivement un oeil dans le miroir pendant leur prestation pour voir s'ils ont l'air assez macho quand ils tiennent leur cavalière.

J'ai l'air de me moquer, comme ça, mais j'ai trouvé l'endroit très sympathique. J'ai même réussi à délaissé mon verre de boomerang, quelques instants pour aller me défouler sur la piste et montrer à Charlotte comment je danse mal la salsa, presque sans lui marcher sur les pieds. Beaucoup de boîtes de Montréal ferment à 3h et celle-ci ne déroge pas à la règle. Nous avons donc dû rentrer chez nous assez tôt. Cela m'a au moins permis de ne pas faire une nuit blanche et de pouvoir bosser un peu dans la journée du vendredi. On s'est quitté en se disant "à bientôt". Moi, je suis pour. C'était une soirée fort agréable.