Archive - 2001

Genèse (2)

Une reliqueSouvenez-vous. Il y a bien longtemps, notre héros racontait comment il avait préparé son programme d'échange, rejetant dans un futur hypothétique et lointain le moment où il expliquerait la marche à suivre pour obtenir un visa...

Lorsque j'ai reçu la lettre d'acceptation de l'université de Montréal (en mai 2000, je crois), j'étais à mille lieux d'imaginer les terribles épreuves que me reservaient les diverses administrations auxquelles j'aurais affaire.

La première étape consistait à me procurer un CAQ (certificat d'acceptation du Québec), fourni par les services d'immigration québécois, qui me permettrait de séjourner dans la Belle Province durant toute l'année universitaire. Il me fallait fournir, entre autre, une copie certifiée conforme de la lettre d'admission de l'université d'accueil, une attestation de banque prouvant que je pouvais subvenir à mes besoins pendant la durée du séjour, et un chèque de banque de 100 $ canadiens pour les frais de dossier. Lorsque j'ai demandé un tel chèque aux guichetiers de ma banque, ils m'ont d'abord regardé avec de gros yeux interrogateurs et gluants. Après quelques laborieuses tergiversations, ils m'ont ensuite promis qu'ils fourniraient le document dans un délai de 5 jours, mais que ça serait très cher, oulala, mon pauvre ami. Après 2 semaines d'attente et 3 visites infructueuses, j'ai fini par effectuer ma demande auprès de l'agence Thomas Cook Opéra, qui l'a exécutée en moins de cinq minutes, et pour pas cher du tout. Futur expatrié, un conseil, évite la BNP.

Je devais également récupérer auprès de ma mutuelle étudiante le fameux formulaire Q 106 qui permet de bénéficier de l'assurance maladie au Québec. Là aussi les employés ont outrageusement titillé mes pulsions meurtrières par leur efficacité consternante. Futur expatrié...

Une fois le CAQ entre mes mains. Je pensais être au bout de mes peines, mais il me fallait à présent obtenir un permis de séjour de la part du gouvernement canadien. Heureusement, comme j'habitais à Paris, j'ai pu me rendre directement à l'ambassade, et, au bout de quelques heures d'attente insoutenable, récupérer le précieux document qui me permettrait de fouler le sol québécois durant plus de 5 mn. Certains amis provinciaux n'ont pas eu cette chance et ont reçu le permis après leur départ. Ils ont donc dû entrer au Canada avec un visa touristique, se faire expédier le permis là-bas, puis faire un aller-retour vers les Etats-Unis afin de repasser la frontière avec le bon visa en revenant. Très pratique.

Le permis en poche, je pouvais partir tranquille, mais en qualité d'étudiant, cet ultime document me fut quand même facturé 125 $ (payables en francs, ceux-là), ce qui fait qu'avant même d'avoir touché le sol québécois, j'avais déjà dépensé 125 $ CAD rien qu'en frais de dossier. Ceux qui suivent la procédure pour s'installer définitivement au Québec me rétorqueront que c'est une paille.

Basse vengeance

De nombreux Français présentent une manie particulièrement agaçante. J'en parlait récemment avec un de mes chums lors d'un party à une place bien tripante On avait fixé un spot à notre gang, et ils étaient tous à faire le line up devant le comptoir pour checker ce qu'ils pouvaient boire et catcher quelques peanuts. Il y avait tellement de monde qu'on se demandait si on aurait pas dû amener nous-même quelques six-packs dans son van pour gagner du temps. La soirée a bien commencée. Le DJ passait des tunes que j'aurais tapées volontiers. Du jazz et du blues à son meilleur. Ca punchait, et le seul mot d'ordre était "cruise control". Au bout d'un moment mon lift a malheureusement quitté sans me prévenir en emportant son stock. First, on m'a dit que c'était parce qu'une fille assez cute l'avait flushé et qu'il était vexé que ça ne matche pas. Ca m'étonnait parce qu'il me semblait plus tough que ça. Second, on m'a raconté qu'il était tellement fucké par l'alcool qu'il avait méchamment bitché un mec. Celui-ci avait fini par lui pitcher une puck, et comme ça devenait insecure, il avait préféré partir. Je trouvais assez heavy qu'il m'ait ainsi dumpé. "Il m'a déjà fait le coup, samedi le 3. Ca suce", je me suis dit.

Anyway, on était d'accord sur un point. Les français utilisent vraiment trop d'anglicismes.

Oubliez Céline

Jean LeloupLorsque l'on parle chanson québécoise à la plupart des Français, les plus séniles répondent "Robert Charlebois", les plus avertis "Lynda Lemay", et les plus sourds "Céline Dion". Cela est bien dommage car il existe beaucoup d'autres artistes qui leur restent totalement inconnus.

Voici donc un rapide aperçu de ce que j'ai pu entendre lors de mon séjour, à l'attention des personnes qui souhaiteraient s'offrir quelques galettes lors de leurs vacances dans la Belle Province, ou les commander sur un site de vente en ligne qui n'ait pas encore déposé son bilan.

- Jean Leloup est sans doute l'artiste qui m'a le plus marqué lors de mon séjour. Du bon rock, avec des paroles assez désespérées et un humour bien caustique. On ne le connaît en France que pour la chanson "1990", qui a mon avis n'est pas du tout représentative de son style.

- Les Colocs jouent (jouaient) dans des styles aussi variés que le reggae et le rythm and blues. C'était un groupe mythique avec de bons musiciens et des textes à mourir de rire ou à se flinguer, ça dépend. Mais lisez plutôt.

- Daniel Boucher a été encensé par la presse québécoise à un point que ça en est énervant. Je trouve malgré tout ses chansons très sympathiques, avec de bonnes parties guitare et un monde assez original.

- Les Respectables est un groupe de rock avec quelques inspirations latino -américaines. Pas mal. Le titre "Décadence" passait sans arrêt sur les ondes lors de mon séjour.

- Eric Lapointe fait parti de ces chanteurs à la grosse voix rocailleuses qui semblent être pas mal à la mode au Québec. C'est toutefois d'un autre niveau que Garou. Sa reprise de "Quoi ma gueule" est d'ailleurs cent fois mieux que la version originale interprétée par cet artiste dont le nom m'échappe :)

- Yelo Molo, très bon groupe de ska/reggae prend sa vraie dimension en concert. Je les ai vus trois fois aux deux Pierrots et je ne m'en suis jamais lassé.

- J'aime aussi beaucoup le tube "Casanova" de Martin Deschamps, Mais j'avoue ne pas connaître ses autres chansons.

- Enfin, pour ceux qui veulent du pittoresque, je conseillerais les Cow-boys fringants. C'est de la country jouée à fond la caisse, avec des paroles complètement délirantes et très bien écrites. Elles ont en plus le mérite de donner une idée de la vie quotidienne dans les banlieues populaires de Montréal. Le Dictionnaire du Joual est cependant fortement conseillé pour les personnes vivant au Québec depuis moins de six mois.

J'espère que ce petit tour d'horizon pas du tout exhaustif aura donné envie à quelques personnes d'aller chercher plus loin que l'affligant duo Goldman/Dion qu'on nous fait subir actuellement dans les supermarchés français. De mon côté, j'ai hâte de retourner à Montréal pour découvrir d'autres chanteurs. Plume Latraverse, par exemple. Les deux seules chansons que je connaisse de lui sont excellentes.

Il revient, il est pas content

Sauve Paris, tue un FrancilienJ'aimerais ne pas tomber dans le classique piège de l'ancien expatrié qui, revenu au pays, gonfle son entourage en répétant à longueur de journée que c'était mieux là-bas. Je passerai donc rapidement sur ces éléments pittoresques de la capitale française que j'ai eu la joie de retrouver à mon retour : le bouffon qui met une main au cul de ma blonde quand je regarde ailleurs pour frimer devant ses potes, les gens prêts à s'étriper pour un orteil piétiné dans les transports en commun, et bien sûr, les trois mois durant lesquels il m'a fallu galérer pour me trouver un appartement correct.

Je reprends donc le clavier uniquement pour livrer les quelques articles que j'ai promis il y a bien longtemps et que je n'avais pas eu le temps d'écrire, maintenant que j'ai retrouvé un logement, un emploi et une connexion à l'Internet qui marche. Il y sera question des chanteurs que j'ai découvert au Québec, de la fête nationale, et de deux ou trois autres trucs. Après, j'irai ouvrir un nouveau site web ailleurs, sur un autre sujet. Difficile cependant de se remettre dans le bain quand on a passé des mois sans écrire. Je pense que je vais m'arrêter ici pour ce soir :)

Petite (?) pause

Il me semble être de mon devoir de répondre aux milliards de messages angoissés que je reçois chaque seconde de la part des innombrables fans de ce site qui, les yeux hagards et l'inquiétude au ventre, attendent avec impatience les quelques textes et images qui devaient clore à jamais ce magnifique récit dont la grandeur n'a d'égale que l'ego de son créateur et la longueur de ses phrases, où le lecteur téméraire cherche avec attention le moindre petit point qui lui permettrait de reprendre son souffle.

Bref, si j'écris si rarement dans ce journal, c'est parce que le monde matériel m'a sauvagement rattrapé. Mon esprit est actuellement davantage préoccupé par la recherche d'un emploi et d'un logement que par l'écriture de billets d'humeur sur l'Internet. En outre, je ne dispose pour l'instant d'aucune connexion personnelle à ce magnifique réseau, ce qui ne fait qu'empirer les choses.

C'est pourquoi, la mort dans l'âme (si ! si !), je me vois obligé de suspendre à nouveau la mise à jour de ce site, que je ne reprendrai que lorsque tous ces points seront règlés, c'est à dire, je ne sais pas quand. Je m'en voudrais de continuer à écrire en pointillé des textes sans intérêt pour me donner bonne conscience, comme cela a été le cas ces derniers jours.

De toutes manières. Il ne me semblerait pas correct d'organiser un mauditfrancais.com-thon pour vivre aux crochets des internautes, alors qu'un certain nombre d'entre eux attend sans doute de recevoir la commande passée il y a six mois à rueducommerce.com.

Pour ceux que ça intéresse, je cherche dans le journalisme informatique ou le développement web. J'ai un beau CV pour vous.

Le début de la fin

Il faudrait que je me bouge un peu, que je réussisse à mettre un point final à ce site avant de me lancer dans de nouvelles aventures. Je pourrais bien sûr continuer à écrire des chroniques sur mes errances parisiennes, crier ma haine de tous les butors du métro qui me font regretter le caractère civilisé des Québécois. Cette option ne me paraît cependant pas satisfaisante. D'une part, parce que ce journal est sous-titré "les aventures d'un Parisien à Montréal" et non "les aventures d'un Parisien à Paris". D'autre part, depuis mon retour, j'ai décidé de ne pas me crisper inutilement à la vue des malotrus qui ne comprennent pas qu'il faut laisser descendre les gens avant de monter dans un wagon de métro, ou des imbéciles qui font sonner leur téléphone cellulaire à tout bout de champs.

J'espère bien sûr pouvoir retrouver le calme de Montréal le plus rapidement possible, mais en attendant, je préfère m'attacher aux côtés agréables de la capitale Française, quitte à pousser de temps en temps un cri de haine sur le net, ailleurs, sous un vrai anonymat.

Depuis mon arrivée, j'ai eu l'occasion de revoir pas mal d'amis de Montréal de passage à Paris : Cécile et Laurent, Florence, Yannick et Hélène... C'était assez bizarre de les retrouver dans ce décor nouveau. La plupart des gens qui ne sont restés qu'un an au Québec ont la même sensation que moi à leur retour : l'impression que ça s'est passé il y a très longtemps, et le désir d'y retourner. En attendant ce moment béni, je compte écrire dans les jours qui viennent les quelques chroniques que j'ai promises dans des moments d'égarement, plus quelques textes bonus. Après, rideau.

En attendant le prochain vol 1495.

Paname airlines

J'ai repris l'avion pour Paris le jeudi 28 juin. Il y aurait de nombreuses choses à raconter. D'une part, j'ai réalisé la veille de mon départ que celui-ci était fixé à 13h40, et non 18h, comme je le supposais (acte manqué ?). D'autre part, de gros embouteillages dans Montréal, tout à fait inattendus pour cette période de l'année, m'ont fait craindre d'arriver trop tard à l'aéroport.

Ensuite, un employé borné d'US Airways a refusé au dernier moment que j'embarque avec ma guitare accoustique comme bagage à main, et a manqué d'envoyer cette dernière à Washington à cause d'une erreur d'enregistrement. Malgré ces petits accrocs et quelques turbulences qui m'ont un instant fait regretter de ne pas avoir fait mon testament, le voyage s'est bien passé. Ma famille est venue me chercher en voiture à l'aéroport à 7h du matin le lendemain, ce qui m'a permis de ne pas me plonger tout de suite dans la jungle du métro avec mes bagages de 300 kilos.

Ca me fait bizarre de quitter tous les amis que je me suis fait au Québec, et j'espère avoir l'occasion de les retrouver. Le retour à la vie parisienne se passe cependant mieux que prévu, et je n'ai presque pas souffert du décalage horaire. Il me reste beaucoup de choses à faire à présent : trouver un travail, un logement, et me réhabituer aux claviers azerty. Les failles spatio-temporelles entre chaque mise à jour de ce site risquent donc de se multiplier. Que les lecteurs me pardonnent.

Pierres et feu

Aujourd'hui, je suis allé au musée d'archéologie Pointe-à-Callière avec Aline. Nous avons d'abord assisté à la séance multimédia qui raconte l'histoire de Montréal de sa fondation jusqu'à nos jours. Cette présentation très bien conçue explique comment la ville est devenue un important centre d'échanges commerciaux et culturels au fil du temps. Elle se termine naturellement par un discours digne des publicités touristiques les plus flatteuses, affirmant que Montréal est un lieu où il fait vraiment bon vivre. En écoutant cela, j'ai réalisé que je retournais à Paris exactement dans une semaine et que le choc risquait d'être dur. C'est d'autant plus dommage que je raterai une bonne partie des festivals qui se déroulent pendant l'été. Il faut cependant que je règle une fois pour toutes mes affaires universitaires et professionnelles. Cela me permettra de voyager vers d'autre destinations et, j'espère, demander un jour mon statut de résident canadien.

J'ai trouvé la visite du musée assez instructive. Celui-ci a été construit sur des vestiges de la ville, et une une promenade dans le sous-sol permet de découvrir les fondations des anciens bâtiments, ainsi que leur fonction et l'histoire qui leur est liée.

Le soir, je suis allé voir l'ouverture du festival de feu d'artifices avec Hélène (la blonde de Yannick). Les feux étaient lancés de l'île Saint-Hélène, dont l'accès était payant, mais nous avons pu les voir gratuitement du vieux port où une foule nombreuse était présente. J'aime beaucoup les feux d'artifices, particulièrement lorsqu'il ne sont pas accompagnés de défilés militaires débiles. Cette soirée a été l'occasion d'effacer le souvenir des 14 juillet stressants de mon enfance, car l'ambiance était vraiment détendue et il n'y avait aucun imbécile pour faire exploser des pétards n'importe où. Ce spectacle nous a ouvert l'appétit et nous sommes allés déguster des queues de castor dans les environs. Hélène est Québécoise, et l'un de nos sujets de conversation préféré est de comparer les us et coutumes de nos pays respectifs. Nous avons même inventé un jeu qui consiste à mixer des jurons français et québécois. Je m'abstiendrai toutefois de donner des exemples afin de ne pas faire fuir les lecteurs.

Débranché

Ca y est, je sens le départ qui approche, j'ai prévenu tous le monde que je quittais bientôt ce beau pays : mes chums d'HydroQuébec, mes potes de Bell Canada, sans oublier mes copains d'US Airways.

Demain, mes amis de Videotron, viennent me soulager du modem câble qui me relie au monde virtuel depuis septembre 2000. La fréquence de mise à jour de ce site risque encore de s'en faire sentir. Je vais profiter de cette cyberpause pour finir Harry Potter et apprendre les accords septièmes, tiens.

Autour du lac (VI et fin)

- La Baie -

Je ne narguerai pas une fois de plus le lecteur en décrivant notre déjeûner, mais il était tout à fait succulent. De bon matin, nous sommes partis en excursion pour rejoindre le calvaire qui surplombe la ville. C'est une marche de plus d'une heure dans un sentier assez escarpé. Nous avons croisé un gros lièvre sur le chemin, qui ne semblait pas spécialement gêné de notre présence. Après avoir profité de la vue qui s'offrait en haut de la colline, nous sommes allés faire un tour à la fromagerie Boivin, qui paraît-il, fait le meilleur fromage de la région. En maudit Français qui se respecte, j'ai une nette préférence pour les pâtes bien coulantes et odorantes comme le Munster ou le Brie de Melun. Les pâtes cuites que nous avons goûtées ne m'ont donc pas spécialement séduit, à part les tortillons, petits batonnets de fromage très salés qui doivent assez bien accompagner l'apéritif.

Comme le lieu était très passager, nous sommes allés chercher nos bagages au gîte et nous sommes revenus afin de trouver un lift pour Chicoutimi. A tour de rôle, nous abordions les visiteurs sur le parking pour leur demander s'ils pouvaient nous emmener. Un jeune couple a accepté de nous prendre, et nous avons embarqué à l'arrière de leur grosse voiture, à côté des deux enfants qui attaquaient déjà sauvagement le fromage fraîchement acheté. Comme il nous restait pas mal de temps, nous avons mangé chez Vio, qui est un restaurant tout à fait correct. Nous sommes ensuite allés faire un tour dans le centre d'achat qui ne se trouvait pas loin, puis nous sommes retournés attendre notre automobiliste. Celui-ci possédait un grand camping-car, et nous avons eu pour compagnon de route une jeune infirmière et un étudiant en infographie, avec qui j'ai eu d'intéressantes conversations.

- Montréal -

Notre chauffeur nous a laissé à la station Radisson. J'ai laissé Charlotte, qui attendait que les amis qui l'héberge viennent la chercher, et j'ai pris le métro. Arrivé chez moi, j'avoue m'être un peu écroulé sur mon lit. Malgré la fatigue et les coups de soleils, je suis très content d'avoir pu faire ce voyage, aussi bien pour tous les gens accueillants que nous avons rencontrés que pour les beaux paysages que nous avons découverts. Je ne pense pas avoir le temps de m'offrir un autre excursion dans ce style avant mon retour en France. Cela me fera un bon prétexte pour revenir.