Archive - sept. 2000
Surf des neiges
Soumis par Ian le ven, 29/09/2000 - 11:44.
Une spécialité typiquement québécoise (et peut-être même canadienne) consiste à demander 15000 justificatifs dès que l'on souhaite s'inscrire à un service quelconque. J'avais déjà remarqué ça lors de mes passages chez Bell et à la banque de Montréal. Je pense que le fait que je soie étranger ne fait qu'aggraver le phénomène. Ainsi, l'opératrice de Vidéotron, chez qui je dois prendre mon abonnement Internet par le câble, avait besoin impérativement de mon numero d'assuré social pour que je puisse louer le modem. Ce numéro, attribué à chaque québécois ressemble au numéro d'INSEE en France, à part qu'il n'a aucun rapport avec l'assurance maladie. Il est par exemple indispensable de le donner à son employeur pour pouvoir travailler. Exercer une activité salariée m'étant de toutes manières interdit dans le cadre de mon programme d'échange, je ne dispose pas de ce numéro. Enfin on a fini par s'arranger. Je n'aurai cependant ma connexion que dans 3 semaines, car la demande est très forte. Je pourrais laisser s'exprimer mon côté râleur, mais je pense qu'une amie à moi qui bosse dans l'entreprise m'en voudrait. Je serai donc compréhensif.
Petite remarque à l'attention des internautes fous : ici, les opérateurs gratuits sont peu nombreux et semblent imposer systématiquement des bandeaux de pub. L'accès par modem est souvent facturé à la minute par les fournisseurs classiques, comme Infonie ou AOL en France, si j'ai bonne mémoire. Sinon, il faut compter 100 francs en moyenne pour une connexion illimitée. Mais comme les connexions locales sont gratuites, je pense que ça revient quand même moins cher qu'en France. Je vois ce soir un pote à Yves (que je désignerai toujours avec ce patronyme malgré ces menaces persistantes pour que je lui trouve un autre prénom, fin de la private joke), qui finit son CSN à Montréal, je pourrai voir dans quel état ça l'a laissé.
Capuche, soirée, Internet, climatiseur
Soumis par Ian le mer, 27/09/2000 - 13:38.Samedi, alors que je me dirigeais vers le métro pour me rendre à la soirée de Florence et de sa colocataire, une demoiselle m'a accosté à un carrefour : "Salut, alors, t'habites ici finalement ?" Je me suis dêpéché de secouer mes neurones et je me suis heureusement souvenu que c'était une des deux filles que j'avais rencontrées au Mac Do et à qui je devais la découverte de mon appartement. Si je ne l'ai pas reconnue tout de suite, ce n'est toutefois pas parce que je suis ingrat ou pas très physionomiste. Ce soir là, il faisait sombre (assez logique, je pense), il pleuvait, et cette jeune fille portait une capuche. J'ai donc les circonstances atténuantes. Elle a enfin emmenagé avec son amie après quelques déboires et je pense que j'irai les saluer dès que j'aurai fini la montagne de boulot qu'il me reste pour la fac.
La soirée chez Flo était bien agréable. On s'est amusé à comparer le vocabulaire français et québécois et j'ai appris de nombreuses nouvelles expressions. J'ai sympathisé également avec une Noémie, québécoise, celle-ci, qui a eu la gentillesse de me raccompagner chez moi en voiture à 1 heure du matin malgré mes indications très approximatives concernant le chemin à prendre. D'aucun s'étonnerait que 80 % des personnes avec qui je sympathise sont des filles, mais ce n'est pas de ma faute si je suis hétérosexuel.
J'ai pas l'impression d'écrire super bien en ce moment. Cela devrait s'améliorer quand j'aurai relié à l'Internet l'ordinateur que je viens d'acheter. Taper chez moi en buvant une bonne tasse de thé sera en effet plus motivant que dans la salle ou je me trouve actuellement. La climatisation est réglée tellement basse que j'ai l'impression que c'est pour nous préparer à l'hiver, et mon seul désir est de rentrer chez moi.
The pomme’s cueillette
Soumis par Ian le lun, 25/09/2000 - 13:06.J'ai passé mon week-end à taper des articles pour le journal d'informatique français pour lequel je travaille en tant que pigiste. Du coup, je n'ai pas pu raconter ma cueillette de pommes. Réparons cette erreur. Quand je suis arrivé au point de rendez-vous vendredi après-midi, j'ai remarqué que tous les gens étaient par petits groupes de connaissances. Cela s'annonçait mal car je ne voyais nulle part Florence, qui était censée venir. De gros bus scolaires jaunes typiquement américains se sont garés devant le pavillon Jean Brillant et nous sommes partis. J'ai passé la première demi-heure du voyage prostré dans un coin à écouter les gens discuter entre eux. Ma mine devait vraiment faire pitié à voir car la jeune française assise à côté de moi s'est arrangée pour me mêler à la conversation qu'elle avait avec ses voisins (geste tout à fait sympathique). J'ai ainsi fait la connaissance d'une Hongroise avec un nom trop Hongrois pour que je m'en souvienne, de deux françaises, Noémie et Laura, ainsi que d'un Colombien, Paolo. Le reste de la journée s'est bien passé, à part que nous avons mis plusieurs heures à quitter l'île de Montréal. Construire quelques ponts supplémentaires ne serait pas un luxe. Nous sommes donc arrivés en retard au verger. Celui-ci est tenu par des moines qui proposent un mode de distribution original. Les personnes souhaitant se procurer des pommes achètent un sac du volume souhaité et se servent directement sur les arbres. J'ai appris plein de choses intéressantes sur les greffes et j'ai retrouvé Florence qui était arrivée en retard et montée dans le deuxième bus. Nous sommes allés ensuite au restaurant et je me suis assis à une table avec Noémie et Laura. Il y avait aussi un barbu avec le béret de John Lennon, une blonde charmante, et un des responsables de la sortie, membre du bureau des relations internationales de l'université. Ce dernier étant souverainiste, il a passé une partie de la soirée à pourfendre le fédéral. Beaucoup de gens avaient grignotté des pommes pendant la cueillette. Mal leur en a pris car le repas du soir était uniquement constitué à base de pommes : soupe aux pommes, salade aux pommes, saucisses aux pommes, etc. Je ne crois pas qu'il mangeront tout de suite le contenu de leur sac. Enfin il y a eu une soirée dansante où contre toute attente, les gens ont effectivement dansé. De cette cueillette, il me reste de bons souvenirs, un sac de deux kilos de pommes et le numéro de téléphone de deux jeunes filles fort sympathiques dans mon répertoire. Je parlerai demain de la fête de samedi chez Florence et sa colocataire, mais là, j'ai faim.
Let my people go
Soumis par Ian le jeu, 21/09/2000 - 14:34.
J'avais hier l'angoisse de me faire enfermer dans la fac. J'aurais mieux fait de penser au métro. La ligne qui me ramène de l'université vers chez moi ferme peu après onze heures et j'ai dû rentrer à pied. Heureusement que cela m'arrive en automne. Ca me permet d'éviter de faire la bourde en hiver et me retrouver seul dans la rue avec quelques dizaines de degrés en dessous de zéro. Comme je l'ai dit, je suis du genre noctambule, j'ai donc apprécié cette ballade forcée. Je n'ai pas eu spécialement de sentiment d'insécurité. Les rues sont très passagères près de la fac et c'est tranquille. J'ai juste été surpris par un gros chat qui longeait une maison. Après examen approfondi, je me suis rendu compte que j'avais plutot affaire à un raton laveur. C'est une bête assez impressionnante, et le parisien moyen n'a pas souvent l'occasion d'en croiser un au détour d'une allée. J'ai essayé de m'approcher mais il s'est enfui. Tant mieux, peut-être. Je suis allergique aux chats, alors pourquoi pas aux ratons laveurs ? Petit détail que j'ai oublié de mentionner hier : Avant d'aller au cinéma avec Cécile et Laurent, je me suis offert dans le métro une demi-heure de concert de gospel gratuit. Il y avait là une quinzaine de chanteurs et chanteuses blacks (enfin pas tous, y'avait quand même deux blancs) qui se produisaient et ça donnait vraiment bien. Aucun chapeau par-terre pour recevoir du cash, et pour cause : Au bout d'un moment, un des chanteurs s'est approché du public une bible à la main et a entamé un discours évangéliste. C'est à ce moment que je suis parti car il y a longtemps que j'ai été converti. A la musique.
Vite fait
Soumis par Ian le mer, 20/09/2000 - 16:28.Je m'étais donné pour mission d'écrire au moins tous les deux jours. Je tape donc quelques mots en priant pour ne pas me retrouver enfermé dans la fac. Hier, je suis allé voir "Le goût des autres" avec Laurent et Cécile. Cette dernière m'a d'ailleurs informé que les québécois ne disent pas Hello, comme je l'ai écrit récemment, mais Allo. Donc acte :). Le cinéma se trouve près de l'université du Québec à Montréal, en fait, dans le quartier latin. Ce lieu prend vraiment toute sa dimension la nuit. C'est très animé mais pas du tout oppressant. J'ai enfin repris contact avec le journal informatique français pour lequel je bossais avant de partir et pour qui je vais écrire quelques piges. Voilà qui promet un week-end bien rempli. 4 mn pour écrire cette chronique, avec vraisemblablement quelques fautes d'orthographe. Bon, allez, Ciao.
Mangez des pommes !
Soumis par Ian le lun, 18/09/2000 - 10:22.
Je viens de me rendre compte que le 24 septembre prochain se déroule dans mon pays le référendum pour le quinquennat présidentiel. Cet évènement, je m'en soucie comme de ma première carte d'électeur. Et je pense que si j'étais en France à l'heure actuelle, mon indifférence serait identique. D'après ce que je lis, je ne suis d'ailleurs pas le seul à me désintéresser totalement du débat. Enfin, quand on s'occupe de ça, on ne parle pas des morts qui votent. Il veut quoi exactement notre Président ? Entrer dans l'histoire ? Après les essais nucléaires et la dissolution de l'assemblée, je pense que son image de grand couillon restera à jamais inscrite dans les mémoires. Mais passons... J'aurai sûrement des choses à raconter samedi prochain. En effet, je vais vendredi à la cueillette de pommes organisée par le service des relations internationales de l'université de Montréal. Au programme : visite d'un verger à Rougemont, cueillette, souper canadien et soirée dansante. Ca me permettra de voir du monde, même s'il y aura vraisemblablement peu de Canadiens dans le groupe. Je commence un peu à me calmer les nerfs, bien que tout ne soit pas encore réglé dans mon installation. Ici, le rythme est quand même bien plus calme qu'à Paris, et on ne ressent pas cette espèce de tension permanente qui caractérise la capitale. Si j'arrive à me détendre complètement, j'aimerais bien pouvoir garder cette sérénité une fois pour toute. Ca pourrait repousser mon infarctus d'une bonne décennie.
Ce soir, de la langue
Soumis par Ian le sam, 16/09/2000 - 13:52.Waow. J'ai passé l'après-midi à améliorer ce site et je commence à avoir un peu mal à la tête. Mais peut-être le lecteur sera-t-il moyennement intéressé par ces considérations informatiques alors que je suis censé lui apporter un peu d'exotisme. J'ai malheureusement passé mon temps entre la fac et mon domicile, sans vraiment avoir eu le temps de sortir. Que pourrais-je bien raconter ? Tiens si, le thème de la langue. De toutes manières, je ne pouvais pas y échapper. En premier lieu, je tiens à préciser que les personnes qui ont vraiment du mal à comprendre les québécois ont soit besoin d'un otorhino soit de faire un peu plus d'efforts. A Montréal, l'accent n'est pas un obstacle à la compréhension. Il y a juste parfois quelques problèmes avec le vocabulaire. J'ai ainsi appris que les suisses étaient des petits écureuils (genre tic et tac. Il y en a partout et j'en ai même croisé un sur mon balcon, trop vif pour que j'en fasse une daube), que les chaudrons désignaient les casseroles, qu'on pouvait dire bonjour pour au revoir et que "tu as tu faim ?" n'était pas une tautologie, vu que le "tu" marque l'interrogation. Chose également amusante, le mélange permanent de l'anglais et du français dans la vie quotidienne. Sur les panneaux et mes boîtes de cheerios, bien sûr, mais aussi dans le langage parlé. D'ailleurs, ce n'est pas parce qu'un commerçant vous accueille avec un "hello" qu'il est forcément de culture anglophone. Beaucoup de francophones se saluent ainsi. C'est là que l'on se rend compte que si la loi Toubon ou des organismes comme l'olf pourraient paraître stupide en France, la survie de la francophonie dans une province entourée d'anglophones ne va pas de soi. C'est sans doute plus vrai à Montréal où les deux cultures cohabitent, qu'à Québec ou au Nouveau-Brunswick, où les communautés francophones et acadiennes sont très soudées et soucieuses de préserver leur identité.
Philosophons un peu
Soumis par Ian le jeu, 14/09/2000 - 15:11.Je suis enerve. Je voulais ecrire plein de choses et j'ai du finalement corriger un gros bug de ce site a la derniere minute. Les utilisateurs de Netscape Navigator me remercierons. Tout fonctionne a present correctement sur ce navigateur.
Mon sejour ici ne fait que confirmer mon mepris du racisme, surtout celui de ces gens dont la devise est "integre-toi ou rentre dans ton pays". En ce qui me concerne, je trouve que les morceaux de culture et de coutumes que nous apportent les immigres de leur pays en arrivant en France sont des richesses qu'il nous faut decouvrir. J'aime bouffer chinois a Belleville, j'aime croiser des Africaines avec des tresses dans tous les sens. Bien sur, il y a a prendre et a laisser. Comme il y a a prendre et a laisser dans la culture francaise. A present que moi aussi, je suis pour un temps un immigre, je me rends compte combien il est difficile de se defaire de ses habitudes. J'ai envie de me faire accepter, et j'essaye de m'adapter a ce monde nouveau. Mais je sais que si je restais la, j'aurais du mal a renier toutes mes origines. Et pourtant, cette culture n'est pas enormement differente de la mienne. On a toujours besoin de racines, de reperes pour arriver a se situer. Vouloir garder un peu de sa culture ne veut pas dire qu'on meprise le pays d'accueil. Je me rends compte aussi que le simple fait de parler avec mon accent de Francais suffit a me coller l'etiquette "etranger", sans forcement que ce soit negatif. Je comprends les difficultes pour les gens dont la simple couleur de peau met en valeur la difference d'origine. Dieu merci, je n'ai pour l'instant subi aucune reflexion desobligeante a la "maudit francais"
Ou sont les femmes ?
Soumis par Ian le jeu, 14/09/2000 - 11:29.Je viens de recevoir un mail de mon ami Mickael qui s'etonne que je ne parle quasiment pas des jeunes filles que j'ai croise a Montreal. Il y a plusieurs raisons a cela. La premiere, c'est que dans ma course eperdue a la recherche d'un logement et diverses autres rejouissances, je n'ai pas eu vraiment le temps de courrir la gueuze, comme on dit. La deuxieme, c'est que si je m'attardais par exemple sur la ravissante asiatique du cours de stochastique, je me ferais mal voir par une autre jeune fille qui est restee en France. Ce qui serait legitime de sa part, mais surement injustifie. C'est la que je me rends compte des limites d'un journal intime public, surtout quand on previent tout son entourage de son existence. Enfin, la seule femme qui me temoigne vraiment de la sympathie a l'heure actuelle est la serveuse de la cafétériat du batiment Z, qui doit avoir deux fois mon age. Alors bon... Mais je te fais confiance Mickael, je suis sur que tu connais mille autres sites ou les femmes plus ou moins nues sont legion.
Un autre reproche de cet ami etait de ne pas etre mentionne dans mon site. Voila qui est fait :).
Celine Dion for president
Soumis par Ian le mar, 12/09/2000 - 13:02.
Desole pour le titre de cette chronique. J'avais pas l'inspiration. Vu les problemes que je rencontre encore avec ma banque, je ne suis pas pret de m'acheter un ordinateur. Je prefere donc continuer a taper sur ce maudit clavier sans accents de la fac plutot que de laisser des trous dans ce journal. Je corrigerai ca plus tard. A moins que je laisse le texte tel quel. Ca fait authentique, apres tout. J'ai recu plusieurs critiques positives concernant ce site. Pour l'instant, ce sont surtout des amis ou de la famille, pas forcement objectifs a 100 %. Mais ca fait plaisir. Vu les circonstances, je me demande si je ne vais pas tout de suite m'enregistrer sur les moteurs de recherches. Je comptais attendre que toutes les rubriques soient pretes mais quand le seront-elles ? Lundi, j'ai ouvert un compte a la banque de Montreal et hier, j'ai demande le branchement d'une ligne a Bell Canada. Dans les deux cas, on m'a demande deux pieces d'identite et pose plein de questions indiscretes. J'ai pourtant un visage d'ange, parait-il. Quoiqu'en disent les pro-France telecom, les communications sont nettement moins cheres ici qu'en France. Et le forfait local est illimite. Ce n'est pas le cas des banques qui s'arrangent pour facturer un maximum de services : emission de cheques, retrait aux guichets automatiques, etc. J'ecrirai un truc sur les banques (apres le truc sur le metro). Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance de Julien, un etudiant quebecois avec qui je vais rendre un devoir en informatique theorique. Un grand mec plein de cheveux et tres sympathique. Il avait envoyé un mail a tous les etudiants assistant a ce cours pour trouver quelqu'un avec qui bosser et j'ai repondu. Je pense que maintenant que je me suis a peu pres pose, je vais pouvoir etre plus disponible pour rencontrer des gens. Par contre, j'ai rate les inscriptions aux cours de musique. Pas glop.

