Archive - oct. 2000

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Ou sont les hommes ?

Amusant, j'écris un truc sur la SAQ en pointant sur leur site, et je lis deux jours après dans un article que c'est la toute dernière version que j'ai eu l'honneur de consulter. Celle-ci était d'ailleurs tellement buggée que les responsables ont fini par remettre l'ancienne afin de se donner le temps de règler tous les problèmes. C'est donc maintenant nettement moins intéressant.

J'ai été prendre un pot avec Noémie(Fr) lundi soir à 19h au Starbuck Coffee de la Côte-des-Neiges où j'ai bu un bon petit chai. On a pas mal bavardé, malgré mes difficultés actuelles à aligner plus de trois mots correctement. Dieu merci, mon planning étudiant et professionnel devrait me permettre de faire des nuits normales autour de novembre 2034. Cet état de désintégration n'a pas échappé à Noémie(Fr) qui commençait même à culpabiliser parce que j'étais avec elle au lieu de bosser pour mon devoir d'intelligence artificielle. Comme s'il n'y avait que l'IA dans la vie, bon Dieu ! On s'est quitté vers 21h et je pense que je m'arrangerai pour qu'on rebouge plus tard quand j'en aurai fini avec mes multiples devoirs.

Coïncidence ou conséquence, j'ai reçu aujourd'hui un coup de fil de Laura, que j'avais rencontrée à la cueillette de pommes. Elle avait bien sympathisé avec Noémie(Fr) et continue à la voir régulièrement. J'avais moi-même tenter de la rappeler il y a quelques temps, mais elle m'avait fait comprendre que je la dérangeais (une sombre histoire de grippe). A présent, elle voudrait qu'on aille boire un verre dans les jours qui viennent. Je ne sais pas, faut voir...

Il est temps que je me couche. J'ai rendez-vous demain pour bosser avec une camarade étudiante, et si je ne me repose pas assez, je vais encore avoir une tête à faire peur au bon Dieu

La main dans le SAQ

Nous approchons petit à petit de la période où je vais regretter de ne pas avoir choisi le Portugal ou le sud de l'Italie comme destination pour finir mes études. Je pense que l'été des Indiens et bel est bien terminé et que je ne vais pas tarder à goûter à l'hiver québécois, le vrai. Noémie(Fr) m'a dit cependant que c'était normalement les mois de janvier et de février les plus difficiles. Ça promet.

J'ai encore passé une bonne partie de ma fin de semaine à bosser, pour l'université cette fois ci. Je ne sais pas si j'ai déjà abordé le sujet, mais le travail à fournir ici est beaucoup plus volumineux que ce que je connaissais en France. Globalement, le niveau est à peu près le même, mais les professeurs donnent des devoirs à faire toutes les deux ou trois semaines. Moi qui avais l'habitude de boucler tous mes projets les trois dernières semaines de cours au prix de quelques sueurs froides, j'ai énormément de mal à m'adapter à ce rythme.

Heureusement, j'ai pu un peu me détendre à la soirée raclette de Cécile et Laurent vendredi soir. Ils avaient invité également quelques amis sympathiques que j'avais déjà croisés durant mon squat prolongé dans leur appartement. Pour l'occasion, je suis allé acheter une bouteille de vin blanc à la SAQ de mon quartier. La Société des Alcools du Québec est une entreprise d'état qui contrôle l'importation, la production et la vente de l'alcool dans la province. Il est facile de se procurer du vin ou de la bière dans la plupart des magasins d'alimentation, mais les alcools forts et de nombreux vins de bonne qualité ne sont disponibles que dans les succursales de la SAQ. Certains restaurants acceptent d'ailleurs que les clients apportent leur propre vin à leur table. Contrairement à Paris, il est donc théoriquement impossible de se procurer une bouteille de tequila à 22 h chez l'épicier du coin. Autre petit détail. La vente d'alcool est interdite aux jeunes de moins de 18 ans. Le vendeur s'est avéré de bon conseil, ce qui est une bonne chose vue ma connaissance assez modeste des vins. Bons vins, bonne raclette, bonne ambiance... bonne soirée quoi :).

Dernière introspection avant l’autoroute

Je vois bientôt Bruno, avant qu'il ne retourne en France. Je ne devrais pas tarder également à faire une virée avec Florence et sa gang puisque les intras finissent aujourd'hui. Pis j'ai rendez-vous lundi avec Noémie(Fr) pour boire un pot. Enfin, je suis invité ce soir à une soirée raclette chez Cécile. Je pense que ces quelques soirées prévues à court terme me feront un bien fou après la longue plongée en apné que je viens de m'offrir. En outre, cela me permettra de transmettre au lecteur davantage d'informations sur la société québécoise et moins sur mes états d'âme, ce qui risquerait d'être tannant à la longue.

Je voudrais revenir sur quelques points de l'article précédent. Je n'ai absolument rien contre les programmeurs, du moment qu'ils ne s'intéressent pas qu'à l'informatique. Je suis très impressionné par des gens comme Richard Stallman, par exemple, qui arrive à la fois à concevoir de puissants logiciel et à proposer une philosophie originale d'échange et de partage. Je viens même de découvrir qu'Alan Cox, un des piliers de Linux, tenait lui aussi régulièment un journal sur le web (deux, même). Quand aux administrateurs NT, les pauvres, ils sont déjà bien à plaindre (je promets d'écrire rapidement un petit lexique pour les gens qui ne comprendraient rien à ce paragraphe).

C'est comme ça. Comme tout être humain, j'ai des préjugés. J'ai instinctivement de la sympathie pour les musiciens, les auteurs et les dessinateurs de BD, et de la méfiance envers les metteurs en scène, les comédiens et certains techniciens de maintenance informatique. Ayant appartenu à ces deux dernières catégories, je sais de quoi je parle. Une exception à cette liste : mon ami Monsieur Fred, qui est à la fois comédien et metteur en scène (il est aussi auteur, cependant). Je serai sûrement amené à reparler de lui.

Pour moi, l'intelligence, c'est justement d'avoir conscience de ses propres préjugés et de s'arranger pour qu'ils n'influent pas sur notre comportement.

Le bédéphile névrosé

Joe Matt, l'uniqueUn des but inavoués de ce journal est d'essayer d'acquérir deux qualités dont je suis totalement dépourvu : la constance et la rigueur. Difficile en effet de compter le nombre de nouvelles, pièces chansons, romans que j'ai eu l'idée d'écrire et que je n'ai jamais terminés. En m'imposant un rythme régulier d'écriture, même sur ce genre de texte qui ne restera pas dans les annales de la littérature française, j'espère prendre une bonne habitude afin de pondre ensuite des choses correctes. (Pour l'instant, j'ai la désagréable impression de ressembler à un personnage de Lauzier). Et si je laisse un trou de plus d'une semaine dans ce texte, il ne me restera plus qu'à jeter une fois pour toute mes ambitions artistiques aux orties et me préparer une carrière tranquille de programmeur ou d'administrateur NT. Point à la ligne.

Je regrette cependant d'avoir parlé de ce journal à autant de personnes autour de moi. Je sens bien que celà me pousse à m'autocensurer (plus dans mes idées que dans mes actes, pour l'instant). J'aimerais beaucoup avoir le cran de raconter mes aventures avec autant de franchise que Joe Matt, auteur de bandes dessinées Canadien que j'ai découvert il y a un peu plus d'un an et qui a été une grande révélation pour moi. Ce mec se fiche d'écrire des choses qui risquent de faire mal à ses proches ou qui l'amènerait à se faire juger négativement de son entourage. Cela-dit, cette franchise à un prix. Il s'est fait plaquer par sa copine . Et je me demande quelle fille sensée accepterait de sortir avec lui après avoir lu un de ses bouquins.

J'ai un cousin aussi, qui sans entrer dans les excès d'un Joe Matt, arrive à donner beaucoup de lui dans ses dessins avec assez de finesse pour ne pas mettre le lecteur mal à l'aise. Les bandes dessinées autobiographiques me touchent énormément, et je suis un fervent admirateur de JC Menu, Dupuy et Berberian et David B.

Confessions d’une épave

Je suis aujourd'hui sorti de chez moi pour la première fois depuis vendredi soir. J'ai passé tout mon week-end plus le lundi à écrire des articles que je devais rendre le plus tôt possible au journal d'informatique pour lequel je fais des piges. Je me suis couché plusieurs fois à des heures hallucinantes, genre 4-5 heures du matin. Pour diverses raisons, je n'ai en effet pas pu commencer ces papiers plus tôt. Ce n'est donc pas étonnant que je me sois fais peur tout à l'heure en me croisant devant la glace. C'est dingue le nombre de vaisseaux sanguins qu'on peut avoir dans les yeux. Mais quand ils sont rouges, ce n'est pas très esthétique. Je pense que je vais manger léger et aller me coucher le plus tôt possible. La suite au prochain numéro.

Encore du Mac Do

A consommer avec modérationCa m'énerve. Je suis atteint de flemmardise aigüe et j'ai énormément de mal à me soigner. Et le pire, c'est que je viens de me prendre un des plus beau gadin de ma vie à un devoir que j'ai rendu alors que j'avais bossé dessus. La raison ? Pour alléger le travail des démonstrateurs, le prof choisit au hasard deux questions à corriger parmi les quatre que nous devons faire. C'est tombé sur les deux plus difficiles, dont une où j'étais pourtant persuadé d'avoir réussi, mais non. Bien que les conséquences de ce plantage soient minimes, ça m'a vraiment énervé d'avoir tant galéré pour un résultat aussi médiocre. Pis j'ai jamais supporté qu'on puisse réduire les aptitudes des gens à un simple nombre (ou chiffre, d'ailleurs). Oui, je sais, tout cela est totalement dénué d'intérêt mais maintenant que j'ai crié ma haine à la face du monde, ça va mieux. Merci lecteur.

En passant devant le Macdonalds de ma rue, j'ai récemment remarqué que sur les grands logos présents à l'entrée, il y avait une petite feuille d'érable rouge au milieu du M jaune. Je ne sais pas s'il y a la même chose dans tous les établissements du pays, mais ça ne me surprendrait pas. Ils ont l'air d'avoir un bon service marketing chez Ronald. Cela n'aurait pas grand sens de faire la même chose en France avec le drapeau tricolore, à moins de vouloir faire plaisir à ces quelques "français d'abord" que je rêve de voir un jour descendre bien en dessous des 15 %. Ici, C'est différent. Les Canadiens revendiquent leur fierté d'être Canadien surtout parce qu'ils ont comme voisin un gros pays qui s'appelle les Etats-Unis qui prend beaucoup de place, et qu'ils apprécient moyennement qu'on les confonde. Et à l'intérieur du Canada, il y a ceux qui sont fiers d'être Québécois. Pas simple, tout ça.

Vite, vite, on est pressé.

JuvabienJe sors d'un examen de Java pour me jeter sur la révision d'un intra d'informatique théorique. Et ce week-end, j'ai deux articles à écrire pour lundi. J'en viens à regretter l'époque bénie où j'avais le temps de m'ennuyer. Tout ça pour dire que ce soir encore, je n'ai pas trop le temps d'écrire dans ce journal. J'aurai par contre ma connexion Internet demain. Quand j'en aurai fini avec les 4000 choses qui me restent à faire, je pourrai donc mettre se site à jour plus régulièrement et enfin intégrer les choses que j'ai envie d'y mettre depuis des lustres.

Vieux motard

Oh non ! Encore de la cervelle !"Quand l'intelligence artificielle fait une connerie, c'est pas grave. C'est une connerie artificielle".

Le souvenir de cette citation permet de me détendre après le semi-gadin que je viens de me prendre à l'intra d'intelligence artificielle, il y a un peu plus d'une heure. Je pense avoir limité les dégâts mais j'aurais pu faire beaucoup mieux si je m'étais organisé dans mes révisions. Et au lieu de bosser pour le prochains partiel, je suis en train de tapoter pour le maudit Francais. C'est vraiment pas sérieux.

Je me demande ce qui peut bien défrayer les chroniques françaises à l'heure actuelle. J'ai déjà du mal à savoir ce qui se passe au Canada car je n'achète pas le journal et je n'ai pas la télévision. Heureusement, il reste les panneaux d'affichage lumineux dans les wagons de métro. En plus du nom de la prochaine station et des correspondances accessibles, ces derniers diffusent en continu des brèves d'actualité. Il y a aussi des publicités pour se prêter au tests de médicaments de certains laboratoires pharmaceutiques, moyennant rémunération. Voilà peut-être un bon moyen de règler mes problèmes financiers. Pis je ferais fureur avec mes tentacules lors de mon retour en France.

Enfin bref, j'ai récemment appris l'arrestation de Maurice "Mom" Boucher, chef présumé des Hell's Angels, accusé du meurtre de deux gardiens de prison. Il faut dire qu'ici, les bandes de motards ne sont pas, comme en France, réputés uniquement pour leur concentrations où ils se promènent en tenu d'Eve sur leurs terribles engins. Il existe de vraies bandes criminelles organisées qui, m'a-t-on dit, possèdent même pas mal de boîtes et de bars dans le pays. Un film est récemment sorti sur ces charmants philanthropes : Hochelaga (nom d'un quartier de Montréal). Celui-ci raconte l'histoire assez violente d'un jeune homme pris dans la guerre des gangs. Lors de la promotion de ce film, deux choses étaient frappantes : la première, c'est que de nombreux journalistes se demandaient si les vrais motards n'allaient pas se sentir visés. La deuxième, c'est que le réalisateur lui-même niait tout rapport entre l'histoire qu'il racontait et la réalité. Y avait-il un motard hors-champs qui les menaçait avec un cran d'arrêt ?

To bidasse or not to bidasse

J'ai un voisin qui fait preuve d'une amabilité déconcertante. Plusieurs fois, je l'ai salué en le croisant sans jamais qu'il ne me réponde. Aujourd'hui, non content d'afficher ce mutisme désagréable, il s'est empressé de refermer sa porte lorsque nous nous sommes croisés sur le pallier. Ensuite, il a mis la chaînette, enclenché le verrou, et tourné la poignée plusieurs fois pour vérifier que tout était bien barricadé. Faudrait peut-être que je me fasse couper les cheveux.

Hier, alors que je travaillais sur ce site, Bruno (le pote à Yves qui fait son CSN à Montréal) a laissé un message téléphonique pour qu'on aille prendre un pot avec des amis à lui. Malheureusement, j'ai consulté ma boîte vocale trop tard pour pouvoir le retrouver au rendez-vous qu'il m'avait donné. Il faudra que je pense à le recontacter. Lorsque nous nous sommes vus, il y a quelques jours, nous sommes allés au whisky café, un bar assez chic sur le boulevard où on peut fumer des cigares et déguster diverses boissons hautement alcoolisées. Je me suis contenté d'un Baileys. Il y avait la copine de Bruno, une Française qu'il a rencontrée à Montréal, et un couple d'amis, français également. Lors de la discussion, l'une des demoiselles m'a parlé des filles qui faisaient leur CSN et qui ...

Moi (étonné) : Ha bon ? Il y a des filles qui font leur CSN ?

Elle (un brin agacée): Mais oui ! Il y en a même deux autour de cette table.

Oups. Elle a bien fait d'anticiper. Je m'apprêtais à faire des remarques pas gentilles sur ces femmes qui ne profitent pas de l'immense privilège de ne pas faire leur service. J'ai une ex qui avait aussi cette lubie de l'engagement. Elle en pinçait tellement pour l'uniforme qu'elle est maintenant mariée avec un gendarme. Mon interlocutrice avait cependant l'excuse d'effectuer un service de coopération, qui est civil par définition.

Cette semaine de semi-vacances est passé très vite, et je suis en retard aussi bien dans mes révisions que dans mes devoirs. Il va falloir que je m'y mette sérieusement.

De l’enflement des chevilles

Boaaaaaaarf.

J'ai rarement eu aussi peu de choses à dire qu'aujourd'hui. J'ai passé les deux derniers jours à bosser pour la fac et je suis un peu lobotomisé. Une fois que les examens seront finis, il faut vraiment que je bouge. Bien que je sois ici depuis bientôt deux mois, j'ai l'impression de ne pas avoir vraiment goûté à cette ville, tellement mon installation m'a accaparé. Ce sont maintenant les études qui me prennent du temps. Enfin, je suis quand même ici en partie pour obtenir un diplôme, il faut se faire une raison.

Les deux filles de Paris 8 organisent une fête chez elles ce soir. Elles m'avaient dit de les rappeler si je voulais venir. La logique voudrait que ce soit elles qui me contactent et non moi. J'irai donc les voir si elles se donnent la peine de me téléphoner, sinon, ça m'obligera à bosser mes examens. Bien qu'elles m'aient accueilli avec de grands sourires lors de notre dernière rencontre, elles m'ont un peu agacé car elles étaient toutes fières d'étudier à Concordia. Elles n'arrêtaient pas de comparer leur université à la mienne, un peu comme s'il y avait d'une part, les élites qui suivent des cours dans les universités anglophones, et d'autres part, les malheureux (dont je fais partie), qui fréquentent les facs francophones presque par dépit. Il est donc si grand, ce désir d'oublier qu'on vient du 93 ? J'ai pour ma part autant d'estime pour mes amis qui ont fait Sciences po ou HEC que pour ceux qui n'ont pas leur Bac. Et la comparaison de nos mérites respectifs ne fait pas partie de nos hobbies.