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La fin approche

Par solidarité avec Makette, j'ai décidé à mon tour de fermer définitivement ce blog.

Certaines mauvaises langues prétendront sans doute qu'il s'agit d'un prétexte pour me débarrasser d'un loisir qui était devenu progressivement une corvée, que mes billets se faisaient de moins en moins fréquents, et que j'avais de plus en plus de mal à me renouveler.

En paix avec ma conscience, je laisserai toutefois ces vipères siffler au fond du puits de l'anonymat qu'elles ne quitteront jamais, tandis qu'un chat à la main et la pipe sur les genoux, je goûterai de temps en temps à la nostalgie de l'époque à laquelle j'étais un dieu vivant du web.

Afin de ne pas briser trop brutalement le coeur de mes innombrables groupies, j'ai cependant décidé unilatéralement d'un préavis d'un mois avant le dépôt de bilan. Avec un peu de chance, cela me laissera le temps d'achever et poster une partie des billets qui dorment depuis des semaines sur mon disque dur.

Le décompte commence maintenant.

Cherchez l'erreur

Il y a des ghettos en France.
Donc les Français sont racistes.
De nombreux habitants des ghettos sont français.
Donc, les habitants des ghettos sont racistes.
Donc, les Français sont racistes envers les racistes.
Donc, les Français sont anti-racistes.

(Marche aussi avec le Québec et les Québécois)

Déception

Tiens ? Eolas s'essaye au sophisme. Triste époque.

(Malheureusement) entendu à Montréal

Dans un bus de la ligne 161, une fille qui a tout compris de la vie dit à sa copine : "De toute façon, les Français sont racistes. Quand on pense que la déclaration des droits de l'Homme a été écrite aux États-Unis, et après en France. Pis qu'on les voit maintenant. Regardez ! Vous avez fait des ghettos !"

Histoire de file

À l'instar de leurs vieux amis anglais, les Québécois sont réputés dans le monde entier pour leur sacro-saint respect des priorités dans les files d'attente (la fameuse "ligne"), que ce soit devant l'arrêt d'autobus, la caisse des épiceries ou le guichet des administrations. Étant moi-même réfractaire à la méthode parisienne consistant à passer devant un maximum de personnes dans le but futile de gagner quelques minutes, j'ai pu me plier à cette exigence locale sans le moindre effort.

Il m'a en revanche fallu plusieurs mois pour assimiler quelques subtilités qui n'allaient pas d'elles-mêmes au départ. Contrairement à ce que j'avais pensé de prime abord, j'ai par exemple constaté que les personnes qui patientent sur les bancs ou dans les abris d'autobus situés en retrait sur le trottoir ne sont pas considérées comme faisant la queue. Ces dernières se placent en conséquence à la fin de la file lorsque le véhicule espéré arrive, même si elles attendent depuis plus longtemps que les autres. Une loi tacite plus étrange semble autoriser les vieillards à passer devant tout le monde sans besoin d'en faire la requête ou de formuler les moindres excuses ou remerciements.

À moins d'appartenir à la catégorie sus-citée, l'individu qui a le malheur de commettre un crime de lèse-file d'attente doit s'attendre à affronter une masse de regards hostiles, voire quelques propos désobligeants de leurs compagnons de voyage sur le thème du respect des règles et d'autrui. Il y a quelques temps, j'ai été témoin d'une scène hallucinante confirmant ce culte de l'ordre séquentiel.

Alors que j'avançais en file indienne avec de nombreux autres passagers vers l'entrée d'un bus qui venait de nous ouvrir ses bras, quatre personnes forcément plus pressées que les autres ont eu l'idée extravagante de pénétrer dans le véhicule par la porte de derrière, habituellement réservée uniquement à la sortie. C'était sans compter sur la vigilance de Super-Chauffeur qui s'est immédiatement manifesté :

"Merci de ne pas passer par derrière mais de faire la ligne comme tout le monde. Reste quatre personnes à descendre !"

J'ai un instant cru mal comprendre le but de la dernière phrase, mais mon interprétation s'est révélée exacte lorsqu'au bout de quelques secondes d'un silence gêné, un des voyageurs fautifs s'est finalement décidé à descendre du bus pour réintégrer la ligne.

"Reste trois personnes à descendre !", s'est alors exclamé Super-Chauffeur.

Il a ainsi continué son décompte jusqu'à ce que chaque contrevenant ait quitté le bus après un délai dépendant de son aptitude à résister à l'humiliation publique et de son espoir que son tortionnaire abandonne.

L'ordre divin ayant repris ses droits, le preux chevalier de la STM a finalement bouclé la boucle en criant :

"Bon, maintenant, ceux qui sont à l'avant du bus, merci de vous diriger vers l'arrière. Apparemment, il y avait assez de place pour quatre personnes".

Quarantaine

Trop souvent à mon goût, je suis obligé de supprimer sur ce blog des commentaires qui ne sont pas compatibles avec ma conception d'une discussion civilisée. J'apprécie d'autant moins ce caviardage qu'il permet aux trolleurs de se faire passer pour des martyrs en criant à la censure tout en leur évitant de se ridiculiser par leurs propres propos. Je pense avoir trouvé un début de solution à ce problème en créant une page "quarantaine". Cette dernière servira à isoler tous les commentaires ne faisant pas honneur à leur auteur afin qu'ils ne contaminent pas le fil de discussion dans lequel ils ont été postés. Les lecteurs me soupçonnant de censure abusive ou souhaitant simplement explorer les bas-fonds de l'âme humaine auront tout le loisir de les consulter et de découvrir la raison de leur confinement.

Pour le moment, je compte remplir la page quarantaine avec les types de commentaire suivants :

- Messages insultants : injure, attaque sur le physique, etc.
- Point Godwin (assimilation d'un interlocuteur au nazisme ou au stalinisme)
- Plug honteux : message uniquement destiné à faire de la publicité pour un autre site (genre "kikou, super ton blog, viens voir le mien sur xxx.skyrock.com")
- Copié-collé d'un autre site.
- Règlements de comptes hors-sujet entre personnes ou sites web
- Personnes répondant à ses propres commentaires afin de donner l'illusion qu'on la soutient
- Réponse à une provocation mise en quarantaine

Prenant parfois un malin plaisir à démonter le discours de mes adversaires plutôt qu'à les censurer, il est possible que je laisse un commentaire appartenant aux catégories ci-dessus à sa place initiale et que je me contente d'y répondre sur un ton sarcastique.

Pour des raisons évidentes, les commentaires des genres suivants seront systématiquement retirés du site sans être placés en quarantaine :
- Spams
- Messages illégaux
- Commentaires dont l'auteur a demandé le retrait
- Attaques dont la cible m'a demandé le retrait pour une raison valide (atteinte à la vie privée, insulte, etc.)

Je rappelle enfin qu'à part les spams et une personne que j'ai bannie à jamais de ce blog, aucune modération n'est réalisée a priori. Je tiens donc à m'excuser par avance si des commentaires m'échappent.

Licence II

Suite aux pressions d'un dangereux activiste, je viens de passer le contenu de ce blog sous une nouvelle licence Creative commons, poétiquement nommée "Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France". Celle-ci offre les mêmes droits que la non moins lyrique licence "Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France" sous laquelle mes textes étaient distribués jusqu'ici. Ces derniers restent par conséquent librement redistribuables sous réserve de citer les auteurs (Ian pour les textes, ou Io et Ian pour les comics) et le nom du site (mauditfrancais.com), et de publier les éventuelles oeuvres dérivées sous les mêmes conditions.

La nouveauté est que vous êtes désormais autorisés à distribuer les divagations de ce blog dans un but commercial. Vous pouvez par exemple imprimer mes pensées profondes sur des t-shirts fabriqués par des petits Chinois et les vendre à 30 $ sur le web (les t-shirts) sans que je vous colle un procès. J'espère juste que vous vous souviendrez de moi quand je vous aurai rendus millionnaires. Il va de soi que cette licence ne concerne que les billets et commentaires que j'ai écrits, les autres restant la propriété de leurs auteurs respectifs.

Pour plus de détails, consultez le contrat.

Ouf !

Les accommodements raisonnables de la STM

Décidément, la STM ne recule devant aucun sacrifice pour que les Parisiens exilés au Québec puissent conserver les coutumes de leur contrée d'origine. Moins d'un mois après avoir appris que cette société prévoit d'infliger aux voyageurs un signal de fermeture des portes dans toutes ses stations de métro, je découvre qu'elle compte également vérifier les titres de transport à l'intérieur de ces dernières.

Contrairement à Paris où il faut impérativement reprendre son ticket après avoir passé le portique sous peine d'avoir des ennuis avec les contrôleurs, les machines montréalaises l'avalaient jusqu'ici impitoyablement, ce qui impliquait qu'il n'était jamais demandé ensuite. Bientôt, les habitants de la métropole québécoise pourront à leur tour goûter à la joie pittoresque de rater leur métro parce qu'ils ont été bloqués par une gang de déguisés les exhortant à montrer leur ticket. Une différence notable est que les rames sont ici deux fois moins fréquentes.

Je ne peux que m'émouvoir devant cet hommage du Québec à mon pays natal. Il ne manque plus que les pickpockets et les joueurs d'accordéon, et je me sentirai vraiment chez moi.

Libération

Plus qu'un match et on est tranquilles.