CV bouclé
Les choses se déroulant rarement comme on les prévoit, j'ai fini seulement ce soir la réécriture de mon CV. Les Québécois se montrent très surpris, voire incrédules, lorsque je leur explique que je dois retoucher ce dernier avant de chercher un travail. Lors de notre session sur les réalités socio-économiques du Québec, j'ai pourtant constaté qu'il y avait beaucoup de différences entre les CV français et canadiens.
Dans mon pays d'origine, il est par exemple d'usage qu'un candidat mentionne son âge et sa situation matrimoniale dans son curriculum. De nombreuses entreprises réclament également qu'on y joigne une photo d'identité, ce qui permet à certains directeurs des ressources humaines paresseux d'écarter rapidement les postulants dont la tête ne leur revient pas sans avoir besoin de jeter un oeil sur leurs compétences. Au Québec, fournir ces informations n'est nullement obligatoire et semble même un peu déplacé. Cela permet d'éviter les discriminations abusives, ou du moins de les repousser jusqu'au premier entretien. D'autres indications fréquemment insérées dans un CV français, comme la possession du permis de conduire ou les loisirs personnels, doivent uniquement être fournis s'ils ont un rapport direct avec le poste recherché.
Une spécificité canadienne est en effet que l'on ajuste son CV pour chaque annonce à laquelle on répond afin qu'il soit au maximum en adéquation avec le poste et l'entreprise concernés. Bien sûr, il ne s'agit pas de fournir des renseignements erronés, mais de présenter ceux-ci de manière attractive en fonction du destinataire. En France, cette personnalisation est habituellement assurée par la lettre de motivation, le CV n'étant généralement modifié qu'au fil des nouvelles formations ou expériences professionnelles. Ca n'empêche certes aucunement certaines personnes dont je faisais partie de triturer sournoisement leur CV en fonction de l'employeur visé. La lettre de motivation reste bien sûr nécessaire, mais elle doit être dactylographiée, ce qui est pour moi une bénédiction puisqu'il me faut écrire dix lettres manuscrites pour en obtenir une sans ratures.
Dans le CV français comme dans le CV canadien, le candidat donne pour chaque poste qu'il a occupé durant sa carrière une liste des responsabilités qui lui incombaient. Au Canada, il est toutefois de bon ton d'y ajouter les réalisations que l'on a effectuées au sein de l'entreprise. Décrire, chiffres à l'appui, l'effet positif qu'ont eu ces dernières sur l'augmentation des ventes ou la diminution des coûts semble particulièrement apprécié. De manière générale, il est d'ailleurs nécessaire de se vendre davantage au Canada qu'en France, en exprimant clairement les qualité qu'on considère posséder. Il n'est pas du tout mal vu de s'envoyer des fleurs (note aux Québécois : cette expression existe-t-elle chez vous ?), à condition évidemment de ne pas en faire trop.
Toutes ces modifications m'ont pris pas mal de temps, mais c'est fait. Demain, je vais montrer tout ça aux Services aux chercheurs d'emploi de la Grande Bibliothèque pour qu'ils me disent ce qu'ils en pensent.


Il n'est pas du tout mal vu
Il n'est pas du tout mal vu de s'envoyer des fleurs (note aux Québécois : cette expression existe-t-elle chez vous ?) Oui, tout à fait !