Autour du lac (V)

- Sainte-Monique -

Nous sommes partis tôt le matin de l'auberge pour augmenter nos chances d'être pris en auto-stop. Bien nous en a pris car nous avons pu embarquer dans la troisième voiture qui s'est présentée à nous. Elle était occupée par un grand-père est un jeune homme qui se rendaient à un meeting aérien à Québec et qui nous ont déposés près de Saint-Bruno. Nous avons marché un instant au bord de la route, et nous avons soudain aperçu une bête qui sortait la tête d'un trou. Après plusieurs tentatives infructueuses pour la prendre en photo, alors que seul son museau dépassait du sol, nous avons dû laisser tomber. Je pensais notamment que nous aurions été désagréablement surpris si cela avait été une moufette, mais il semble que c'était plutôt une marmotte (il y en a des tonnes dans le coin). Finalement, nous avons embarqué dans le véhicule de trois jeunes hommes de Chibougamau qui travaillent dans le reboisement. Leur voiture était très vieille et sa marque m'était totalement iconnue, comme celle de la plupart des véhicules que nous avons investis depuis le début de notre voyage. Ils nous ont laissés à Jonquière et nous sommes allés prendre un petit déjeûner chez Mikes.

- Jonquière -

Nous sommes ensuite allés dans la petite épicerie qui sert de relais allo-stop, où nous avons obtenu un lift Chicoutimi-Montréal à 16 h. Un client qui attendait à la caisse et avait entendu notre conversation nous a proposé de nous emmener à Chicoutimi. Bien que nous ne partions que le lendemain, nous avons acceptés car nous souhaitions repérer les lieux. Bien que nous ne sachions pas encore où nous irions passer nos derniers jours dans la région, nous nous sommes dits qu'il serait plus facile de faire du pouce de Chicoutimi. La spontanéité avec laquelle les gens nous proposent leur aide est vraiment surprenante et agréable. Notre sympathique chauffeur nous a donc emmené jusqu'à Vio, le restaurant où nous avons rendez-vous le dimanche.

- La Baie -

Nous avions initialement prévu de nous rendre à Tadoussac, mais le temps nous manque. Nous avons donc décidé de nous rendre à la ville de La Baie. Heureuse coïncidence, nous avons été rapidement pris par un automobiliste qui s'y rendait également. Il travaillait dans les finances et avait beaucoup voyagé : Brésil, Cuba, Taiwan... Il nous a conduit au gîte que nous avions choisi afin que nous laissions nos affaires, puis nous a déposé en ville. Nous sommes allés faire un tour au centre touristique où Charlotte à récupéré une tonne de . Après avoir vu la pyramide des Ha ! Ha !, un peu décevante, nous nous sommes promenés sur les quais, avec une magnifique vue sur le lac, puis nous avons décidé de nous rendre aux Murailles, un joli coin de nature où coule une cascade. Nous avions cependant sous-estimé la distance, et Charlotte a finalement profité d'un feu rouge pour demander à un automobiliste s'il pouvait nous rapprocher. Celui-ci avait un look assez original. Grand, totalement chauve, il possédait une multitude de boucles d'oreilles à faire pâlir d'envie un acunpuncteur. Il a trouvé notre idée de promenade tellement sympathique qu'il nous a proposé de nous accompagner. Nous nous sommes auparavant arrêtés devant sa maison. Tandis qu'il était à l'intérieur à se changer, Charlotte et moi commencions à nous demander si nous avions bien fait de le suivre, tant son attitude était bizarre. D'autant plus qu'il avait appelé 5 mn auparavant un ami à lui pour expliquer qu'il allait emmener deux jeunes touristes faire une balade. J'imaginais déjà les gros titres dans la presse : "L'égorgeur en série de La Baie fait deux nouvelles victimes". Nous ne nous sommes pourtant pas enfuis, et nous sommes allés aux murailles avec lui. Sur la route, il nous a expliqué que sa blonde l'avait quitté il y a quelque mois, ce qui expliquait peut-être son besoin de compagnie.

Heureusement, à l'entrée du parc, notre nouveau guide a sympathisé avec un autres groupes de touristes, avec qui nous avons fait une bonne partie de la promenade, ce qui nous a un peu rassurés. Mis à part un de ses passe-temps consistant à tirer au fusil sur les ours bruns et les marmottes qui avaient l'audace de pénétrer dans son jardin, cet homme semblait être un amoureux de la nature, et il connaissait très bien la région. Il nous a ensuite ramené au centre-ville en nous souhaitant une bonne visite. Nos craintes, bien que légitimes, étaient donc totalement injustifiées.

Nous avons ensuite visité le musée du Saguenay. Il y avait trois expositions moyennement intéressantes : les oeuvres d'artistes du Saguenay, avec quelques jolies peintures et sculptures, un insectarium et une dernière sur "le magnesium, métal d'avenir". Nous avons ensuite regardé le film racontant le déluge de 1996, dont La Baie est une des ville à avoir le plus souffert. L'accent était mis essentiellement sur les drames humains qu'elle avait causés et sur le courage des valeureux sauveteurs. On ne peut pas nier cet aspect, mais cela était tellement rabâché qu'on avait plus l'impression de suivre un reality show qu'un reportage. Dommage. Les commentaires d'un scientifique interviewé à propos des causes probables de cette catastrophe (Effet de serre, mauvaise gestion des barrages) et sur la pollution du Saguenay auraient mérité qu'on s'y attarde. Il est vrai que les gens de la région sont été complètement traumatisés par cet évênement. On en trouve des photos placardées dans tous les restaurants, et les gens ne manquent jamais une occasion d'en parler. Il leur est donc encore sans doute difficile de prendre de la distance.

Le soir, nous sommes allés voir un chansonnier au gîte du vieux hibou. Nous avons dû rentrer chez notre hôtesse sous une pluie battante et dans une obscurité presque totale. Pour plaisanter, j'ai dit à Charlotte qu'on allait peut-être voir notre chauve sortir sa tête d'un buisson en criant "coucou !". Ca ne l'a pas faite rire.

Hahha! Je suis aussi en

Hahha! Je suis aussi en visite à Chicoutimi et je vous écrit de l'université, vous ne l'avez pas visité? C'est une petite université de campagne et c'est superbe. P-e la procahine fois.