Autour du lac (III)

- Saint-Félicien -

Réveil à 7 h 30

Nous avons pris un excellent petit déjeûner préparé par notre hôtesse : chocolat chaud, cretons, pain brun et blanc maison, une demi-douzaine de confitures différentes (gelée de bleuets, rhubarbe-fraise, citrouille...), cookies et pavé aux dattes, maison également. Nous avons laissé nos bagages au gîte et nous sommes rendus sur la route 169, qui n'a décidément plus de secrets pour nous, afin de nous rendre au zoo de Saint-Félicien. Comme personne ne semblait vouloir nous prendre, nous avons traversé la rivière Chamouchane et nous nous sommes placés sur le bord d'une rue qui semblait se diriger directement vers le zoo. Après une assez longue attente, un homme a fini par nous accueillir dans sa voiture. Nous le trouvions fort sympathique jusqu'à ce qu'il sorte une bouteille de bière bien épaisse et en boive une bonne rasade en tenant le volant d'une main. Bien qu'il nous ait affirmé que c'était la première de la journée, nous étions moyennement rassurés. Heureusement, la route était droite et nous ne sommes pas restés très longtemps dans son véhicule.

Les p'tites bêtes

Le zoo de Sant-Félicien est assez original. Les animaux ne sont pas enfermés dans des cages mais dans de vastes enclos reproduisant leur milieu naturel le plus fidèlement possible. Il existe en outre un immense parc où les bêtes évoluent en toute liberté et que les visiteurs peuvent parcourir dans un petit train, protégés par un grillage. Une sorte de zoo à l'envers. C'est cette promenade que nous avons choisie en premier. Les personnes présentes étaient essentiellement des enfants accompagnés de leurs animateurs et quelques retraités. La promenade dure plus d'une heure et nous avons pu voir de nombreuses espèces animales : ours bruns, wapitis, orignaux, chiens de prairie, bisons, boeufs musqués, loups, et j'en oublie sûrement beaucoup. Nous avons appris qu'une loi obligeait toute personne trouvant des caribous orphelins sur le territoire québécois à les confier à ce zoo afin qu'il s'en occupe. Le conducteur du train faisait des commentaires au fil de notre progression et une une bande sonore enregistrée avec des comédiens prenait le relais en fonction de l'endroit où nous nous trouvions. En plus des animaux, cette balade est un moyen de découvrir l'histoire de la colonisation du Canada, en passant dans différents décors : camp de bûcherons, village indien, bureau de poste, etc.

Le miaulement du colibri

Après avoir échappé de justesse à une horde d'ours bruns affamés (comment ça, j'exagère ?), nous avons pu admirer de nombreux autres animaux dans le reste du zoo. Un lynx jouait avec les papillons. Un touriste qui avait mal lu une pancarte affirmait très sérieusement que ce gros chat était un colibri. Il y avait aussi des loutres qui avançaient en fil indienne en se dandinant comme dans un dessin animé, des phoques, et des castors que l'on pouvait voir dormir dans leur hutte. Mais ce qui m'a le plus émerveillé, c'est sans aucun doute l'ours polaire dont nous avons assisté au repas. Un homme perché sur une passerelle jetait de la nourriture dans le bassin, et on pouvait voir grâce à une vitrine cet énorme mammifère nager sous l'eau pour les attraper. La grâce avec laquelle cet animal évolue est tout à fait surprenante et émouvante. On en oublierait presque qu'il pourrait nous arracher la tête d'un coup de patte. Malgré tous les soins dont font preuve les responsables du zoo, je me suis demandé si tous les animaux étaient bien ici. En effet, avant son repas, l'ours blanc effectuait sans relâche quelques pas en avant et en arrière tout en ce balançant de droite à gauche, à la manière d'un danseur. C'était assez comique à voir mais ce comportement était peut-être le signe que quelque chose n'allait pas.

So far away from Peribonka...

Le retour au centre-ville n'a posé aucun problème. Charlotte à accosté deux Suissesses en vacances qui ont accepté de nous prendre dans leur voiture. Après les avoir quittées, nous nous sommes arrêtés dans une brasserie où nous avons pu déguster une tourtière, spécialité locale que Charlotte voulait absolument goûter. Aucune trace cependant de la tarte aux bleuets que nous cherchons depuis notre arrivée dans la région. Après avoir récupéré nos affaires, nous nous sommes remis à faire du pouce pour nous rendre à Peribonka. Nous avons été pris successivement par :

- Une jeune femme de Jonquière qui nous a amené jusqu'à Normandin

- Un étudiant peu bavard qui nous à conduit jusqu'à Dolbeau, où nous avons fait une petite sieste au bord de la route

- Un sexologue qui a fait sa maîtrise à l'UQAM et qui allait voir ses petits-enfants à Mistassini

- Une Québécoise de je ne sais plus où, qui nous a pris en même temps que le fils de la présidente de l'auberge de jeunesse où nous nous rendions. Nous avons appris à l'occasion que cette dernière ne se trouve pas à Peribonka mais à Sainte-Monique, quelques kilomètres plus loin, où nous sommes arrivés en fin d'après-midi.

- Sainte-Monique -

L'auberge est sur une île à l'embouchure de la rivière Peribonka. La vue est très belle mais nous sommes probablement dans un des trous les plus perdu de la région. Nous sommes allés acheter à manger au dépanneur du coin, qui fait à la fois office d'épicerie, tabac, SAQ et video-club. Après une balade sur l'île, à l'heure où les maringouins attaquent, nous n'avons pas tardé à aller dormir, un peu épuisés après cette journée chargée.