Décalé
J'ai pris un rythme de sommeil assez bizarre ces derniers temps. Jamais couché avant trois ou quatre heures du matin. Levé à une heure de l'après-midi... Bientôt j'aurai douze heures de décalage avec la France au lieu de six. Le retour risque d'être folklorique. J'aurais toutefois tort de m'en plaindre. Si je reste ainsi debout jusqu'à des heures où le comptable moyen dort du sommeil du juste, c'est pour cause de fiestas intenses et non pour finir des travaux en retard.
Mardi, par exemple, je suis allé à la soirée que donnait Charlotte dans son appartement. Depuis quelques semaines, elle partageait ce dernier avec Yannick, car Laure est rentrée en France depuis quelques semaines. Il y avait beaucoup de monde ce soir là : Aline, Charles, Caroline, et une foule d'autres personnes. La fête a été riche en animation : concerto de guitare, salsa et discussions animées.
Nous sommes nombreux à trouver que l'année est vraiment passée trop vite. C'est assez frustrant de constater que plusieurs d'entre nous doivent partir alors que des liens se sont tissés, que ce soit avec des Québécois ou d'autres expatriés. Yannick s'est mieux débrouillé que moi sur ce point, car il continuera ses études à Montréal l'année prochaine. Ayant rencontré la charmante Québécoise qui ne doit pas être tout à fait étrangère à cette décision, je ne peux que l'approuver dans son choix.
Yannick repartait toutefois le lendemain pour la France où il restera quelques mois, et nous nous croiseront sans doute à Paris avant qu'il ne retourne au pays des caribous. Avant que je ne regagne mon doux foyer, nous avons donc farouchement contenu notre émotion et nous sommes quittés sur une franche accolade virile à faire passer les GIs pour des teletubbies.

