Genèse (1)

Cela fait maintenant plus de six mois que j'ai atterri à l'aéroport de Dorval. Il est donc temps que j'explique de quelle manière je me suis retrouvé ici. Ça pourrait intéresser les étudiants qui voudraient suivre mon exemple. Je parle bien sûr de l'échange international. De manière générale, je ne pense pas être un exemple à suivre.

Si j'ai présentement le bonheur de fouler chaque jour le sol canadien de mes augustes arpions, c'est avant tout grâce au programme d'échange du CREPUQ. Celui-ci permet aux étudiants français de poursuivre une année leur cursus dans une université québécoise, tout en étant inscrits dans leur établissement d'origine. Les cours qu'ils parviennent à obtenir entre deux beuveries sont donc validés pour le diplôme français. L'échange est particulièrement intéressant dans ce sens puisque les frais d'inscription sont beaucoup moins cher en France qu'au Canada. Et bien que les Québécois puissent également demander à faire leurs études en France, j'imagine leur surprise en découvrant le délabrement de nos locaux universitaires alors qu'ils ont payé leur inscription au prix fort.

Tant que j'y suis, je voudrais ouvrir une parenthèse afin de lever toute ambiguité. Malgré tout le mal que je dis de la France en général et de Paris en particulier, elles offrent aussi de nombreux côtés positifs. Je m'en voudrais de dissuader les personnes des autres pays de venir nous rendre visite (bien que je doute que ma force de persuasion soit si grande). Et je ne dis pas ça pour rassurer Julie qui doit venir nous voir l'année prochaine. Enfin, pas seulement. Fin de la parenthèse.

Donc, disais-je, pour aller étudier au Québec, il faut constituer un dossier de candidature. Cette étape s'avère particulièrement éprouvante pour qui, comme moi, voue une haine farouche à la paperasserie. Si j'ai bonne mémoire, il a fallu entre autres que je fournisse les photocopies de mes diplômes et de mes notes, un curriculum vitae, une lettre de motivation (justement) et deux lettres de recommandations de professeurs m'ayant subi en cours. Enfin, il fallait donner par ordre de préférence le nom des trois universités où je souhaitais étudier, avec une liste des cours choisis pour chacune d'elles. J'avoue que si les membre du service des relations internationales de mon université ne m'avaient pas un peu secoué, j'aurais volontiers baclé cet étape qui est particulièrement énervante, et je ne serais peut-être pas ici. Il fallait en effet comprendre le système universitaire québécois, trouver des cours qui pourraient correspondre au cursus français, etc. Heureusement, un professeur s'occupe particulièrement de cet aspect et m'a guidé dans mes choix. Certains de mes camarades en programme d'échange n'ont pas eu cette chance et ont galéré deux fois plus que moi.

Une fois le dossier complété, envoyé et accepté, une nouvelle épreuve m'attendais : obtenir le visa. C'est ce que nous verrons dans un prochain épisode.