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Touche pas ma forêt

Hier soir, je suis allé souper chez Cécile et Laurent. Cela m'a fait plaisir car ça faisait une éternité que je ne les avais pas vus. Etaient également invitées Céline, une amie française que j'avais déjà rencontrée, Eliza, et Isabelle.

Cécile a eu la chance d'échapper à la vague de licenciements opérés par sa société il y a quelques mois. Cette heureuse nouvelle n'atténue toutefois en rien le dégoût profond que m'inspirent les politiciens et chefs d'entreprise prêts à tout sacrifier au nom de la rentabilité économique. D'autant que les êtres humains ne sont pas les seuls à pâtir de cette idéologie.

Cette soirée a en effet été l'occasion de discuter entre autres sujets du film L'erreur boréale (que je n'ai malheureusement pas vu), de Richard Desjardins et Robert Monderie. Ce documentaire, diffusé pour la première fois à la télévision québécoise en mars 1999 raconte comment la forêt boréale est surexploitée par les compagnies pour alimenter les scieries et les papeteries de la Province, avec la bénédiction du gouvernement. S'il persiste de cette manière, cette abattage massif pourrait amener la destruction totale de cette forêt, qui est pourtant la plus grande du monde. Dans certaines régions, les hélicoptères transportant des touristes font volontairement des détours afin de ne pas infliger à ces derniers la vue de zones complètements dévastées par la déforestation.

Evidemment, les compagnies forestières tentent de calmer le jeu et affirment que tout a été calculé pour ne prendre que "l'intérêt du capital de la forêt" (sic) et reboiser au fur et à mesure. Mais leurs arguments ne sont guères convaincants. En outre, elles prétendent que ralentir le rythme des coupes et gérer ce patrimoine plus intelligemment entraînerait fatalement une baisse du chiffre d'affaire, et donc des licenciements. Rien à voir avec les dividendes des actionnaires, bien sûr.

Bien que ce film semble avoir entraîné une prise de conscience chez beaucoup de Québécois, le problème est loin de préoccuper Jacques Brassard, le ministre des Ressources naturelles, qui d'ailleurs, ne cache pas une certaine sympathie pour les déboiseurs fous. L'actualité récente le prouve.

Ce qui me remplirait de joie, c'est qu'il se réincarne un jour en épicéa.

Commentaires

Salut, Il faut vraiment que

Salut,
Il faut vraiment que tu regardes ce documentaire car il est vraiment bien fait et c'est bien une triste réalité qu'il présente. J'ai passé également un an au Québec et au cours d'un séjour vers Chibougamau, j'ai pu constater que les coupes étaient soigneusement cachées pour ne pas offusquer les touristes...

Moi j'ai vu un documentaire

Moi j'ai vu un documentaire où l'on voyait des Québécois jeter des pierres sur des Amérindiens qui sortaient de leur réserve...
ça m'a refroidi sur l'accueil chaleureux des Québécois:)

Ignare! Tu fais référence

Ignare!
Tu fais référence à la crise d'Oka. Tu t'es informé(e), minimalement, avant de te "refroidir"? Ppffftt! Un groupe de personnes, vrai. Pris en sandwich depuis des semaines, immobilisés dans leur patelin. L'armée a du être mandé sur les lieux pour arriver à lever le barrage ... Dressé par les amérindiens. Lancer des pierres ne fait pas partie de nos us et coutumes, bien évidement. Mais, perso, coincée, menacée, barricadée tout l'été par un groupe de criminels venus des states (bin oui, pas des abénakis, des iroquoiens sympas et fumant le calumet de patx, comme dans vos livres d'histoire - Des Mowaks qui n'avaient jamais posé le mocassin ici, avant) Coincée, dis-je ... J'suis pas convaincue que j'aurais pas "pêté" une coche.

Quand on connait pas l'histoire derrière le front page d'un canard quelconque, on la boucle.

Non mais.