Tous les érabliers
"Alors, tu comptes t'installer au Québec ?"
Voici le genre de question auquel s'expose toute personne ayant décidé de passer quelques mois de sa vie ailleurs qu'au café des sports de Lamotte-Beuvron. La plupart des personnes qui me la posent sont toutefois loin d'imaginer l'abîme de perplexité dans lequel elle me plonge. Si j'ai décidé de passer ce séjour au Canada, c'est avant tout pour changer de décor et me permettre de faire un peu de ménage dans mon pauvre cerveau qui en avait bien besoin. Je n'avais certes pas exclu d'y rester plus longtemps que prévu si le pays me plaisait.
Le pays me plaît beaucoup, mais il m'est arrivé quelques tuiles avant de quitter la France. D'une part, j'ai trouvé un emploi très intéressant qui m'a permis de réaliser que mon parcours personnel tortueux m'ouvrait la porte à une foule de métiers créatifs et motivants. D'autre part, j'ai fortement sympathisé avec une jeune fille qui doit se languir de moi en Europe autant que je me languis d'elle en Amérique. J'ai également laissé derrière moi une foule d'amateurs de boissons fortes et de soirées animées, que j'ai egocentriquement baptisée le "ian's network" et qui font de Paris, une ville presque fréquentable.
M'installer à Montréal m'obligerait à reprendre à zéro une grande partie de ma vie. J'ai déjà donné. J'aimerais pouvoir trouver un peu de stabilité et consacrer ainsi davantage de temps et d'énergie à l'écriture et à la musique plutôt que de galérer entre le travail, l'université et les démarches administratives comme cela a été le cas ces deux dernières années. Je dois être en train de vieillir.
À lire ces lignes, on pourrait penser que mon choix est déjà fait. J'ai toutefois autant de bonnes raisons de rester au Québec. Le ian's network dispose à présent de ramifications à Montréal, et il y a de nombreuses habitudes québécoises dont j'aurais du mal à me détacher : pouvoir laisser mes affaires dix minutes sur une table à l'université sans craindre de me les faire voler, voir des commerçants sourire, prendre le métro (presque) sans jamais me faire marcher dessus, et ne pas me sentir agressé à chaque regard que je croise dans la rue. Quand je dis à des Montréalais que leur ville est calme, ils sont surpris. Tout est relatif, je suppose.
J'ai fait part de mon dilemme à mes camarades parisiens expatriés, et ils redoutent également le choc du retour. Quelques-uns souhaitent d'ailleurs s'installer ici car, disent-ils, rien ne les retient en France. Dans ce cas précis, c'est une chance.
Le plus pesant avec les personnes qui s'inquiètent de mon installation, c'est que certaines semblent avoir une idée précise de ce qui constitue le BON choix. Et je sais que selon ma décision finale, elles me traiteront intérieurement de lâche ou de lacheur. Je peux néanmoins me consoler en me disant que parmi celles-ci, il y aura sûrement les jaloux qui avaient déjà voulu me dissuader de partir.


J'oubliais. Il n'y a pas de
J'oubliais. Il n'y a pas de militaires mitraillette au poing dans le métro montréalais, et les policiers n'ont pas le droit de faire des contrôles d'identité de manière inopinée.
Il n'y a peut être pas eu
Il n'y a peut être pas eu d'actions terroristes dans leur métro qui ont fait je ne sais pmlus combien de morts et de bléssés !
Et je n'ai pas de parti pris !!!!!!!!!!!!
Ben oui, mais ils font quoi
Ben oui, mais ils font quoi les gentils militaires avec leur mitraillette s'ils voient un méchant terroriste ? Ils tirent dans le tas et ils tuent 43 civils ? Les balles, ça doit ricocher vachement bien dans le métro.
J'avoue cacher difficilement mon parti pris contre les militaires.
Je suis un maudit français
Je suis un maudit français qui vit au Québec depuis 3 ans, et la question "France ou Québec" fait désormais de ma vie et pas de réponse. Bonne chance.