Underground
Je ne sais pas si c'est pareil pour tous les Français, mais moi, quand on m'a parlé de la ville souterraine, j'imaginais un vaste réseau de couloirs traversant une grande partie de la ville, avec des entrées un peu partout pour permettre à chaque habitant de se rendre à la station de métro la plus proche de chez lui, en passant un minimum de temps dehors. Une sorte d'enchevêtrement de tunnels où certes, on aurait l'occasion de croiser quelques boutiques de temps en temps, mais dont le but principal était de permettre d'aller d'un point à un autre sans trop avoir à affronter le froid. C'est tout juste si je ne m'attendais pas à y croiser les septs nains portant leur pioche et chanter qu'ils rentrent du boulot hé ho.
Naïf.
En fait, la ville souterraine est une immense galerie commerciale dont la surface impressionnante (12 kilomètres carrés), ne couvre cependant que le centre-ville. Pour le parisien moyen, ça rappelle beaucoup le forum des halles, en un peu plus propre et en nettement moins craignos après dix heures du soir. J'ai toujours eu du mal à supporter ces vastes temples dressés en l'honneur des dieux de la consommation. Aujourd'hui, j'ai cependant voulu profiter des boxing days pour m'acheter cette satanée paire de bottes. Les boxing days, ce sont les quelques jours de soldes monstrueux de la mort qui tue se déroulant juste après Noël. Je ne pense pas qu'il y ait d'équivalent en France. Certains articles voient chuter leur prix de plus de la moitié et de nombreux Montréalais se pointent à six heures du matin à l'entrée des magasins pour être sûrs d'être les premiers à en profiter. Au bout d'une demi-heure perdu dans la foule et avoir visité trois boutiques sans trouver quelque chose qui me convienne, j'avais déjà attrapé un mal de crâne terrible, plus une furieuse envie de brûler ma carte bleue et de retourner à l'âge des cavernes. J'ai préféré rentrer chez moi.
Il me faut toujours une paire de bottes.

