Le désir de fusion
Posté par Ian le dim, 03/12/2000 - 18:55

Je ne devrais pas annoncer le sujet des articles du lendemain dans mes chroniques. Après, je me sens obligé de tenir mes promesses. Ce soir, je parlerai donc de la fusion de Montréal d'une part, et de la fin du monde d'autre part.
Commençons par ce charmant débat urbain qui agite l'actualité d'ici depuis quelques mois, voire quelques années. Comme je vois ça de loin, je vais essayer de ne pas dire trop d'âneries.
La ville de Montréal est située sur une île (ça, j'en suis sûr). Cette dernière est délimitée au nord par la rivière des prairies et au sud par le fleuve Saint-Laurent. Elle comporte 28 autres municipalités. Afin de minimiser les coûts, les services communs à toutes ces villes sont regroupés au sein de la communauté urbaine de Montréal, un organisme intermunicipal qui gère entre autres la police, les transports en commun et l'aménagement. Quand une personne vous déclare habiter à Montréal, il est donc possible qu'elle vive en fait à Outremont ou Anjou, car ce nom peut désigner aussi bien l'île que la ville. Une île, une ville. C'est ici que ça se complique. Le gouvernement québécois a en effet songé que fusionner ces municipalités en une seule permettrait de faire de grosses économies. Deux camps s'affrontent alors :
- Ceux qui sont pour, dont Pierre Bourque, maire de Montréal. Les mauvaises langues dont je fais partie diront que c'est davantage l'idée de diriger une ville plus grande qui motive ce brave homme que la rentabilité économique. Comme il est déjà maire de la ville la plus peuplée, il a en effet toutes les chances de remporter les élections municipales qui seront organisées pour cette nouvelle métropole.
- Ceux qui sont contre, pour des motifs pas forcément plus avouables. Ce sont généralement les maires des autres municipalités qui craignent de voir leur pouvoir disparaître. Car bien que des conseils d'arrondissement correspondant à chacune des anciennes villes seront créés, ces derniers ne bénéficierons pas des droits de taxation. Un des buts de la fusion est d'ailleurs de récupérer les excédents financiers de certaines villes pour combler le déficit des autres. Adieu dollars. Comme c'est triste.
Voilà, il me semble avoir résumé la situation. Je pense que personne ne me reprochera de reculer la fin du monde d'un ou deux jours.
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