C’est grave Docteure ?
Ce mois-ci, je n'ai pas oublié de glisser le chèque de mon loyer dans la boîte à lettres de mon propriétaire. Je m'en voudrais de contrarier cet homme qui m'a généreusement prêté une commode (en ruine) pour ranger mes vêtements et un réfrigérateur qui transforme systèmatiquement tout liquide qui y est déposé en bloc de glace quel que soit le réglage choisi.
Je viens de lire un article indiquant qu'un amendement venait d'être adopté à l'Assemblée nationale française pour lever l'interdiction du travail de nuits des femmes. Ce qui m'étonne, c'est qu'autant de députés se soient prononcés contre, y compris des gens de droite que l'on a connu moins sensibles aux conditions des salariés. Mais ne nous leurrons pas. Ce qui gêne ces gens, c'est d'imaginer qu'une telle loi permettra à davantage de femmes de travailler alors qu'ils préfèreraient les voir rester à la maison à torcher les mômes. Si c'est le travail de nuit qui les choquait, il y a longtemps qu'ils auraient voté son abolition. L'égalité des sexes exclut la galanterie, et l'essentiel est de traquer les abus.
Je serais incapable de dire si une telle limitation existe au Québec. Cela me surprendrait car le féminisme a moins perdu de sa vivacité ici qu'en Europe. Pas de délire à la "girls power", Dieu merci, mais plutôt un simple souci d'égalité. Les Québécois et les Québécoises se sont bien amusés du débat qui a récemment animé la France à propos de la féminisation des titres. C'est une chose admise ici depuis près de 25 ans. Il existe même des guides très complets pour ceux et celles qui auraient du mal. En France aussi, mais c'est tout neuf.

