Auprès de ma blonde

Dans leurs courriels, mes amis Français me posent souvent la question cruciale : "As-tu trouvé une copine ?". J'avoue que cette interrogation me laisse perplexe. Bien sûr, que j'ai trouvé une copine. Elle vit en ce moment à Paris et cela fait neuf mois que nous sommes ensemble. Enfin ensemble, c'est beaucoup dire, car nous n'avons pas pu nous voir très souvent. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis victime d'une malédiction chronique qui me pousse loin de mes blondes.

- Je trouve une copine à Blois, je pars faire mes études à Paris.

- Elle monte à Paris, je pars faire du théâtre dans le sud de la France.

- Je rencontre une demoiselle craquante dans le Sud, je plaque la troupe et remonte à Paris.

- Je découvre une fille adorable à Paris, et j'ai pas envie d'en parler ce soir.

- Enfin, je fais la connaissance d'une charmante personne à Marseille, et je trouve le moyen de partir pour Montréal, alors qu'elle décide de s'installer à Paris.

Hormis une prédisposition de l'auteur à raconter sa vie en public, on peut retenir une leçon de ce récit : on laisse toujours quelque chose ou quelqu'un derrière soit quand on décide de concrétiser ses rêves. A de rares exceptions, j'aurais pu rester auprès de mes compagnes, mais j'ai fait d'autres choix.

Une fois décryptée, la question de mes amis est bien entendu "As-tu trouvé une fille avec qui tu pourrais bien t'entendre en attendant de retrouver ta copine officielle en France ?". Si cela arrivait, ce n'est bien sûr pas ici que je l'annoncerais. ELLE me lit.