De la nouvelle économie
Ce soir, les mots me viennent difficilement. C'est souvent comme ça quand je suis en colère. Le 13 septembre 2000, les Québécois apprenaient dans les journaux le rachat de Vidéotron, gros groupe de communication par Québecor, groupe de communication encore plus gros. Je me fous de savoir quel petit actionnaire a sauté de joie en apprenant la nouvelle ou de combien de dollars à monté ou baissé l'action de chacun des protagonistes. Tout ce que je sais, c'est que les dirigeants de la société nouvellement rachetée sont désormais sommés de réduire de 112 millions de dollars les coûts de l'entreprise, ce qui entraînera la suppression de centaines d'emplois, dont probablement celui de Cécile. Elle avait malheureusement raison de craindre cette fusion depuis les premiers indices. J'ai toujours été dégoûté par ces entrepreneurs qui se montrent prêts à tout pour gagner le moindre centime/cent et qui jouent sans vergogne au monopoly grandeur nature sans se soucier des drames humains qu'ils entraînent. Entendre Cécile me faire part de sa tristesse et me raconter l'ambiance glauque qui règne actuellement dans sa société ne fait qu'accentuer ma révolte. Et pendant ce temps, Québécor fait sa promotion en organisant la Guignolée Pierre-Péladeau (du nom du fondateur de la société) qui consiste à collecter jouets et nourriture pour les plus démunis. "Quebecor, avec l'appui de ses filiales et de ses divisions, a rassemblé une équipe de partenaires croyant fermement que, tous ensemble, nous pouvons faire une différence et travailler à combattre la faim.". Pincez-moi, je rêve.
Dernier détail qui vaut son pesant de stock-options : l'acquisition de Vidéotron n'aurait pas pu se faire sans le soutien de la Caisse des dépôts dont un des principaux investisseurs n'est autre que la régie des rentes du Québec. On peut donc considérer qu'en cotisant pour leur retraite, les salariés de Vidéotron ont indirectement financé le rachat de leur entreprise, et donc leur licenciement. Pincez-moi plus fort.

