Question
Lors de la soirée de vendredi dernier, j'ai discuté avec une Parisienne qui est à Montréal depuis presque autant de temps que moi. Elle m'a expliqué que durant les premières semaines qu'elle a passé sur ce nouveau continent, son seul souhait était de rentrer en France. Cela m'a un peu réconforté car j'étais à peu près dans le même état. Je ne souhaitais pas réellement faire marche arrière, mais j'avais tellement attendu ce moment que je ressentais une certaine amertume, comme si j'étais déçu de ce que j'avais trouvé. A présent que je connais plus de monde et que tous les problèmes matériels sont enfin règlés, je commence vraiment à apprécier ce pays et je me demande si j'arriverai à m'en détacher quand le moment sera venu. Mais je me sens vraiment tranquille que depuis quelques semaines. Même si cela ne doit pas être systématique, je suis sûr que de nombreuses personnes qui s'expatrient vivent cette succession de sentiments contradictoires. Ce n'est pas le mal du pays, mais plutôt des difficultés à réaliser qu'on est enfin parti et à s'adapter à cette nouvelle vie. Je suppose que le pire est maintenant derrière moi (si on fait abstraction de l'hiver qui s'en vient). Certains se laissent dévorer par cette mélancolie et préfèrent prendre le premier avion pour rentrer chez eux. C'est dommage.
Je me suis amusé à comparer la superficie de Paris et de Montréal :
Paris : 105 km2 Montréal 496 km2
Pourquoi est-ce que je croise sans arrêt des gens que je connais même quand je ne suis pas près de la fac alors ?

