Vieux motard
"Quand l'intelligence artificielle fait une connerie, c'est pas grave. C'est une connerie artificielle".
Le souvenir de cette citation permet de me détendre après le semi-gadin que je viens de me prendre à l'intra d'intelligence artificielle, il y a un peu plus d'une heure. Je pense avoir limité les dégâts mais j'aurais pu faire beaucoup mieux si je m'étais organisé dans mes révisions. Et au lieu de bosser pour le prochains partiel, je suis en train de tapoter pour le maudit Francais. C'est vraiment pas sérieux.
Je me demande ce qui peut bien défrayer les chroniques françaises à l'heure actuelle. J'ai déjà du mal à savoir ce qui se passe au Canada car je n'achète pas le journal et je n'ai pas la télévision. Heureusement, il reste les panneaux d'affichage lumineux dans les wagons de métro. En plus du nom de la prochaine station et des correspondances accessibles, ces derniers diffusent en continu des brèves d'actualité. Il y a aussi des publicités pour se prêter au tests de médicaments de certains laboratoires pharmaceutiques, moyennant rémunération. Voilà peut-être un bon moyen de règler mes problèmes financiers. Pis je ferais fureur avec mes tentacules lors de mon retour en France.
Enfin bref, j'ai récemment appris l'arrestation de Maurice "Mom" Boucher, chef présumé des Hell's Angels, accusé du meurtre de deux gardiens de prison. Il faut dire qu'ici, les bandes de motards ne sont pas, comme en France, réputés uniquement pour leur concentrations où ils se promènent en tenu d'Eve sur leurs terribles engins. Il existe de vraies bandes criminelles organisées qui, m'a-t-on dit, possèdent même pas mal de boîtes et de bars dans le pays. Un film est récemment sorti sur ces charmants philanthropes : Hochelaga (nom d'un quartier de Montréal). Celui-ci raconte l'histoire assez violente d'un jeune homme pris dans la guerre des gangs. Lors de la promotion de ce film, deux choses étaient frappantes : la première, c'est que de nombreux journalistes se demandaient si les vrais motards n'allaient pas se sentir visés. La deuxième, c'est que le réalisateur lui-même niait tout rapport entre l'histoire qu'il racontait et la réalité. Y avait-il un motard hors-champs qui les menaçait avec un cran d'arrêt ?

