De l’enflement des chevilles

Boaaaaaaarf.

J'ai rarement eu aussi peu de choses à dire qu'aujourd'hui. J'ai passé les deux derniers jours à bosser pour la fac et je suis un peu lobotomisé. Une fois que les examens seront finis, il faut vraiment que je bouge. Bien que je sois ici depuis bientôt deux mois, j'ai l'impression de ne pas avoir vraiment goûté à cette ville, tellement mon installation m'a accaparé. Ce sont maintenant les études qui me prennent du temps. Enfin, je suis quand même ici en partie pour obtenir un diplôme, il faut se faire une raison.

Les deux filles de Paris 8 organisent une fête chez elles ce soir. Elles m'avaient dit de les rappeler si je voulais venir. La logique voudrait que ce soit elles qui me contactent et non moi. J'irai donc les voir si elles se donnent la peine de me téléphoner, sinon, ça m'obligera à bosser mes examens. Bien qu'elles m'aient accueilli avec de grands sourires lors de notre dernière rencontre, elles m'ont un peu agacé car elles étaient toutes fières d'étudier à Concordia. Elles n'arrêtaient pas de comparer leur université à la mienne, un peu comme s'il y avait d'une part, les élites qui suivent des cours dans les universités anglophones, et d'autres part, les malheureux (dont je fais partie), qui fréquentent les facs francophones presque par dépit. Il est donc si grand, ce désir d'oublier qu'on vient du 93 ? J'ai pour ma part autant d'estime pour mes amis qui ont fait Sciences po ou HEC que pour ceux qui n'ont pas leur Bac. Et la comparaison de nos mérites respectifs ne fait pas partie de nos hobbies.