Ma rentrée

Premier jour à l'université de Montréal. Le lundi, j'ai un seul cours (informatique théorique), qui a le désavantage de se dérouler entre 8h30 et 9h30. J'ai traîné pour partir mais je suis arrivé juste à l'heure. J'ai eu ainsi la chance de trouver une place assise, ce qui n'est pas le cas des quatre ou cinq personnes qui sont arrivées après moi et qui ont dû rester une heure debout. On doit être facilement cinquante. Le professeur semble très intéressant et possède beaucoup d'humour. Quand il a annoncé que certains devoirs devaient être faits à deux, mon voisin de table (québécois) m'a proposé spontanément que l'on travaille ensemble. Cool. J'ai pris son adresse email. J'ai passé le reste de ma journée à m'occuper de la recherche d'un appartement. Si je tenais le mec qui a écrit qu'il est facile de trouver un logement à Montréal, il passerait un sale quart d'heure. Comme tous les étudiants arrivent en même temps fin août, on se retrouve à chaque fois plusieurs dizaines à visiter la même chambre. Nombreuses sont les personnes dans mon cas qui ne trouvent toujours rien au bout de plusieurs semaines. J'ai pu visiter deux appartements. Le premier était occupé par un français et sa copine québécoise. Enfin, son accent me laissait supposer qu'il était français. Il me proposait de vivre dans une espèce de placard pour 400 dollars Canadien par mois, tout heureux de me dire qu'on était dans le cinquième quartier le plus chic de Montréal. Tout heureux également de m'annoncer qu'il partait en fin de semaine pour Chicago pour des raisons professionnelles. Il en a rajouté une couche en expliquant qu'il avait déjà refusé des gens parce qu'ils n'avaient pas la même culture que lui. Je ne sais pas s'il faut attribuer cette phrase à du racisme ou à la haute opinion qu'il se faisait de sa propre culture générale. Sans doute aux deux. Il avait une manière très désagréable de parler à sa blonde, comme si elle était complètement idiote. J'ai finalement pris poliment congé, rêvant de trouver ailleurs un colocataire dont la culture soit la plus éloignée possible de celle de ce yuppie des bacs à sable. Le deuxième appartement que j'ai visité était très grand et très beau. Il est occupé par un étudiant québécois très sympathique et pas du tout prétentieux. Le courant est bien passé, et si le diable ne s'en mêle pas, c'est ici que je devrais emménager. J'aurai la réponse définitive samedi.